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Ceci est ma première chronique, ici, sur ce groupe. Quel groupe ? Vanilla Fudge. Un groupe mythique de la scène rock des années 60, un groupe américain fondé en 1967, n'ayant sorti que neuf albums de 1967 à 2015. Oui, le groupe est toujours actif. Mais il a connu de nombreuses périodes de silence radio. A la base, le groupe a tenu jusqu'en 1970 (cinq de leurs neuf albums datent de cette première période), puis reviendra de 1982 à 1984, puis de 1987 à 1988 (hé ben !), puis en 1991, et, à partir de 1999 jusqu'à maintenant. Le groupe était constitué, à la base, de Carmine Appice (batterie, chant), Mark Stein (chant principal, claviers), Tim Bogert (basse, chant) et Vince Martell (guitare, chant). Le groupe actuel est le même, avec un certain Pete Bremy à la place de Martell. Carmine (qui a des faux airs de Tony Iommi) n'est autre que le frangin de Vinnie, qui a joué notamment avec Black Sabbath et Dio. Appice et Bogert ont fondé par la suite Cactus et, aussi, avec Jeff Beck, en 1972, un très éphémère supergroupe qui n'a fait qu'un album éponyme : Beck, Bogert & Appice. Vanilla Fudge faisait du rock psychédélique, parfois un peu progressif, souvent assez baroque, et franchement assez heavy. On en parle comme d'un des premiers groupes de hard-rock, aux côtés de Blue Cheer et Deep Purple qui ont démarré à peu près en même temps, c'est à dire bien deux ans avant Led Zeppelin et Black Sabbath. En fait, Vanilla Fudge a démarré avant le Pourpre Profond (1968) et Blue Cheer (même année).

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Le groupe est connu essentiellement pour une chanson que Kim Wilde (oui, vous avez bien lu) reprendra à sa sauce (elle en fera un hit mondial) en 1986, You Keep Me Hangin' On. Ce ne sont pas les Vanilla Fudge qui l'ont écrite, cette chanson, elle date à la base de 1966, c'était Diana Ross & The Supremes qui l'ont chantée en premier, mais Vanilla Fudge, sur leur premier opus éponyme de 1967, l'ont bien revampée, en ont fait un hit underground monstrueux. Tout le son du groupe est ici, dans ce titre qui, sur l'album, dure 7 minutes (et que l'on peut entendre dans le dernier Tarantino, Once Upon A Time...In Hollywood, dans une scène anthologique) : rythme très pesant, heavy justement ; chant puissant ; rythmique de feu ; orgue en folie. L'album que j'aborde ici ne contient pas cette chanson. C'est le troisième album du groupe, il est sorti sous une des pochettes les plus savamment foirées et horribles qui soient, et il s'appelle Renaissance. Il offre 7 titres pour un total de 41 minutes. Le personnel est le même que pour le premier album, et le second, c'est à dire ceux que j'ai cités plus haut. C'est un disque remarquable dans l'ensemble ; tout au plus je trouve que le chant est parfois (et c'est surtout le cas des choeurs, assez mélodramatiques) un peu à la limite du hors-jeu (Thoughts). Des voix assez viriles mais également très lyriques, à la fois heavy et tentant de faire pop, à la fois précieux et couillu-velu. 

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Parfois, ça coince un peu (That's What Makes A Man), mais dans l'ensemble, Renaissance, peut-être pas le meilleur album du groupe mais certainement pas leur pire (il est, je pense, dans une très bonne moyenne), offre du lourd : une excellente reprise du Season Of The Witch de Donovan (qui dure ici presque 9 minutes et incorpore des paroles issues d'une chanson de la chanteuse Essra Mohawk, la même Mohawk a aussi écrit The Spell That Comes After, que le Fudge chante ici sur l'album), un The Sky Cried - When I Was A Boy plus court d'une minute et au moins aussi remarquable, Faceless People... Un disque vraiment réussi, pas parfait, parfois un peu à la limite du grotesque il faut bien l'avouer (un peu comme certains albums des Moody Blues ou de Iron Butterfly) mais il est bien dans son temps. La seule chose vraiment négative à dire concerne sa pochette qui, vraiment, est épouvantable, elle ne donne pas envie d'écouter le disque qui se trouve à l'intérieur... 

FACE A

The Sky Cried - When I Was A Boy

Thoughts

Paradise

That's What Makes A Man

FACE B

The Spell That Comes After

Faceless People

Season Of The Witch