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Place aujourd'hui au sixième album de Georges Brassens. Paru en 1958, le disque n'avait pas de titre à l'origine. Encore une fois, il est aujourd'hui identifié par celui de sa première chanson. D'ailleurs, au niveau du nombre de chansons, ce disque nous en propose huit. Le tout pour une dure de vingt-cinq minutes et trente secondes. Toujours à cause du format vingt-cinq centimètres. Bon, le précédent album de Tonton Georges avait marqué un net recul au niveau de la qualité. On va voir que la barre n'a pas été spécialement redressée avec ce sixième cru.

L'album s'ouvre donc sur la chanson titre : Le Pornographe. Et c'est juste immense. Une des plus grandes chansons de Brassens. Ecrite pour bien faire chier une certaine intelligentsia qui le trouvait grossier et grivois. Texte parfait, musique parfaite et chant parfait. Et puis, tout comme Tonton Georges, moi aussi autrefois, quand j'étais marmot, j'avais la phobie des gros mots et, si je pensais merde tout bas, je ne le disais pas. Arrive ensuite Le Vieux Léon. Chanson moins connue que celle qui la précède, mais tout simplement magnifique. Une chanson en lien avec la vie de Brassens car inspirée par un musicien de rue dont il a fait la rencontre. Et dans nos coeurs, pauvre joueur d'accordéon, il fait ma foi, beaucoup moins froid qu'au Panthéon. C'est à nouveau un classique Brassensien qui déboule : La Femme D'Hector. Mais voilà, malgré le fait qu'elle soit très connue, elle ne fait pas partie des meilleures de son auteur. La faute en revient à un refrain trop long et qui peut saouler un peu à la longue. Faut pas l'écouter trop souvent cette chanson sous peine d'en être un peu dégoûté. La face A s'achève sur A L'Ombre Du Coeur De Ma Mie. Une pure merveille. Certes, on pourra lui reprocher d'être répétitive dans son texte, mais bon, Brassens a usé du même procédé pour des chansons ultérieures. La chanson est excellente, vraiment. Du coup, le côté répétitif, on s'en branle. Bon, à ce stade là, vous allez vous demander pourquoi j'ai dit que l'album n'est pas grandiose alors qu'on vient de voir que cette première face contient trois grandes chansons. C'est légitime. Le truc, c'est que la face B n'est pas du tout du même niveau.

La deuxième face s'ouvre donc sur Le Cocu. Une chanson amusante, le dit cocu étant bien sûr Tonton Georges, mais voilà, même si c'est assez marrant, ça ne pisse pas loin, franchement. A l'instar de Le Nombril Des Femmes D'Agents sur Je Me Suis Fait Tout Petit. La Ronde Des Jurons, qui vient juste après, est assez moyenne. C'est sympathique, mais ça rentre par une oreille et ça sort par l'autre immédiatement. On tient là une des chansons de Brassens les moins réussies depuis son début de carrière. Arrive Comme Une Soeur, une chanson que pour ma part je trouve bonne tout en étant conscient qu'elle n'arrive pas à la cheville des gros classiques de Brassens. Mais, après une chanson moyenne, ça fait du bien. Et le disque s'achève avec la chanson qui est incontestablement la moins réussie de Tonton Georges depuis le début de sa carrière : Bonhomme. Elle n'a beau durer qu'à peine plus de deux minutes, elle n'en demeure pas moins extrêmement poussive. Ô combien dispensable.

Donc oui, ce sixième cru de Brassens a une excellente face A et ce, malgré le refrain un peu casse-bonbons de La Femme D'Hector, mais sa face B est quand même très mineure, voire moyenne pour deux chansons. Vous comprendrez alors aisément pourquoi ce Pornographe ne fait pas partie des réussites éclatantes de Brassens. Et le souci c'est que l'album qui va suivre n'est pas immense non plus.

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Face A

Le Pornographe

Le Vieux Léon

La Femme D'Hector

A L'Ombre Du Coeur De Ma Mie

Face B

Le Cocu

La Ronde Des Jurons

Comme Une Soeur

Bonhomme