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En août 1986, après deux ans de tournées intenses et deux ans d'emmerdements judiciaires avec le label Bronze Records, Motörhead qui, pour la première fois de son existence évoluait dans un line-up à quatre, sortait Orgasmatron, septième galette studio du groupe de Lemmy. Un album qui, à l'exception d'une chanson (Claw) est une vraie putain de tuerie heavy metal. Revampée, la bande à Lemmy retourne en studio immédiatement et un an après, paraît Rock 'N' Roll, sorti en 1987. Mais, il y a de nouveau eu du changement au sein du groupe. Lemmy est toujours là bien sûr, tout comme Phil Campbell et Würzel, mais Pete Gill est parti et a été remplacé par... Phil Taylor, le batteur originel. Ce même Taylor sera derrière les fûts jusqu'à 1916 inclus avant d'être congédié par Lemmy car il n'apprenait pas les partitions de batterie. Bon, maintenant que j'ai bien blablaté, il est temps de répondre à la question suivante : que vaut ce huitième cru de Motörhead ? Franchement, dans l'ensemble, c'est assez moyen. Mais attention, on y trouve quand trois chansons tout bonnement énormes. Et puis, à ce disque, j'ai vraiment envie de lui accorder des circonstances atténuantes étant donné qu'il fait suite à Orgasmatron qui n'était ni plus ni moins que le meilleur album du groupe depuis Ace Of Spades. Let's go !

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Sous cette pochette bien réussie, sans être la meilleure pochette d'album du groupe, se cache un disque qui propose neuf chansons. En réalité, il y a dix titres, mais un de ces dix titres n'est pas une chanson. Nous verrons ça. Dix titres pour un peu plus de 35 minutes de musiques, dans l'édition originale. L'album s'ouvre sur Rock 'N' Roll, la chanson titre donc. Et franchement, si ça reste sympa à écouter, on est quand bien loin des grandes joutes motörheadiennes. Ce n'est pas ce qu'il y a de mieux pour ouvrir un album. En revanche, la seconde chanson : Eat The Rich, assure totalement. Une putain de tuerie totale avec un riff ravageur et un refrain immédiatement accrocheur. Sur cette chanson, on a un Motörhead à un très haut niveau. Après cette seconde chanson super bien branlée, on pourrait penser que ça y est, l'album est lancé... malheureusement ça ne va pas être le cas. Car arrive un gros trou d'air long de trois morceaux. Dans ce gros trou d'air, on trouve Blackheart et Stone Deaf In The U.S.A. La première citée est plate au possible. On s'y emmerde royalement. La seconde, quant à elle, est sympathique, mais s'écoute d'une oreille distraite. Et, dans ce trou d'air, il y a ce morceau dont j'ai parlé en tout début de paragraphe sans en citer le nom : Blessing. Un morceau d'une minute pour 2 secondes qui ne contient pas autre chose qu'un... texte parlé. C'est quoi l'intérêt de ce truc bordel ? Rajouter du temps au disque ? Mes couilles ! Sans lui, le skeud pointait à neuf chansons pour 34 minutes et 3 secondes. Orgasmatron, avec autant de chansons durait une minute de plus ! Bref, je comprends pas ce que ce truc vient foutre ici. Je suis même étonné que Lemmy ait laissé ce truc traîner sur le disque. Bon, là les gars, je ne vais pas vous mentir : la paire de chansons qui suit, composée de The Wolf et Traitor est tout simplement monumentale ! Deux putains de tueries ! Et je pèse mes mots ! La première, débutant et s'achevant sur un cri de loup (logique, vu le titre) est une chanson super speedée et brutale à souhait dans laquelle tout est parfait. Que ce soit le chant, les guitare et la batterie. Et surtout, vous devriez entendre comment Lemmy encule sa basse à sec et avec du petit gravier. La deuxième, plus lente, est tout aussi terrible. Le riff est d'enfer et, encore une fois, tout est nickel ! Hélas, ce sera le dernier bon moment du disque car les trois chansons qui suivent, c'est-à-dire Dogs, All For You et Boogeyman ne sont pas au même niveau. Si la première (me semblant bien inspirée par le riff de Welcome To The Jungle de Guns 'n' Roses) et la troisième citée sont à l'image de Rock 'N' Roll et Stone Deaf In The U.S.A, c'est-à-dire s'écoutant d'une oreille distraite, la deuxième citée est chiante à souhait. Encore plus que Blackheart. C'est la chanson la moins bonne du disque, tout simplement. 

Il n'y a pas de doutes là-dessus : Rock 'N' Roll est l'un des albums les moins convaincants de Motörhead. Pour ma part, je le place au même niveau qu'un Another Perfect Day par exemple. Il n'y aura que les fans acharnés de la bande à Lemmy qui voudront l'avoir. Heureusement, le groupe redressera la barre dès l'année suivante avec 1916

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Face A

Rock 'N' Roll

Eat The Rich

Blackheart

Stone Deaf In The U.S.A

Blessing

Face B

The Wolf

Traitor

Dogs

All For You

Boogeyman