CR7

Fin du court cycle Cock Robin. Après avoir abordé le premier album, et après avoir abordé le deuxième, voici, en troisième et ultime chronique, le quatrième album. Nan, j'déconne, c'est le troisième. Et incontestablement le dernier album non pas viable, mais intéressant, de ce groupe américain qui, dès le deuxième album, est en fait devenu un duo vocal accompagné de musiciens de studio. Un peu les Steely Dan (toutes proportions gardées, et vraiment bien gardées) de leur génération, car ce groupe fit de même en son temps. Ce troisième opus du groupe, produit par Rhett Davies (King Crimson, Brian Eno, excusez du peu), est sorti en 1989, et le suivant ne sera pas fait avant une petite dizaine (si ce n'est plus ; et je crois que c'est vraiment plus que 10 ans) d'années. Il s'appelle First Love/Last Rites, et sa pochette, classieuse comme pas deux, peut laisser à penser que l'album sera celui de la maturité. Il y à un je-ne-sais-quoi de sérieux, d'austère, dans cette pochette, cette photo du duo, en noir & blanc vaguement flouté, comme une photo ancienne, ça change de l'artwork très mid-80's de la pochette du précédent opus After Here Through Midland !

CR8

First Love/Last Rites offre 10 titres pour une grosse quarantaine de minutes (45 environ dans mes souvenirs, je n'écoute pas ce disque tous les jours même si je l'aime beaucoup), et autant le premier album offrait deux gros hits, autant le suivant en offrait un gros, autant cet album...n''en offre pas. Enfin, je parle de gros hit de la tremps de Just Around The Corner ou The Promise You Made, hein. Sinon, sur ce troisième opus, on peut citer, comme apparaissant sur les best-ofs, Worlds Apart, Any More Than I Could Understand et Hunting Down A Killer. Mais ces morceaux sont un peu comme El Norte et Coward's Courage du précédent opus, des chansons qui, en leur temps, ont un peu marché (et encore, sont-elles toutes sorties en singles ? Pas si sûr), mais sont retombées dans l'oubli collectif car n'ayant pas la carrure des hits. Ce qui ne leur enlève rien. First Love/Last Rites, des morceaux comme ça, il en est blindé comme un char Leclerc. Manzanar, Worlds Apart, Hunting Down A Killer, One Joy Bang, sont autant de chansons qui méritent amplement l'écoute.

CR9

Mieux : elles font de First Love/Last Rites (que je pourrais abréger en FL/LR mais comme j'arrive à la fin de la chronique, ça ferait con de commencer aussi tardivement) le meilleur album de Cock Robin, tout simplement, et, oui, probablement l'album de la maturité pour le duo Kingsbery/LaCazio. Qui, il me semble, n'était pas seulement un duo artistique, mais dans la vie privée aussi, corrigez-moi si je me trompe. Quoi qu'il en soit, cet album a été, en quelque sorte, la fin (temporaire, mais ayant tout de même duré plus de 10 ans) du duo. Kingsbery se lancera en solo, il participera à Tycoon (version anglophone de Starmania), reprenant notamment le S.O.S. D'Un Terrien En Détresse de Balavoine, reconverti, en anglais, en Only The Very Best, et il n'y avait bien que lui pour la chanter aussi bien que Balavoine. Pour en revenir à Cock Robin, ce troisième album, qui mérite qu'on l'écoute plus souvent que les deux autres car il est nettement moins accessible (moins tubesque, moins pop), sera un peu moins cartonneur que les précédents, même en France, pays qui a toujours beaucoup aimé ce groupe (dans mon antique édition CD de cet album, se trouve au centre du livret un imposant questionnaire, en français, concernant le groupe, et organisé par CBS Records, pour les fans français !). La recette a moins fonctionné, le grand public étant passé à autre chose...mais ce troisième album, en guise de 'testament' (provisoire), mérite totalement qu'on s'y attarde !

FACE A

Stumble And Fall

Straighter Line

Win Or Lose

One Joy Bang

For Experience Sake

FACE B

Hunting Down A Killer

Any More Than I Could Understand

My First Confession

Manzanar

Worlds Apart