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Pour ce nouveau et 364ème track-by-track, on va causer d'un album de Queen. Et pas n'importe lequel : le deuxième (comme son nom l'indique) de la bande à Freddie Mercury. Bon, avant d'aller plus loin, il me faut préciser qu'il y a de cela un peu plus d'un an et demi, à l'exception de deux titres, je gerbais littéralement sur ce disque. Mais depuis, des choses ont changé. J'ai réhabilité Queen. Tout du moins, le Queen de 1973 à 1977 (même si j'ai toujours bien aimé News Of The World qui, pendant très longtemps, fut le seul album du groupe que j'aimais malgré un All Dead, All Dead que j'ai jamais pu pifrer et cette grosse merde de Who Needs You), parce que, excusez-moi, mais passé 1977, Queen, ça va dégringoler et dès 1980, ça va balancer des merdes à la pelleteuse. Je ne connais personne disant que The Game, Hot Space, The Works, A Kind Of Magic ou The Miracle sont de grands disques ou simplement de bons disques. Bref. Des écoutes rapprochées on fait que j'ai réussi à enfin aimer ce Queen II. Lequel est sorti en 1974 sous une pochette mythique et gothique représentant le groupe disposé en diamant. La photo plaîra tellement à Freddie Mercury, qu'il la ressortira pour les besoins du clip de Bohemian Rhapsody. Petite originalité sur ce disque : il est sorti avec un macaron de couleur blanche pour la face A et un macaron de couleur noire pour la face B. Vous verrez que ce n'est pas par hasard. Putain, j'espère que lors d'une réédition future, des mecs auront l'idée de faire un vinyle avec un côté blanc et un côté noir. Ce serait cool. Sinon, il s'est longtemps posé la question (je crois qu'elle se pose encore) de savoir quel est le meilleur album de Queen entre ce Queen II et A Night At The Opera. Objectivement, ne serait-ce que de par sa richesse musicale et en conséquence, de par l'expérience sonore qu'il constitue, je pense que c'est A Night At The Opera qui est le meilleur album de Queen. Mais, pour ma part, je lui préfère Queen II. Alors qu'à l'époque où je n'avais pas encore réhabilité Queen, je préférais A Night At The Opera. Comme quoi, les goûts peuvent parfois évoluer super vite. Bon, faudrait que je parle un peu du disque en lui-même maintenant. Ça y est, on peut dire que Queen commence sérieusement à trouver son style ici. Mais, on va voir ça dans le détail.

Procession : L'album s'ouvre sur ce court morceau instrumental. 1 minute et 12 secondes. On pourrait se demander ce qu'il fout ici et se dire qu'il ne sert à rien si ce n'est à rajouter un peu de temps à l'album. Bien au contraire, ce petit morceau à la fois grandiloquent et obsédant et débutant sur les battements d'un coeur victime d'arythmie et joué par la batterie de Taylor, apporte une preuve du jeu virtuose que pouvait avoir Brian May. Les sons qui sortent de sa guitare sont assez incroyables. Et là, on peut dire que le son bien distinctif de la guitare de May vient de naître. Le morceau se termine sur des bruits aigus, soumis à un sustain gonflé et qui semblent sortir de l'ampli de May. Ces bruits aigus que l'on va retrouver sur...

Father To Son : Sur cette chanson ! En effet, on passe de Procession à Father To Son sans aucune transition. Sauf que là, on change complètement de style. La chanson débute sur des notes de piano rejointes par un accord puissant plaqué par May. Jamais l'influence des Who n'aura été aussi flagrante dans la musique de Queen. D'abord plutôt hard-rock façon Led Zeppelin, la chanson vire carrément au heavy métal avant de reprendre sa couleur hard-rock. La chanson se termine par une note de guitare suspendue. Du grand art les mecs !

White Queen (As It Began) : Encore une fois, pas de transition. Une grande chanson (encore une fois) qu'est cette Reine Blanche Si l'on a quelques giclées bien rock, cette chanson n'en demeure pas moins une ballade dans laquelle la guitare sèche se taille la part du lion. D'ailleurs, la partition jouée ressemble à un mix entre celle de While My Guitar Gently Weeps et celle de Babe I'm Gonna Leave You. Sur la fin, vous allez pouvoir entendre des sons semblables à ceux du sitar provenir de la guitare de May. Mais, il est impossible que May ait doublé ses cordes de guitare avec des cordes de sitar, le son n'est pas assez métallique pour être celui du sitar. May a vraisemblablement doublé les cordes de sa guitare avec celles d'un piano. Et sinon... White Queen... face blanche.

Some Day One Day : Chantée par Brian May, Some Day One Day, sans s'y immerger complètement tape dans la folk et la folk-rock. Encore une fois, le jeu de May, que ce soit avec sa gratte sèche ou sa gratte électrique est parfait. Et cela a pour effet de faire de cette chanson une pure splendeur qui se boit comme du petit lait. Le groupe fera une chanson dans le même esprit sur A Night At The Opera : '39.

