AS1

Il est tellement lent (pas dans le sens péjoratif du terme ; disons qu'il se fait rare) qu'à chaque fois, c'est un évênement, le nouvel album d'Alain Souchon. Il faut dire que le bonhomme, depuis son premier album (J'Ai Dix Ans, 1974), n'a jamais vraiment déçu ses fans, qui s'appellent légion car ils sont nombreux. Bon, OK, A Cause D'Elles, sont précédent opus solo, constitué de chansons enfantines, de reprises d'airs de comptines et autres, était plutôt moyen. Je ne dirai pas 'nul' car on parle de la Souche, ce chanteur est probablement incapable, même le couteau sous la gorge ou le pistolet sur les valseuses, de faire du nul. Pas le genre de la maison. Dans le pire des cas, Souchon livre des albums très intéressants (Ecoutez D'Où Ma Peine Vient, Bidon, On Avance). Dans le meilleur des cas (Jamais Content, Rame, C'Est Comme Vous Voulez, Ultra Moderne Solitude, C'Est Déjà Ca, Au Ras Des Pâquerettes), c'est tout simplement remarquable. Avec cette nouvelle livraison, sortie sous une pochette qui s'annonce comme très iconique (une photo en noir & blanc, classe, d'un Souchon de profil, tête rentrée dans les épaules, l'air pensif et très souchonien), autant le dire, on à affaire à du très, très, très bon Souchon. 

AS2

Premier bilan à faire, l'album, qui offre 10 titres, est formaté comme les disques des années 70 (pour Souchon, notamment) : il est court, très. 32 minutes (je n'ai que je vinyle, dont le timing à la seconde près, je passe). Mais je ne sais pas pour vous, mais moi, je préfère un disque de 32 minutes parfait de bout en bout qu'un disque de 64 minutes sur lequel on se retrouve, au final, avec une poignée de chansons moyennes. Âme Fifties, chouette titre, est donc un album formaté à l'ancienne, et donc court, ce qui pourra en décevoir certains (un peu comme le dernier album de Leforestier, qui dure même pas 30 minutes, lui !). Le morceau le plus court ne dure pas 2 minutes, et le plus long, à peine 4. En plus, la Souche ne triche pas, le timing des morceaux est indiqué au verso de pochette (lequel est d'une sobriété ascétique, fond blanc ; mais la photo de Souchon, qui fait le poirier, et son petit texte de présentation, apportent l'inévitable touche de gaieté et de légèreté souchonienne que l'on est en droit d'attendre de lui). Enregistré avec notamment ses fistons Pierre et Ours, mais aussi avec Michel-Yves Kochmann, Denis Benarrosh et Laurent Voulzy (ce dernier co-écrit Irène et joue sur ce titre très sympathique, le plus long de l'album...mais uniquement sur ce titre !), et un certain Dean Parks,qui joua chez Steely Dan notamment, est aussi de la partie (sur le premier titre) à la guitare, l'album offre donc 10 titres. Dont Presque, que l'on entend pas mal en ce moment en tant que second single promotionnel (superbe chanson), le premier single ayant été le morceau-titre, un peu sombre et mélancolique, austère, mais sublime. 

AS4

On peut passer rapidement sur Ronsard Alabama qui, avec 1,45 minute, est plus un petit interlude qu'autre chose. Ici Et Là, avec les choeurs angéliques (dixit Souchon lui-même) signés Keren Ann, Debussy Gabriel Fauré, Ouvert La Nuit (du film du même nom réalisé par celui qui signe une partie des paroles de Presque, Edouard Baer) et On S'Aimait sont de très belles chansons, on y retrouve un Souchon en grande forme. Je suis en revanche bien moins fan de On S'Ramène Les Cheveux, pourtant assez légère et bien souchonienne, mais c'est probablement le morceau le moins épatant du lot. Malgré le dobro dessus. Cette chanson, courte (moins de 3 minutes), n'empêche pas Âme Fifties d'être un grand cru du chanteur, incontestablement son meilleur depuis Au Ras Des Pâquerettes, voire même C'Est Déjà Ca. Alos si vous aimez ce chanteur et son si particulier univers, je ne peux que vous conseiller, si ce n'est déjà fait, de vous pencher sur son nouvel album !

FACE A

Âme Fifties

Presque

Ici Et Là

Debussy Gabriel Fauré

Un Terrain En Pente

FACE B

Ronsard Alabama

Irène

On S'Ramène Les Cheveux

On S'Aimait

Ouvert La Nuit