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Et c'est reparti pour un petit peu de Bruce Springsteen (et croyez-moi, c'est pas fini). Le Boss et son E-Street Band, c'est une histoire d'amour. Le groupe tire son nom d'une chanson (et d'un album) que le Boss a fait en 1973 : The E Street Shuffle sur The Wild, The Innocent & The E Street Shuffle, deuxième album de Springsteen. Mis une partie du futur groupe (le saxophoniste Clarence 'Big Man' Clemons, le bassiste Garry Tallent, le claviériste et accordéoniste Danny Federici) jouaient déjà sur le premier opus du Boss, Greetings From Asbury Park, N.J. (1973 aussi) dans une première mouture. En 1975, au moment de Born To Run, le E Street Band se forme sous sa formation la plus optimale, avec, en plus de ceux que je viens de citer, Roy Bittan (piano), Max Weinberg (batterie) et 'Miami' Steven Van Zandt (guitare), le Boss jouant aussi de cet instrument. Jusqu'à 1984, le groupe n'évolue plus. Puis Nils Lofgren (guitare) arrive en 1985. Et en 1988, après la tournée de promotion de Tunnel Of Love, le groupe et Springsteen se séparent, le Boss va alors, avec sa future femme Patti Scialfa (choeurs, un peu guitare), tenter autre chose, qui ne marchera pas bien (deux albums consécutifs en 1992), il va obtenir, en 1993, l'Oscar de la meilleure chanson pour Streets Of Philadelphia, du film Philadelphia de Demme, et en 1995, il sort The Ghost Of Tom Joad, album acoustique. Puis, silence radio jusqu'à 2001, et on arrive à l'intérêt principal de cette chronique. Ce double live, enregistré au Madison Square Garden de New York, les 29 juin et 1er juillet 2000 (et sorti en 2001), avec, avec, avec... le E Street Band ! Les retrouvailles !

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En fait, les retrouvailles ont eu lieu en 1995 par le biais de quatre chansons (l'une d'elles est jouée ici, d'ailleurs, Murder Incorporated) inédites enregistrées avec le E Street Band au cours d'une petite session. Ces quatre chansons finiront sur le Greatest Hits de 1995 à la fameuse pochette blanche montrant le Boss, de dos, guitare suspendue dans le dos, manche en bas. A la suite de ce concert, le Boss et son groupe fétiche retourneront en studio (début 2002) pour faire The Rising, puis, régulièrement, d'autres albums, Magic, Working On A Dream (marqué par le décès de Federici), Wrecking Ball (marqué par le décès de Clemons), High Hopes (même si tout le disque n'a pas été fait avec le E Street Band) pour la dernière collaboration, Western Stars, le dernier disque en date, ayant été fait sans le groupe. Retour à ce concert de 2000, existant en double CD et en DVD (en vinyle aussi, mais l'édition vinyle, triple si je ne m'abuse, est hors de prix, vraiment hors de prix). La qualité audio est exceptionnelle, et la durée, bien généreuse, car on a plus de 2 heures de musique. On notera que les six derniers titres du second disque sont considérés comme des bonus-tracks (il y à d'ailleurs une minute de silence entre la troisième et la quatrième plage audio, pour bien séparer) et pas la dernière partie du concert, mais moi, je fais comme si. Le concert s'ouvre sur un morceau issu de Tracks (ce coffret d'inédits 1972/1995 sorti en 1998, essentiel à tout fan), le génial My Love Will Not Let You Down datant initialement de 1982 ou 1983. C'est bien le Boss de démarrer un concert new-yorkais, donné dans un endroit aussi mythique que le MSG, un concert de retrouvailles qui plus est, par un morceau que ceux qui ne connaissent pas bien Springsteen ne devaient pas connaître (et ils ont dû penser donc que c'était un inédit tout juste écrit). Le Boss a toujours aimé placer des morceaux inédits en live, on trouvera, ici Land Of Hope And Dreams et le poignant American Skin (41 Shots), qu'il enregistrera en studio, tous deux, en...2014, sur High Hopes, album essentiellement constitué de chansons que le Boss, justement, jouait live sans les avoir auparavant, à une exception, placées en album studio. 

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Le concert contient certes de grands classiques comme Born To Run, The River, Atlantic City, Badlands, Jungleland et Born In The U.S.A. (cette dernière, qui fait partie des bonus-tracks de la fin, est ici en version acoustique de toute beauté, rappelons qu'à la base, ce morceau aurait dû se trouver sur l'album acoustique Nebraska de 1982), mais on y trouve aussi Prove It All Night, Murder Incorporated, If I Should Fall Behind (interprétée collectivement, quasiment tous les membres du groupe chante un petit peu, c'est sublime), Ramrod, Two Hearts, Youngstown, qui sont moins connues ou moins évidentes. Sans oublier 16 minutes ahurissantes de Tenth Avenue Freeze-Out, soit 13 minutes de plus que la version studio !! Live In New York City est un ajout indispensable à tout fan, et la version initiale (filmée) de ce concert, le DVD donc, est encore mieux. On notera juste un artwork plutôt moyen, ces teintes jaune/orange ne sont pas extraordinaires. Mais c'est un détail. Musicalement, c'est un live génial, que je prends énormément plaisir à écouter, et que je conseille, surtout qu'on le trouve, souvent, en CD, à des prix de compétition (moins de 10 euros, voire même moins de 7 euros, et c'est un double CD bien rempli) !

CD 1

My Love Will Not Let You Down

Prove It All Night

Two Hearts

Atlantic City

Mansion On The Hill

The River

Youngstown

Murder Incorporated

Badlands

Out In The Street

Born To Run

CD 2

Tenth Avenue Freeze-Out

Land Of Hope And Dreams

American Skin (41 Shots)

Bonus-tracks live : 

Lost In The Flood

Born In The U.S.A.

Don't Look Back

Jungleland

Ramrod

If I Should Fall Behind