71nuKoU9nGL

En 1974, Johnny Hallyday sort deux albums : d'abord Je t'aime, je t'aime, je t'aime et donc celui-ci, intitulé Rock 'n' Slow. Les deux sortent à un peu plus de six mois d'intervalle. Et, si le premier cité est déjà bien foiré, malgré la présence de trois bonnes chansons desus, le deuxième cité, à l'exception d'une chanson, est une merde fumante. Et, quelque part, le fait d'enquiller les albums comme ça, malgré quelques vraies réussites, reflète bien l'histoire même de la carrière de Johnny Guitar : la quantité au détriment de la qualité. On sort des skeuds autant que faire se peut et ce que ça vaut artistiquement, on s'en bat les cacahuètes avec des spatules en bois. Depuis son décès, j'entends dire de partout que Johnny était exigeant. S'il lui est arrivé de l'être, il ne l'a pas été tout le temps. Car un artiste pleinement exigeant n'aurait jamais sorti un album pareil. Bon, maintenant que j'ai commencé, il va bien falloir que j'en parle, mais ne vous attendez pas à une chronique longue comme le bras.

74_bchz-g01-p07_th

Il y a dans ce Rock 'n' Slow une seule bonne chanson : A Propos De Mon Père. Chanson (ouvrant la seconde face) qui colle comme un gant à Johnny lorsqu'on sait quelle relation il a eu avec son père. Bon, ce n'est pas sans défauts, on te fout bien les violons pour faire pleurer dans les chaumières, mais ça n'en reste pas moins une bonne chanson. Et, à partir de maintenant, accrochez-vous les amis, car c'est l'holocauste qui va commencer. Enfin, l'holocauste, j'exagère, il y a pire dans la vie. Mais il n'empêche que c'est un vrai gros amas de merdasses qui vous tend les bras. La face A offre six chansons : Rock 'N'Roll Man, C'Est Une Honky Tonk Woman, adaptation de Honky Tonk Woman des Rolling Stones, Dix-Sept Ans, Nadine, adaptation de la chanson du même nom de Chuck Berry, Johnny Rider (racontant le périple à moto que Johnny avait effectué aux USA en 1973 et faisant d'évidentes allusions au film Easy Rider) et Venez Tous Avec Moi, adaptation de C'mon Everybody d'Eddie Cochran. Toutes, je dis bien toutes, sont à chier des bulles en mousse avec des tâches marrons, tant qu'à faire. Je connais des fans des Stones, de Chuck Berry et d'Eddie Cochran qui souffrent encore de la crise d'hémorroïdes déclenchée par l'écoute de ces adaptations. Mais attendez un peu, le feu d'artifice merdeux n'est pas encore terminé parce que 'on trouve A L'Hôtel Des Coeurs Brisés, adaptation bien évidemment de Heartbreak Hotel, chanson immortalisée par Elvis en 1955, Laisse-Moi Le Temps De T'Aimer, Ma Panthère Noire, Voici Le Monde et Interdit Aux Moins De 13 Ans. Bon, A L'Hôtel Des Coeurs Brisés, prise en tant que telle, ça vaut peau de zob. Mais, si on la compare aux adaptations merdeuses de la face A, c'est beaucoup plus acceptable. Les autres chansons citées... no comment... Laisse-Moi Le Temps De T'Aimer est bien trop longue, donc emmerdante. Si elle avait été de la même longueur que J'Ai Besoin D'un Ami sur Insolitudes, ça aurait changé la donne. Ma Panthère Noire, Voici Le Monde et Interdit Aux Moins De 13 Ans sont de pures merdes de tricératops qui prendraient la pluie sur un trottoir de La Courneuve. Trois daubes totales !

e10f1c7bb661508685ccf63fe3726b0e

Au final, vous l'avez compris, cet album, malgré A Propos De Mon Père, ne vaut pas un clou. Il n'y aura qu'un fan pardonnant tout qui voudra l'avoir en sa possession. Pour ma part, je le fous direct dans la catégorie des ratages. Et, si je l'avais eu en ma possession, j'aurais fait du frisbee avec ou, mieux encore, je m'en serais servi comme cible lors d'une partie de tir au pigeon.

 Face A

Rock N'Roll Man

C'Est Une Honky Tonk Woman

Dix-Sept Ans

Nadine

Johnny Rider

Venez Tous Avec Moi

Face B

A Propos De Mon Père

A L'Hôtel Des Coeurs Brisés

Laisse-Moi Le Temps De T'Aimer

Ma Panthère Noire

Voici Le Monde

Interdit Aux Moins De 13 Ans