C10

On arrive ici à la fin du petit cycle Cluster avec, en guise de quatrième article : le quatrième album. Logique. Clairement mon préféré d'eux, celui-ci date de 1976 et s'appelle Sowiesoso ("de toute façon", "anyway"). Sa pochette en dit long, par rapport à celles des précédents opus : elle n'est pas abstraite. Finies les lignes cheloues, les formes colorées, les étoiles mal foutues (sans oublier la pochette du précédent opus, Zuckerzeit, toute noire avec le titre en grosses lettres façon boîte à bonbons). Là, on a une vraie photo, du groupe en plus (bon, certes, on les distingue mal, dans le clair-obscur, mais regardez le verso de pochette pour mieux les voir), tous deux adossés à des arbres non loin d'une rivière, ou d'un lac, ou d'un étang, et vraisemblablement en hiver ou automne, vu les branches malingres. Et en Allemagne (RFA) aussi, non loin de Forst, ville du home-studio de Cluster. Le studio en question s'appelle Harmonia Studio (du nom du second groupe de Cluster, Harmonia, crée avec Michael Rother de Neu !), pour ceux que ça intéresse, et c'est là que furent faits, en 1977/78, les deux albums de Cluster avec Brian Eno, déjà abordés ici, que je ne réaborderai pas (pour le moment en tout cas) et qui suivent directement Sowiesoso dans la discographie de Cluster. 

C11

 

Long de 37 minutes, Sowiesoso contient 7 titres allant de 8 minutes pour le plus long à 2,45 minutes pour le plus court. Tous sont instrumentaux, les vocaux ne feront leur première apparition, sur un disque de Cluster, que dès les deux disques avec Eno (le deuxième, en fait ; pour le premier, ça ne sera que des vocalises sans paroles, vides de sens). Mais les vocaux seraient un peu en trop ici, Sowiesoso fonctionne en effet parfaitement en étant totalement instrumental. Les 7 morceaux, du morceau-titre (le plus long de l'album) à Im Ewigkeit en passant par le grandiose Dem Wanderer et Es War Einmal, sont tous absolument sublimes. Et ce, d'autant plus qu'ici, Cluster reprend la formule de Zuckerzeit : l'accessibilité avant tout. Mais en bien plus réussi que Zuckerzeit, lequel était toutefois un très bon album. On peut dire qu'on atteint ici une sorte de plénitude, dans l'oeuvre de Cluster. Les deux albums suivants, avec Eno, ne feront qu'entériner cet état de fait.

C12

Voilà donc pour Cluster sur le blog, voilà donc pour ce groupe (en fait, simplement un duo) séminal dans la catégorie de l'expérimental et de l'ambient, un des meilleurs groupes de krautrock avec Kraftwerk, Neu !, Amon Düül II et Popol Vuh (et non, j'ai pas oublié Tangerine Dream et Ash Ra Tempel, la preuve, je les cite aussi), et ce disque, probablement leur sommet, parfait de bout en bout, original, accessible, apaisant, exigeant, mélodique et aventureux, tout ça à la fois. Si vous voulez découvrir l'oeuvre de Cluster, Sowiesoso est, avec les deux disques faits avec Eno, celui que je conseille. Il vaut mieux éviter de commencer par les deux premiers opus, qui sont certes remarquables, mais vraiment très inaccessibles à moins d'avoir des oreilles en béton et des goûts pour les expérimentations peu mélodiques. Là, en revanche, avec Sowiesoso, c'est idéal. Et vraiment grandiose. Ultra recommandé, donc !

FACE A

Sowiesoso

Halwa

Dem Wanderer

Umleitung

FACE B

Zum Wohl

Es War Einmal

In Ewigkeit