The Loser In The End : Que l'on aime ou pas, quand on connaît Queen juste un peu, on sait très bien que, lorsqu'il compose, à l'exception de Drowse (A Day At The Races), Roger Taylor ne fait pas dans la dentelle. Avec lui, c'est du brutal. Et j'ai connu une polonaise qui en prenait au petit déjeuner. Rigolez s'il vous plaît, c'était drôle et référencé en plus ! Sinon, vous voulez une bonne grosse décharge hard-rock ? Alors, c'est ce que vous allez avoir. Cette chanson, entre la batterie lourde de Taylor, la guitare saignante de May et la basse pétaradante de Deacon est jouissive à souhait et défouraille du cul de zèbre en captivité ou à l'état sauvage. Pour clôturer la face A, comme le disait Gainsbourg, c'est pas dégueu.

Ogre Battle : Cette chanson a été composée par Freddie Mercury en 1972, mais le groupe a décidé de ne pas l'inclure sur son premier album dans le but de pouvoir le peaufiner ultérieurement, lorsque leur serait accordée une plus grande liberté en studio. Bon, là, que dire... une putain de déflagration ! Pour moi, ce Ogre Battle est le morceau le plus heavy et énergique que Queen ait un jour enregistré. Et, en allant plus loin, on peut même y déceler ça et là les fondements du trash métal.

The Fairy Feller's Master-Stroke : A l'époque où je gerbais encore sur ce disque, cette chanson était celle que je détestais le plus. A tel point que je l'avais qualifiée ici-même de merde monumentale. Aujourd'hui, mon avis a changé. Ce morceau m'est bien plus agréable, même si je reconnais avoir encore du mal. Lancée par de vives notes de clavecin et inspirée par un tableau du même nom du peintre anglais Richard Dadd, la chanson décrit le tableau en question en détail. Procession était déjà morceau un grandiloquent, mais à côté de ce Fairy Feller's Master-Stroke, ce n'est rien du tout. C'est pour vous dire à quel point ce coup de maître du bûcheron (traduction du titre) est débridé du slip. Chacun se fera son avis.

Nevermore : Les quelques lignes de piano entendues à la fin de la chanson précédente apparaîssent ici au tout début. Il n'y a donc pas de transition. Dominée par le piano de Freddie Mercury, cette chanson est une pure merveille mélancolique. Le seul reproche que l'on peut lui faire (tout comme à Lily Of The Valley sur Sheer Heart Attack), c'est d'être bien trop courte et par conséquent de moins frapper que les autres chansons. A part ça, c'est vraiment beau. Et ça ne prépare en rien à ce qui va suivre.

The March Of The Black Queen : C'est incontestable, c'est dans ce long déluge de 6 minutes pour 40 secondes que se trouve le sommet de l'album. Et, si cette chanson n'avait pas existé, il est probable que Queen n'aurait jamais pondu Bohemian Rhapsody. La chanson commence doucement avec le piano de Mercury, la guitare de May déboule et après... ça pétarade... avant un nouveau moment de calme dominé à nouveau par le piano de Mercury et ça repart de nouveau, on entend d'ailleurs Roger Taylor chanter un vers. La chanson se calme à nouveau, avant de repartir pleine balle et de se finir en fade-out. Si cette chanson n'est pas le sommet absolu queenien en studio (cet honneur revenant à The Prophet's Song), il n'en demeure pas moins l'un de leurs sommets. Et là... Black Queen... face noire.

Funny How Love Is : Objectivement, il fallait bien une chanson en-dessous du reste. Et ça tombe sur celle-là. Non pas que cette petite bleuette pop-folk soit à avous faire rendre gorge, loin de là, elle n'est pas mauvaise. Mais, à la longue, elle peut un peu taper sur le système. J'estime que sans celle, l'album y aurait gagné et aurait été encore meilleur. Le groupe aurait été bien inspiré de la remplacer par See What A Fool I've Been.

Seven Seas Of Rhye : Vous vous souvenez ? A la fin du premier album du groupe figurait une version embryonnaire et instrumentale de cette chanson. Et, contrairement à Procession ici, ça servait à que dalle, si ce n'est à rajouter un peu de temps sur le skeud. En clôture de ce deuxième opus, c'est donc la version définitive que nous avons. Un hard-rock speedé et taillé pour se payer de l'audience à la radio, mais c'est foutrement excellent. Et ça paiera vu que ce sera le premier vrai succès commercial de Queen. Tout ça termine vraiment bien l'album.

Vous l'avez compris, malgré un Funny How Love Is qui ne casse pas des briques, ce Queen II est tout à fait indispensable. Et, c'est un ancien détracteur de l'album qui vous le dit. On m'aurait dit il y a un an et demi de ça que j'aimerais un jour cet album, je me serais coupé la bite et je l'aurais bouffée en salade avec de la sauce crudités. Et, comme je le disais au début, bien que je considère que A Night At The Opera est le meilleur skeud de Mercury et sa bande, je lui préfère ce Queen II.

Face A

Procession

Father To Son

White Queen

Some Day One Day

The Loser In The End

Face B

Ogre Battle

The Fairy Feller's Master-Stroke

Nevermore

The March Of The Black Queen

Funny How Love Is

Seven Seas Of Rhye