KB1

Dans la liste des artistes (je ne parle pas de groupes, ici, mais d'artistes solo) qui me plaisent le plus, dont je suis le plus fan, Bowie arrive en tête, mais il est suivi ensuite par Kate Bush. Puis les Beatles en solo (Ringo un peu plus loin que les trois autres, ceci dit), Peter Gabriel, Miles Davis, Bruce Springsteen, Sting et Bob Dylan. Kate Bush est donc, probablement, en seconde position, ce qui est une place des plus enviables. Je précise que ce n'est pas la place qu'elle aurait eu il y à dix ans. Avant, plus jeune, j'aimais bien certaines chansons de Kate Bush, et un album (Hounds Of Love, que je réaborderai dans quelques jours, cet article étant le premier d'un petit cycle de quatre albums de la Britannique) dans sa globalité. Mais je ne l'aurais jamais rangée parmi mes artistes préférés. Avec l'âge, les goûts musicaux évoluent. Moi qui, autrefois, ne pouvait pas encadrer (on va un peu s'éloigner du style de Kate Bush ici, mais on va y revenir, promis) Night In The Ruts d'Aerosmith le considère maintenant comme un de mes préférés du groupe de Tyler et Perry. Fin de la digression, retour à Kate Bush. Laquelle a démarré sa carrière en 1978 avec un The Kick Inside sensationnel (Wuthering Heights, qu'elle réenregistrera par la suite ; Kite ; The Boy With The Child In His Eyes ; le morceau-titre) sur lequel David Gilmour a bossé comme producteur exécutif. Elle n'avait alors que 20 ans. L'année suivante, Lionheart, sans doute l'album d'elle qui me branche le moins, que je connais le moins aussi, mais qui offre tout de même Wow, Hammer Horror et Symphony In Blue. Et une sublime pochette. Et encore l'année suivante, on arrive donc à 1980, le troisième album, Never For Ever.

KB2

Sorti sous une sublime pochette dessinée par Nick Price et représentant une faune fantastique sortant de sous la robe de Kate Bush (au verso, on la voit, en sorte de sorcière ailée, grimaçant grotesquement, dans le ciel nocturne, en plusieurs exemplaires, et là, il ne s'agit pas d'un dessin, mais de photographies), l'album offre un des plus gros tubes de la belle : Babooshka. Deuxième des trois singles promotionnels (le premier, Breathing, est une sublime chanson, et le troisième, Army Dreamers, est une très belle chanson aussi, et le seul des trois singles à être sorti après l'album, les deux autres sont sortis plusieurs mois avant), cette chanson parle d'une femme qui, pour savoir si son mari est fidèle, va le tester en lui envoyant, anonymement, une lettre d'amour passionnée, signée d'une certaine Babooshka (terme qui, en russe, signifie 'grand-mère', 'vieille dame'), et va aller de plus en plus loin, organisant un rendez-vous, et ruinant leur mariage par la paranoïa et l'amertume de son piège amoureux. La chanson est entraînante, virevoltante, avec son rythme un peu russe (on y trouve une balalaïka, jouée par Paddy Bush, le frangin de Kate), et on y entend par moments des bris de vaisselle...lesquels sont de la main même de Kate, apparemment, qui (selon la légende) aurait cassé des verres pendant des heures afin d'avoir le son parfait. L'album s'ouvre sur cette chanson mémorable, et il est le premier album de pop à utiliser le Fairlight CMI, un monstre, un synthétiseur relié à un ordinateur qui sera utilisé (par Kate elle-même) sur ses albums suivants. C'est à cet instrument que l'on doit notamment les fameuses nappes de brume sonore de Running Up That Hill (A Deal With God) en 1985. 

KB3

Majestueux, Never For Ever (seul album studio de Kate Bush à ne pas avoir de chanson-titre) offre aussi The Wedding List, qui aurait mérité de sortir en single, une de mes chansons préférées de la chanteuse ; Egypt, sublime ; Violin, inoubliable ; Breathing, qui file le frisson en final tant c'est cristallin, sensationnel, hors de ce monde... Plutôt court (37 minutes), cet album marque un grand pas en avant après deux albums vraiment réussis (surtout le premier) et très imprégnés de sonorités un peu baroques. Là, on plonge dans l'art-rock (et dans la pop, aussi, évidemment). L'album sera très bien reçu par la presse et marchera bien, grâce notamment à ses deux premiers singles  (je pense qu'Army Dreamers a dû un peu moins bien marcher, en partie dû au fait que l'album était déjà sorti et qu'on pouvait avoir cette chanson en achetant Never For Ever ; pour les deux autres singles, s'ils sont sur l'album aussi, ils sont sortis plusieurs mois avant). Deux ans plus tard, et j'en reparle très prochainement, Kate Bush va oser le tout pour le tout avec un disque totalement frappadingue, The Dreaming. Pour en savoir plus, il faudra attendre la publication de l'article ici, mais, promis, c'est pour dans peu de temps...

FACE A

Babooshka

Delius (Song Of Summer)

Blow Away (For Bill)

All We Ever Look For

Egypt

FACE B

The Wedding List

Violin

The Infant Kiss

Night Scented Stock

Army Dreamers

Breathing