TH4

Soyons honnêtes une minute (ça nous changera peut-être) : ce disque ne mérite probablement pas de figurer dans l'infâmante catégorie des ratages, où il est condamné, ad vitam aeternam, à cotoyer de vraies pourritures telles que les albums de Kyo ou Hot Space de Queen (sans parler, brrrr, quel enfoiré celui-là, de Shot Of Love de Bob Dylan), et à cotoyer son peu glorieux prédécesseur dans la discographie des Talking Heads, True Stories. Mais le nom de la catégorie dit bien ce qu'elle est, on y parle aussi de 'coups de gueules', non, et pour moi, cet album des Heads, leur dernier, sorti en 1988 (le groupe annoncera son split définitif trois ans plus tard, mais savait déjà très bien que ceci serait le dernier album), est un coup de gueule perso. Un disque que je n'ai vraiment pas envie d'aborder, et pourtant, je le fais, sinon vous ne seriez pas en train de lire ça. Naked, il s'appelle, et je l'avoue, sa pochette, montrant un chimpanzé posant fièrement, et somptueusement encadré de boiseries et dorures (au verso, de la végétation), est réussie. L'album est donc le dernier du groupe de David Byrne, Jerry Harrison, Tina Weymouth et son mari Chris Frantz. L'album est le plus long de tous leurs albums studio, il dure en effet 50 minutes.

TH5

Verso de pochette (un peu flou, et bien entendu, l'inégale bordure rouge ne fait pas partie de la pochette ; ce n'est pas une photo perso, car j'aurais franchement fait mieux que ça si j'avais eu l'album en vinyle en ma possession, mais, hey, que voulez-vous, des photos ratées, c'est pas ça qui manque, et voici probablement l'annotation de visuel la plus longue du blog, mais à se stade-là, je m'en fous, tout ce qui peut rajouter du texte à cette chronique qui ne s'annonce pas très passionnante, même si ce n'est que pour commenter inutilement une photo floue, est bienvenu ; tiens, salut, vous êtes encore là ?)

 

Naked a été entièrement enregistré, c'est une des choses les plus mémorables à dire à son sujet (et vous allez voir que ce n'est vraiment pas une chose exceptionnelle pour autant), en France, à Paris, au studio Davout (par la suite, les voix ont été parfois réenregistrées dans un studio new-yorkais Sigma Sound), les Talking Heads rejoignant ainsi les nombreux groupes étrangers ayant enregistré au moins un album (en totalité, parfois seulement en partie) au pays des frouzes, comme les Rolling Stones, T-Rex, David Bowie, les Bee Gees, Elton John, AC/DC, Pink Floyd, Queen, Iggy Pop, Cat Stevens, Scorpions, et il y en à évidemment d'autres, décidément j'ai l'art, aujourd'hui, de gaspiller de la place pour rien, mais j'ai déjà dit que je n'avais pas envie de parler de cet album. Il le faudra bien, pourtant. Naked a été enregistré par un groupe au bord de la rupture (comme je l'ai dit, ils se séparent peu après, mais ça ne sera rendu public qu'en 1991), mais qui a trouvé, dans cet exil volontaire à Paris, une occasion de mélanger diverses cultures en un gigantesque melting-pot qu'ils trouvèrent, à l'époque, savoureux. Mais qui est en fait un gloubigoulga insensé entre pop-rock, worldbeat et cuivres en pagaille. Notons la participation (les invités sont légion car ils sont nombreux, sur ce disque) de Johnny Marr, des Smiths (guitare), de Mory Kanté, Eric Weissberg, Stan Harrison, Lenny Pickett (saxo, les deux), et notons que parmi les assistants ingénieurs du son sur ce disque (produit par le groupe et Steve Lilywhite) se trouve un certain Joseph Williams, fils du compositeur John Williams, et accessoirement un des chanteurs de Toto (notamment à l'époque de l'enregistrement de Naked). Et hop, deux paragraphes de cloutés.

TH6

On sent la motivation, hein ?

Nommé 24ème meilleur album de l'année 1988 par le classement annuel du Village Voice (un journal américain), ce qui en dit long quand même car j'ai bien dit '24ème', Naked est, il faut le reconnaître, bien produit, le son est très bon. Mais on a vraiment du mal à reconnaître les Talking Heads (sur le premier titre, notamment, j'ai mis du temps à admettre que c'était bien David Byrne qui chantait), on a du mal à reconnaître leur style, Naked ne ressemble en effet à rien de ce qu'ils ont fait auparavant. Bon, on admettra qu'en effet, ça se rapproche un peu plus de Speaking In Tongues et de Little Creatures que de Fear Of Music ou du premier opus, mais ici, la touche world est un peu trop poussée, on a l'impression d'un disque de world-jazz-funk sur lequel David Byrne chante en invité, alors que c'est l'inverse. J'ai réussi jusqu'à présent à ne citer aucune chanson de l'album, à ne mettre aucun titre de chanson (sauf dans le tracklisting plus bas), et je tiendrai bon, alors que je vois se profiler l'horizon de la fin de cette chronique qui marque aussi la fin du cycle talkingheadsien. Naked est un album que certains fans doivent certainement aimer, voire adorer (autant le précédent opus est considéré comme un ratage, autant ce n'est pas vraiment le cas de celui-ci), mais franchement, j'ai beau avoir essayé, rien n'y fait. A vous de voir !

FACE A

Blind

Mr. Jones

Totally Nude

Ruby Dear

(Nothing But) Flowers

FACE B

The Democratic Circus

The Facts Of Life

Mommy Daddy You And I

Big Daddy

Cool Water