TH1

Je m'étais promis, récemment, quand j'ai (enfin) abordé Little Creatures, que j'arrêterai là mes chroniques des albums des Talking Heads, et que, donc, je n'aborderai pas leurs deux albums suivants (les deux derniers, de plus), True Stories et Naked. J'avais pas envie de perdre mon temps avec eux, ne les aimant pas. Mais bon, vous savez ce que c'est... Voici donc True Stories, et je passe donc pour un con. Cet album, sorti en 1986 sous une pochette des plus feignasses (vous vous en rendez bien compte ; au fait, au verso, inversé, figure le titre de l'album, voir plus bas), est le septième album studio des Talking Heads, donc, et il est un de leurs plus particuliers, si ce n'est le plus particulier de leur catalogue. Il s'agit d'un album de musique de film...qui, en fait, n'en est pas un...tout en en étant un...mais en fait, euh, non. David Byrne (chant, guitare, leader, névroses) a réalisé un film du nom de True Stories. Oui, il a REALISE UN FILM. Lui. Byrne. Un film interprété notamment par John Goodman et Roebuck 'Pop' Staples, un film musical totalement décalé qui raconte l'histoire d'un homme débarquant dans une petite ville du Texas qui s'apprête à fêter les 150 ans de sa fondation. Je ne sais pas ce que vaut le film, mais je sais qu'il a été un bide commercial, et j'imagine que les critiques ne furent pas bonnes non plus.

TH2

Dans le film, les chansons présentes sur l'album sont interprétées par les acteurs. Sur l'album, ce sont les mêmes chansons, mais réenregistrées par les Talking Heads. En fait, True Stories, l'album, est un complément à True Stories, le film. Pour compliquer le bordel, un album de la bande-son, Sounds From True Stories, est sorti parallèlement, en 1986, un album proposant essentiellement des instrumentaux, ainsi que deux-trois morceaux chantés, mais il ne s'agit pas des chansons de l'album interprétées par les acteurs. Rien à voir. Putain. Bref, revenons à True Stories, l'album, avant de péter définitivement les plombs. C'est un disque court (40 minutes pour 9 titres, la réédition CD en propose un dixième, et même un onzième et un douzième, tant qu'à foutre) qui offre une paire de chansons ayant plutôt bien marché à l'époque (Wild Wild Life, Love For Sale), deux chansons il est vrai plutôt sympathiques, et on y trouve aussi une chanson dont le titre, selon une légende médiévale bien connue, aurait donné son nom au groupe de Thom Yorke, Radio Head. Musicalement, on est très loin des expérimentations world/new-wave arty d'albums tels que Remain In Light et Fear Of Music, et loin aussi de la pop flamboyante et réjouissante de Speaking In Tongues et Little Creatures

TH3

True Stories est aussi insignifiant que sa pochette qui sent bon l'amateurisme, et on a du mal à se dire que c'est bien le groupe qui nous a offert des morceaux tels que I Zimbra, The Great Curve et Found A Job qui a pondu ces 9 titres globalement pendards. Croyez-moi (vous me croyez, hein ?), ça me fait chier, royalement chier, impérialement chier même, que de classer un album de ce groupe dans la catégorie des ratages, mais je ne vois pas où le mettre, sinon. Ce n'est pas merdique non plus, on sent la touche talkingheadsienne, mais c'est du sous-Talking Heads, justement, du Talking Heads des mauvais jours, et si on parvient à apprécier Papa Legba ou Wild Wild Life, jamais ces morceaux ne parviendront à atteindre le degré de réussite des précédents (de tous les précédents) albums. Le groupe parviendra à faire encore un album (deux ans plus tard) avant de s'annoncer séparé en 1991, et depuis, rien n'y fait,  Byrne l'a dit, les Talking Heads, c'est fini. Heureusement, même si l'album suivant et dernier, Naked, n'est pas non plus génial (j'en parle ici bientôt), qu'ils ne se sont pas arrêtés avec True Stories

FACE A

Love For Sale

Puzzlin' Evidence

Hey Now

Papa Legba

FACE B

Wild Wild Life

Radio Head

Dream Operator

People Like Us

City Of Dreams