C4

Après un premier album éminemment abrupt (Cluster '71) en 1971, le groupe de musique expérimentale allemand Cluster sort, en 1972, son deuxième album. Fatalement, ce deuxième album s'appelle Cluster II. Long de 45 minutes (pour 6 titres, dont 2 dépassent largement les 10 minutes), cet album, enregistré à Hambourg, est le premier du groupe sur le label Brain Records, et le premier sur lequel Conny Plank n'est que producteur (enfin, il est aussi, et pour la dernière fois, crédité comme co-auteur des titres). Sa pochette, assez criarde et vraiment pas très belle, représente, sur fond bleu roi, des étoiles jaunes de tailles et de formes diverses, et certaines sont, d'ailleurs, assez irrégulières, pour ne pas dire pire. C'est le deuxième album du groupe (constitué de Hans-Joachim Roedelius et de Dieter Moebius), et le premier pour lequel les morceaux possèdent des...titres. Hé oui, rappelez-vous (un petit effort, c'était il n'y à pas si longtemps que ça), le premier album, austère comme un film de Philippe Garrel doublé en croate et sans sous-titrage, proposait trois morceaux qui n'étaient identifiés, sur la pochette et le label, que par leur durée. Facile pour en parler : hé, tu te souviens de 21:32, super, hein ? Ah non, moi, je préfère vraiment 15:43, désolé, ce genre. 

C5

Bah oui, c'est le verso de pochette

 Si vous avez écouté le premier album du groupe et trouvé qu'il était compliqué, bienvenue au club. Si vous pensez que, parce que les morceaux, ici, en plus d'être titrés (et, donc, d'exister un peu plus), et d'être, dans l'ensemble, un tantinet plus courts, seront plus faciles à appréhender, vous n'êtes en revanche pas au bout de vos peines. Cluster II est en effet aussi abrasif, aussi austère, aussi aride et expérimental que le premier opus. Il faut vraiment aimer l'expérimentation, qui plus est des débuts de l'expérimentation (Cluster est un des groupes les plus importants pour ce courant musical, bikoze un des premiers), et avoir des oreilles en béton armé pour aimer ça. On ne peut, cependant, pas nier le fait que c'est intense et original, certes ça manque un peu de mélodies, de variations, on entend surtout des drones musicaux, des percussions, des dzoïïïnnnggg de claviers, aucune voix, pas même des vocalises. 

C6

 

Pourtant, Im Süden, Für Die Katz, Live In Der Fabrik sont d'excellents morceaux, les meilleurs de l'album et parmi les meilleurs, probablement, du duo Moebius/Roedelius. Non pas que le reste de l'album ne soit pas bon, oh non (Nabitte), mais le coeur de ce disque étoilé (star cluster, "amas d'étoiles", pour faire un jeu de mots sur la pochette et le nom du groupe) réside vraiment dans les trois premiers titres que j'ai cités. Désolé pour cette chronique vraiment plus courte que de coutume, mais bien qu'aimant vraiment ce disque (plus que le précédent, plus que le suivant, aussi, que j'aborderai bientôt, mais Cluster II n'est cependant pas mon préféré du groupe), je ne sais pas trop comment en parler. C'est difficile de parler de ce genre de musique, car on n'a l'impression qu'il n'y à pas grand chose à dire ; au premier abord, ça semble si minimaliste (bon, ça l'est, en même temps) que le simple fait de dire c'est radicalement austère, hé bien, on a l'impression d'avoir tout dit !

FACE A

Plas

Im Süden

Für Die Katz

FACE B

Live In Der Fabrik

Georgel

Nabitte