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Encore un petit peu de David Bowie sur le blog ? Cet album, comme les deux autres de lui (également des lives) que j'ai fait récemment, n'avait pas encore été abordé ici. En même temps, il est sorti, ou plutôt ressorti, cette année qui s'achève bientôt, ceci explique cela. Mais ce n'est pas quelque chose de rare ou de méconnu ; les fans le connaissent bien, ce live, enregistré le 12 septembre 1983 à Vancouver, Canada. Il existe en bootlegs (certains même d'excellente qualité, je le sais, je l'ai), et le show ayant été filmé, en DVD. Et il avait certainement existé une édition CD plus ou moins officielle avant celle-ci, qui l'est, elle, totalement. Serious Moonlight Live a été enregistré durant la fameuse tournée mondiale de 1983/84 du même nom, la tournée de promotion de son album Let's Dance (le nom de la tournée vient des paroles de Let's Dance, d'ailleurs), album sorti en 1983 qui fut le premier de Bowie pour le label EMI (auparavant, il était chez RCA), mais surtout, le premier album résolument pop d'un chanteur caméléon qui, jusqu'à présent, avait quand même réussi à éviter les récifs pop et commerciaux (son seul album un tant soit peu pop, Young Americans en 1975, est quand même vraiment d'un niveau supérieur à la moyenne de la pop soul de la même époque façon Leo Sayer). Mais en 1983, radical changement de programme : cette fois-ci, Bowie (qui change de look pour une coiffure blond péroxydé) succombe aux sirènes de la pop (à tendance funky/dance), fait venir Nile Rodgers pour qu'il lui produise un album et joue dessus (il en profite aussi pour débaucher un jeune et brillant, et prometteur, guitariste de blues revival, Stevie Ray Vaughan, qui jouera aussi sur l'album), et l'album sort sous une pochette montrant Bowie en boxeur exténué (et apparemment un sticker warning : commercial album sur la pochette), et sous le nom de Let's Dance.

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On connaît la suite : plusieurs singles à succès qui squatteront les ondes FM (le morceau-titre semble, à l'heure actuelle, être la seule chanson de l'entier répertoire de Bowie selon les programmateurs radio de France, qui ne passent qu'elle, et seulement elle, quand ils passent su Bowie), une tournée mondiale qui cartonnera... Bowie, en 1984, enregistre le petit frère de Let's Dance, Tonight (un petit frère du genre complètement taré, l'équivalent musical du petit joueur de banjo du début du film Délivrance), disque foiré qu'il avait, par la suite, lui-même renié ou peu s'en faut. En 1987, Never Let Me Down, clairement meilleur mais tout de même vraiment médiocre, n'aura pas droit à de meilleures appréciations ultérieures par le même David. Il lui faudra Tin Machine (1989/1992) et une tournée mondiale nostalgique en 1990 (la tournée "Sound + Vision") pour se redorer le blason. Mais ça, ça sera après Let's Dance, donc. Let's Dance, sorti en 1983, n'est pas un des meilleurs de Bowie, mais sincèrement, il est pas mal du tout dans son genre. La tournée mondiale cartonnera, et ce live enregistré à Vancouver en est un beau représentant, avec ses hauts et ses bas. Parlons tout de suite des bas (résille) : Station To Station, trop courte, supporte assez mal les réarrangements à la sauce pop/dance (et je suis bien content que ce morceau date de 1976 et non pas d'avant 1974, sinon Bowie l'aurait sans doute jouée durant sa tournée de 1974 immortalisée par le moyen David Live et ça aurait été horrible, pour ce morceau, d'être réarrangé à la sauce 1974) ; "Heroes" et What In The World aussi ne sont pas super dans ces versions, et ce Space Oddity servant en partie de présentation des musiciens ne me plaît pas des masses. 

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Le reste ? Les morceaux de Let's Dance (Cat People (Putting Out Fire), le morceau-titre, Modern Love qui achève idéalement l'affaire, China Girl) sont très bons, on notera que Bowie interprète les tubes et uniquement les tubes. En même temps, je pense pas que Shake It ou Without You auraient mérité d'être interprétées... On notera aussi un Scary Monsters (& Super Creeps) excellent, un très correct Look Back In Anger en intro (morceau étonnant pour ouvrir un concert, mais pourquoi pas ?), Fashion, une reprise du White Light/White Heat du Velvet qui dépote le Flanby, une sympathique version du sublime Sorrow (une reprise des Merseys issue de Pin Ups), Ashes To Ashes et des musiciens en très bonne forme, parmi lesquels le fidèle Carlos Alomar (guitare), Earl Slick (guitare), Carmine Rojas (basse), Tony Thompson de Chic (batterie) et les frangins Frank et George Simms aux choeurs. Bowie lui-même, fringué comme un flambeur portoricain, est en grande forme vocale, et la qualité audio de ce live est très bonne, le tout ayant été très certainement remixé ou remastérisé. Serious Moonlight Live n'est pas le plus grand live de Bowie, mais c'est vraiment meilleur que ce que l'on pense à son sujet (de même, la tournée "Glass Spider" de Never Let Me Down, bien que limitée et théâtrale, offrait de très très bons moments). Un album pour fans, donc, mais que je conseille aux amateurs !

CD 1

Look Back In Anger

"Heroes"

What In The World

Golden Years

Fashion

Let's Dance

Breaking Glass

Life On Mars ?

Sorrow

Cat People (Putting Out Fire)

China Girl

Scary Monsters (& Super Creeps)

Rebel Rebel

CD 2

White Light/White Heat

Station To Station

Cracked Actor

Ashes To Ashes

Space Oddity/Band Introductions

Young Americans

Fame

Modern Love