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Vous connaissez Rod Stewart ? Oui, bien sûr que oui ! Mais, connaissez-vous le vrai Rod Stewart ? Celui des années 60 et celui qui va de 1970 à 1976 ? Ce Rod Stewart là, Clash vous l'a offert sur un plateau via sa chronique (simple et en track-by-track) de Every Picture Tells A Story. Et, plus récemment, il vous l'a offert à nouveau via la chronique de la compilation Sing It Again, Rod !. Et aujourd'hui, c'est à mon tour de vous l'offrir en vous parlant de son second album solo en studio : Gasoline Alley, sorti en 1970. Il y a de cela quelques jours, mais je ne me souviens plus sur quelle chronique (elle ne concernait pas Stewart), j'avais fait part à Clash du fait que j'allais chroniquer ce disque. Tout comme je lui avais fait part que je trouvais que c'est un très bon album. Cependant, avant de le chroniquer, j'ai voulu l'écouter à nouveau, ma dernière écoute remontant à environ deux ans. Et là, j'ai été un peu cueilli... Cet album m'est apparu moins bon que lors de ma précédente écoute. Ce qui ne veut pas dire qu'il est à chier, loin de là. Mais, on va voir qu'en fait, il y a des trucs qui ne collent pas.

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Sorti sous une pochette que personnellement j'aime beaucoup, l'album contient plus de reprises que de créations originales. Mais, ne commencez pas à crier au voleur ou à l'imposteur ! Les albums de Rod Stewart ont toujours compté beaucoup de reprises, mais il n'a jamais été emmerdé étant donné qu'il a toujours fait les choses proprement. Donc, les adeptes des scandales à répétition et pour des prunes (il y en a beaucoup qui traînent), allez chier ! L'album s'ouvre sur la chanson titre, Gasoline Alley, chanson dont les paroles ont été écrites par Rod Stewart en personne. Et, le moins que l'on puisse dire, c'est que cette chanson ouvre idéalement l'album. La première face de ce disque contient quatre chansons. On vient de voir que Gasoline Alley, ouvrant cette première face, est une création originale, alors que les trois chansons qui suivent, à savoir : It's All Over Now, Only A Hobo et My Way Of Giving, sont des reprises. La première nommée pointe à 6 minutes pour un peu plus de 20 secondes. D'accord, ici, le piano et la guitare sont virevoltants, mais il n'empêche que la chanson est trop longue. Il aurait fallu la raboter d'une minute, voire d'une minute et demi. La deuxième nommée est une reprise de Bob Dylan. Le Barde l'avait enregistrée en 1963 pour The Times They Are A-Changin' avant de l'écarter. On la retrouvera en 1991 sur un coffret de bootlegs qui a d'ailleurs été abordé ici. Toujours est-il que, rien à dire, la version Stewart est sacrément bonne. Pour moi, une des meilleures chansons du disque. Et, la troisième nommée (achevant donc la face A) est une reprise de la chanson des Small Faces qui apparaissait en face A de la version britannique du second album du groupe. Et franchement, la version de Steve Marriott et sa bande est mille fois supérieure. Maintenant, passons à la face B. Elle offre cinq chansons. Et, sur ces cinq chansons, trois sont des reprises. La chanson ouvrant cette seconde face s'appelle Country Comfort, une chanson composée par Elton John et qui apparaît sur Tumbleweed Connection, lui aussi paru en 1970. Et, il n'y a pas photo : la version du britannique à lunettes est cent fois supérieure. Sur Gasoline Alley, Country Comfort est incontestablement la chanson la moins intéressante. Suit Cut Across Shorty, chanson rendue populaire par l'interprétation d'Eddie Cochran en 1960. 6 minutes et 28 secondes au compteur pour la version Stewart. Et, à l'instar de It's All Over Now, c'est trop long. La chanson aurait gagné à être rabotée. Pour en finir avec Cut Across Shorty, sachez qu'elle fut reprise en 1968 par Johnny Hallyday sur Rêve Et Amour, sous le titre de Cours Plus Vite Charlie. Viennent ensuite deux créations originales, oeuvres de Rod Stewart seul : Lady Day et Jo's Lament. Au programme de la première citée : percussions, guitare sèche et guitare slide pour un résultat finalement assez banal. Alors que la seconde, sur laquelle Stewart joue lui-même de la guitare est une pure réussite folk, un peu folk-rock par instants. Le disque se termine sur You're My Girl (I Don't Want To Discuss It), une reprise. Mais, je n'ai jamais entendu la version originale de cette chanson, donc je ne sais pas ce qu'elle vaut. Toujours est-il que si cette version Stewart est assez bien branlée, elle ne casse pas des briques pour autant. C'est du tout venant.

Il en va ainsi pour ce Gasoline Alley qui, finalement, est un cru correct, mais pas immense. Rod Stewart fera beaucoup, beaucoup mieux et ce dès l'année suivante avec Every Picture Tells A Story. A vous de vous faire votre idée, mais je crains fort que, si vous réécoutez ce second opus du chanteur britannique après une longue pause, vous en veniez, tout comme moi, à le réévaluer à la baisse. 

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Face A

Gasoline Alley

It's All Over Now

Only A Hobo

My Way Of Giving

Face B

Country Comfort

Cut Across Shorty

Lady Day

Jo's Lament

You're My Girl (I Don't Want To Discuss It)