Le-vent

Notre Tonton Georges est de retour ! Et, comme il m'arrive parfois d'être logique, je vais maintenant vous parler de son second album, après avoir fait un track-by-track sur son premier. Lequel était et est toujours un véritable régal de chanson française. Mais, le soucis, c'est que question régal, ça va être moins le cas avec ce second album, sorti en 1953. Notre moustachu préféré a fait mieux avant donc, mais a aussi fait mieux après. Onze chansons sont au programme de ce disque, c'est-à-dire trois de plus que le précédent. Mais, au niveau de la durée, c'est encore une fois très maigre. A peine vingt-quatre minutes. Mais ça, c'est du au format des disques de l'époque. On tournait encore au vingt-cinq centimètres. Les premiers albums de Brel ou de Gainsbourg, pour ne citer qu'eux, pointaient aussi à des durées rachitiques. Bon, assez causé, on passe au contenu maintenant !

A l'origine, l'album est sorti sans titre. Depuis, on lui a donné le titre de sa première chanson. Une pratique fréquente à l'époque. La chanson qui ouvre le disque et qui est donc aujourd'hui sa chanson titre aujourd'hui, c'est Le Vent. Une chanson sympathique, mais très secondaire dans l'oeuvre de Brassens. Des paroles manquant de force et surtout une très courte durée (1'09), il est très rare d'être marqué par des chansons ayant une durée aussi peu élevée. C'est ensuite un classique qui nous attend et pas seulement un classique de Brassens : J'Ai Rendez-Vous Avec Vous. Chanson impérissable. La demeure que je préfère, c'est votre robe à froufrous, pas fou le bourdon ! Et tout le restant l'indiffère. Sacré Tonton ! A peine un classique est-il terminé, qu'un autre prend de suite le relais. Le classique en question ? Les Amoureux Des Bancs Publics. Encore une chanson mythique. Soixante-six ans d'âge et toujours sur toutes les lèvres. L'apanage des grandes chansons. Cette chanson-là, comme dit Katerine : j'adore. Brassens aimait les poètes et a toujours eu à coeur de mettre certains de leurs textes en musique et ça tombe bien puisque les deux chansons qui suivent, c'est-à-dire Ballade Des Dames Du Temps Jadis et Comme Hier. Si la première est une pure merveille et chantée dans un vieux français, la seconde est assez mineure. Il n'y a que le refrain qui laisse un souvenir : L'un tient le couteau, l'autre la cuiller, la vie c'est toujours les même chansons. La face A se termine par... non, je n'ai même pas envie d'appeler ça une chanson, j'ai envie d'appeler ça une oeuvre d'art, une toile de maître musicale. Parce que, les mecs, Pauvre Martin, racontant l'histoire d'un mec bossant la terre en tous les lieux par tous les temps (les vers de la chanson) sans se plaindre ni faire chier que ce soit, est tout simplement belle à en crever. 1'36, oui, c'est court, encore une fois, mais 1'36 de beauté pure.

Dites, l'histoire du chat qui tête les boubs de celle qui l'a recueilli, ça vous dit quelque chose ? Oui ? On est en plein dedans ! Brave Margot ou l'histoire de ce petit chat qui tête les seins de sa maîtresse, un tableau qui attire tous les gars du village et qui provoque l'hire de leur bonne femme. Le petit chat victime de la jalousie. Une chanson impérissable, tout comme J'Ai Rendez-Vous Avec Vous et Les Amoureux Des Bancs Publics. Place à présent à deux chansons peu connues du moustachu : Il Suffit De Passer Le Pont et La Cane De Jeanne. La première est une chanson guillerette du meilleur effet (courons guilleret, guillerette) qui sous ses airs de ne pas y toucher est en fait bien coquine, tout comme l'était La Chasse Aux Papillons. Et l'autre est une sublime petite (par la durée) chanson qui rend hommage à la fameuse Jeanne qui hébergera Tonton Georges durant ses années de vache maigre. Le disque se termine sur deux chansons qui sont des poèmes mis en musique : La Marine de Paul Fort et Il N'y A Pas D'Amour Heureux signé Louis Aragon. Avec une réussite assez contrastée. La première est assez moyenne, ça me fait mal de dire ça, mais il faut bien l'avouer, ce n'est pas une grande chanson. Le texte en lui-même n'a rien de percutant. Alors que la seconde est une pure merveille. Rarement un poème a été aussi bien mis en musique. C'est tout simplement sublime. Un coup de maître ! 

Voilà pour ce deuxième album de Georges Brassens ! Un disque indispensable pour tous les fans du moustachu et pour tous les amateurs de chanson française, même s'il est bien moins quintessenciel que son prédécesseur. Sans La Marine, il aurait été meilleur, j'en suis convaincu. 

ob_fde00c_brassens-ou-l-irreverence

Face A

Le Vent

J'Ai Rendez-vous Avec Vous

Les Amoureux Des Bancs Publics

Ballade Des Dames Du Temps Jadis

Comme Hier

Pauvre Martin

Face B

Brave Margot

Il Suffit De Passer Le Pont

La Cane De Jeanne

La Marine

Il N'y A Pas D'Amour Heureux