C1

Sincèrement, je ne sais pas trop quoi dire, comment parler, de cet album. Les Coronados est un de ces groupes de rock français qui sont qualifiés de cultes (au même titre que les Dogs, auxquels je pense pas mal en écoutant ce disque, mais aussi Red Noise, Moving Gelatine Plates ou Vietnam Veterans) et dont les albums sont considérés comme des joyaux...par ceux qui ne les ont peut-être, en fait, jamais écoutés, ce groupe étant en effet du genre obscur, pas le groupe dont on trouve les albums à tous les coins de rue ! Ce disque des Coronados, sorti en 1989, enregistré apparemment sur une période de 4 ans (et qui, malgré ce temps d'enregistrement étendu à l'extrême, ne dure que 28 minutes, pour 9 titres, presque un EP, et possède une production des plus datées, qui rend l'album quasiment inécoutable), est considéré, souvent, comme un des meilleurs albums de rock francaouis. Et il l'est, clairement, mais... Enfin, vous verrez bien, en l'écoutant, si vous pensez comme moi à son sujet, plus d'infos en fin de chronique. Il s'appelle ...Un Lustre, et à sa sortie, malgré qu'il ait été un échec commercial (disons plutôt qu'il est passé, commercialement, inaperçu), il a apparemment reçu d'excellentes critiques de la presse, et l'admiration de leurs pairs (Rita Mitsouko, Daho). Les Coronados sont un groupe méconnu, quasiment oublié, et cet album est leur deuxième et dernier (hé oui, ils n'ont défouraillé que deux fois ! Enfin, ils ont aussi sorti deux EPs). 

C3

En lisant, un jour, un livre (Rock Français) recensant une centaine d'albums considérés comme les meilleurs du rock d'chez nous, je tombe sur cet album, dont j'ignorais tout. Né en 1982, soit un an après la création du groupe et deux ans avant leur premier album, je n'avais jusque là jamais entendu parler (ni entendu tout court, d'ailleurs ; ma première écoute de ...Un Lustre ne m'a pas fait tilter une seule seconde) des Coronados. Mais cette chronique, qui résumait l'album et l'histoire du groupe, m'avait fortement donné envie de rattraper ce retard. Je déniche, sur le Net, d'occasion, et pas forcément à un prix donné-donné (une bonne grosse vingtaine d'euros, presque une trentaine en fait ; vu la durée du disque et le fait qu'il soit d'occaze, ça peut sembler cher pour certains), ce disque. Hop, je le glisse dans le lecteur, et le premier truc qui me fait tiquer, c'est la qualité audio. Ce n'est pas un CD remastérisé, mais un CD d'époque (1989 donc), sorti sur le label Accord/Musidisc. Ca s'entend. Et le groupe n'avait clairement pas les moyens de Téléphone (qui avaient déjà raccroché à l'époque). Ca s'entend aussi. Il y à de l'écho, la batterie fait pfoum, on a du mal à entendre le chanteur et ses textes (tous en français, sauf I Live The Life I Love, une reprise d'un vieux blues, méconnaissable et assez jouissive), et les claviers sonnent parfois terriblement datés. 

C2

C'est un fait, cet album considéré comme un gros classique méconnu est daté niveau production, ce qui, selon moi, ternit pas mal son statut malgré tout. Ca me fait penser au tout premier album de Noir Désir (leur EP Où Veux-Tu Qu'J'Regarde ? de 1987), aussi mal produit. Oui, mal produit, clairement. Vraiment, ...Un Lustre sonne mal, et l'écoute est difficile, malgré la courte durée de l'album. Et c'est d'autant plus dommage que, musicalement, rien n'est mauvais ici, cet album est vraiment bien. Je ne sais pas s'il mérite totalement sa réputation glorieuse, mais  c'est tout sauf un mauvais album, des chansons comme Un Lustre, Comment Croire A De La Méchanceté ?, Pas De Raison De Se Plaindre et Belle Journée (instrumental étrange aux vocalises cheloues) sont intéressantes, le chant est très bon, les guitares inventives, la basse virevoltante... J'aimerais cependant dire que je prends un plaisir immense (je ne l'écoute cependant pas à reculons) à écouter ...Un Lustre, j'aimerais d'ailleurs dire que je l'écoute souvent, mais ce n'est pas le cas. Sans doute suis-je trop obnubilé par sa production flinguée (et qui plus est, dans l'air de son temps, un air un petit peu éventé depuis 30 ans), ce qui m'empêche de vraiment m'intéresser, comme il le faudrait, aux chansons, aux mélodies, au rythme. Au fait que les Coronados sonnent un peu comme les Dogs (vous ne connaissez pas Too Much Class For The Neighborhood et Legendary Lovers, sortis en 1982 et 1983 ? Foncez ! Ce groupe rouennais mené par le regretté et méconnu Dominique Laboubée était génial), c'est à dire comme un putain de groupe de putain de rock ? Que par moments, il y à des accents éminemment stoogiens (en moins hargneux, ceci dit), dollsiens (des New York Dolls) ici ? Une certaine ambiance mi glam mi punk ? Oui, c'est vrai. Mais putain, quelle production de merde, c'est vraiment la tasse... Qu'on remastérise cet album comme il le mérite !

FACE A

Un Lustre

Comment Croire A De La Méchanceté ?

I Live The Life I Love

Encore

FACE B

Inutile De Dire

Belle Journée

Collectionneur Maniaque

Chienne De Retour

Pas De Raison De Se Plaindre