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Mais... dites-moi, il y avait longtemps qu'Elton John n'avait pas été abordé ici. Donc, pour le retour du pianiste binoclard sur le blog, je vais vous parler de Rock Of The Westies, sorti en 1975 et qui est le dixième album studio du chanteur. Rappelons qu'en 1975, Elton John était dans le circuit depuis 1969, année de sortie d'Empty Sky, son premier cru. Ce qui nous fait donc dix albums en six ans... il ne chômait pas le bougre à cette époque. Cet album, sorti juste après Captain Fantastic And The Brown Dirt Cowboy, est un petit cas à part dans la discographie EltonJohnienne. En effet, s'il y a bien la patte pop-rock du bonhomme, il n'empêche que ce disque sonnement nettement plus rock que les précédents. Et, je peux vous dire également qu'il ne s'agit pas d'un chef-d"oeuvre, loin de là, même si on y trouve une poignée de bonnes grosses chansons. Pour moi, tout en précisant que je ne connais pas Caribou, à l'exception de Don't Let The Sun Go Dow On Me, cet album est le moins réussi de la première période de la carrière du chanteur britannique. On est parti ?

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Neuf chansons sont au programme de cet album, pour 43 minutes et 40 secondes. La face A s'ouvre sur Medley : Yell Help/Wednesday Night/Ugly. Un medley (comme son titre l'indique) long de 6 minutes pour 13 secondes. Autant vous le dire : ce morceau polyrythmique est juste trop top de chez trop top. On ne s'emmerde pas une seule seconde en l'écoutant. Ça ouvre le skeud idéalement. Déboule ensuite Dan Dare (Pilot Of The Fututre). Longue de 3 minutes pour 30 secondes, la chanson est dominée par un piano puissant tenu bien évidemment par Elton John lui-même. Bon, on en est à deux chansons et toujours pas de faux pas. Génial non ? Malheureusement, un gros trou d'air va ramener sa fraise. Et de suite. La doublette qui arrive et qui est composée de Island Girl et Grow Some Funk Of Your Own brise l'élan. La première nommée est une pure merde, totalement indigne d'Elton John. Certes, la guitare distille une sonorité très îlienne, mais ça ne suffit pas absolument pas à faire de cette chanson une bonne chanson. La deuxième nommée est un peu meilleure, mais il n'y avait vraiment pas de quoi s'extasier. Ça ne pèse absolument rien face aux grandes chansons du bonhomme. Ça me troue le cul de dire ça, mais il faut bien regarder la vérite én face. Mais ouf ! La première face s'achève sur une pure réussite bien dans le style Elton : I Feel Like A Bullet (In The Gun Of Robert Ford). Une grande chanson (pour moi la meilleure de l'album) et qui n'aurait pas dépareillé sur un album comme Goodbye Yellow Brick Road par exemple. La face B s'ouvre sur Street Kids. Qui est aussi la plus longue chanson de l'album : 6 minutes et 26 secondes. Donc, treize secondes de plus que le medley d'ouverture. Et, c'est une très grande chanson à laquelle nous avons droit. Bien rock, bien teigneuse. On pourra d'ailleurs trouver que l'intro de Why You Wanna Trip On Me de Bambi, ressemble quelque peu à l'intro de Street Kids. Bref, un très grand moment de musique, je vous le garantis. Mais, badaboum, le skeud va connaître un nouveau passage à vide. Et, tout comme sur la face A, ce sont deux chansons qui se suivent qui vont poser problème : Hard Luck Story et Feed Me. Si la première nommée est seulement pas terrible, la seconde, en revanche, tout comme l'est Island Girl, est une vraie merde indigne d'Elton John. Veuillez m'excuser de ne pouvoir en dire plus, mais franchement, ces chansons n'offrent pas de quoi discuter longuement à leur propos. Le disque s'achève sur Billy Bones And The White Bird. Une bonne chanson, même si les check it out répétés dans le final, tel un mantra, peuvent casser les couilles si on écoute la chanson trop souvent. 

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Voilà pour ce Rock Of The Westies au ratio positif, mais tout juste. Un album qui, malgré I Feel Like A Bullet (In The Gun Of Robert Ford) et Street Kids, n'est que correct et qui est une franche déception au regards des précédents albums d'Elton John (Madman Across The Water, Honky Château, Don't Shoot Me I'm Only The Piano Player ou Goodbye Yellow Brick Road) et qui ne pourra être destiné qu'aux fans du chanteur. 

Chronique complémentaire de ClashDoherty

Récemment (il y à 6 jours), j'ai parlé de Caribou, en rajoutant ma chronique à celle que MaxRSS avait faite ici en janvier dernier. J'avais précisé que je rajouterai aussi ma chronique à celle que Max avait faite, à la même époque, sur un autre album d'Elton John. Dont acte, car voici qu'on reparle, aujourd'hui, de Rock Of The Westies. C'est un album assez particulier, me concernant et concernant Elton John (et si vous voulez savoir ce que je pense de ce chanteur, relisez ma chro' complémentaire de Caribou). Pendant des années, je voulais le faire sur ce blog, histoire de le démonter comme un gamin le ferait d'une tour en légo. Une chronique bien cassante, bien saloparde, un truc violent, sanglant, histoire de bien casser le derche à ce disque. Je suis heureux de ne pas l'avoir faite, cette chronique. D'abord, parce que ça a permis à Max de l'aborder, et il vous suffit de lire sa chronique ci-dessus pour comprendre que sans aller jusqu'à encenser l'album, Max n'est pas méchant vis-à-vis de lui), et ensuite, parce qu'entre le moment où je voulais aborder ce disque pour le classer, sans regrets, dans les 'ratages', et le moment où j'ai oublié de l'aborder parce que j'avais tellement de trucs à faire sur le blog, etc, sans oublier les périodes où le blog était en stase, hé bien, durant cet intervalle, j'ai radicalement changé d'avis vis-à-vis de cet album. 

Ce disque est similaire à Caribou par certains aspects. Comme lui, il est sorti après un triomphe absolu (Captain Fantastic & The Brown-Dirt Cowboy, disque autobiographique de 1975, pour Rock Of The Westies), et comme lui, il sera suivi d'un triomphe (ici, Blue Moves en 1976, dernier double album studio d'Elton, pas aussi quintessentiel que Goodbye Yellow Brick Road - qui précédait Caribou -, Captain Fantastic... et Madman Across The Water, mais tout de même le dernier grand disque d'Elton, probablement). Et comme lui, a été enregistré au Caribou Ranch, Colorado (Captain Fantastic... aussi). D'ailleurs, son titre est un jeu de mots sur la localisation du studio : à l'ouest des Rocheuses, West of the Rockies, Rock Of The Westies. C'est un disque qui marchera fort, il se classera N°1 dès son entrée dans le Billboard 200 américain, ce que fit aussi le précédent album du chanteur. C'est aussi un disque assez rock, son titre en jeu de mots ne triche pas, un album bien moins glam-rock que les précédents, rien que la pochette donne le ton, avc cette photo d'un Elton mal rasé, habillé de manière casuelle, souriant légèrement en regardant l'objectif (et au verso, les musiciens et le parolier Bernie Taupin, debout, sans grande expression, dans des poses et tenues un peu badass, photos prises à Caribou). L'album est généreux, 44 minutes (un chouïa moins en fait) pour 9 titres.

Parmi ces titres, on notera le mémorable c'est probablement le sommet de l'album) I Feel Like A Bullet (In The Gun Of Robert Ford), chanson qui parle du mariage raté de Bernie Taupin avec Maxine Feibelman (la "petite danseuse" de la chanson Tiny Dancer, 1971), comparé à l'assassinat de Jesse James par son acolyte Robert Ford, qui l'a abattu par lâcheté et traîtrise. Une chanson amère, mélancolique, sublime. Mais l'album offre aussi Island Girl, sorti en single un peu avant l'album ; Hard Luck Story, qu'Elton a écrite et composée seul, se créditant, en un jeu de mots intraduisible en français, Anne Orson/Carte Blanche, morceau à la base écrit pour la chanteuse Kiki Dee (qui pose des choeurs sur une grande partie de l'album et, peu de temps après, enregistrera Don't Go Breaking My Heart avec Elton, un autre morceau signé Anne Orson/Carte Blanche et que l'on trouve sur la réédition CD de Rock Of The Westies, en bonus-track). Impossible de parler de l'album sans citer le Medley : Yell Help/Wednesday Night/Ugly, très rock (cette guitare...) qui ouvre le bal, ni sans parler du long et fulgurant Street Kids. C'est un album vraiment réussi que Rock Of The Westies, pas un chef d'oeuvre, mais un disque efficace et agréable, bien plus abouti que Caribou qui cherchait vraiment trop à recréer la magie de Goodbye Yellow Brick Road. Ici, Elton s'essaie au soft-rock, au rock pur, bien 70's, il abandonne le glam, et ce n'est pas plus mal. On peut en parler comme du premier album de sa nouvelle période, pop/rock, c'est aussi un de ses derniers grands disqus avec le suivant, que je trouve cependant un peu longuet. Ici, c'est vraiment efficace, pas trop long, certes pas parfait (pas fan de Feed Me et Grow Some Funk Of Your Own), mais vraiment bon quand même ! Mais il m'en aura fallu, du temps, pour l'apprécier à sa juste valeur (enfin, je pense), ce disque généralement pas super bien aimé des fans. 

Face A

Medley : Yell Help/Wednesday Night/Ugly

Dan Dare (Pilot Of The Future)

Island Girl

Grow Some Funk Of Your Own

I Feel Like A Bullet (In The Gun Of Robert Ford)

Face B

Street Kids

Hard Luck Story

Feed Me

Billy Bones And The White Bird