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Qu'est-ce que j'étais content, cette année, il y à quelques mois, en apprenant que Bruce Springsteen (que j'écoute souvent en ce moment, et je ne m'en plains pas ; j'ai même réussi, finalement, à aimer Tunnel Of Love et la paire Human Touch/Lucky Town, si, si, je vous assure, même s'ils ne figurent pas dans mes préférés pour autant) allait sortir un nouvel album ! Que j'ai acheté le jour de sa sortie, en vinyle, édition collector (deux disques de couleur bleu clair, de toute beauté). Sorti sous une magnifique pochette qui m'aurait fait acheter le bouzin même s'il s'était agi d'un album d'un artiste que je déteste, cet album s'appelle Western Stars et il est coproduit par Ron Aniello et le Boss, dont c'est le premier album en cinq ans, depuis High Hopes en 2014 (entre temps sortira une compilation avec quatre morceaux inédits, Chapter And Verse), lequel, très réussi, était cependant un disque assez à part, un album renfermant aussi bien des reprises (des Saints, de Suicide...) que des morceaux inédits...que le Boss interprétait, cependant, fréquemment en live, sans  les avoir jamais placés en album. On y trouvait aussi une nouvelle version, très rock, monstrueuse, de The Ghost Of Tom Joad, à la base acoustique. L'album était fait avec le E Street Band qui, d'ailleurs, ces dernières années (entre 2008 et 2011), a morflé, suite à la mort de deux de ses membres fondateurs, le claviériste et accordéoniste Danny Federici en 2008 et le saxophoniste Clarence 'Big Man' Clemons en 2011. 

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Western Stars, lui, a été fait sans le E Street Band, ce qui n'est pas un cas à part chez Springsteen (Nebraska, Human Touch, Lucky Town, The Ghost Of Tom Joad, Devils And Dust, We Shall Overcome : The Pete Seeger Sessions), et ça ne veut donc pas dire que le Boss ne recollaborera plus avec ce backing-band mythique qui lui est indissociable. Mais pour cet album-ci, le E Street Band aurait été un peu incongru. Long de 50 minutes, Western Stars est en effet un disque de country, un peu orchestral, un album qui irait parfaitement en bande-son de films tels que Junior Bonner ou L'Homme Qui Murmurait A L'Oreille Des Chevaux. Que des originaux. Ce n'est pas de la country à la Buck Owens ou Dolly Parton, il n'y à pas de goualantes à faire chialer dans sa bière sur mon hoooooomme qui est paaaarti, et si le Boss s'était amusé à reprendre Stand By Your Man, putain, j'aurai joué au frisbee avec le skeud, non mais sans blague. Au lieu de ça, accompagné de très bons musiciens (Ron Aniello qui coproduit, Mme Springsteen alias Patti Scialfa aux choeurs, David Sancious, Lenny Castro, Matt Chamberlain... A noter que Sancious fit partie du E Street Band originel des deux premiers albums), et jouant de pas mal d'instruments lui-même (rappelons que sur Lucky Town, il jouait quasiment de tout), le Boss nous livre un disque courageux et intense, certes pas celui que ses fans auraient, sans doute, voulu entendre de lui (je l'avoue, j'ai été un premier temps rebuté d'apprendre que l'album serait de la, bwêêêêê, country orchestrale), mais qui, vraiment, mérite son lot de kudos. 

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Ce n'est pas son meilleur album, mais High Hopes avant lui ne l'était pas non plus. En fait, je pense que le dernier album vraiment génial à 100%, vraiment grandiose, de Bruce, c'est Born In The U.S.A. qui date tout de même de 1984. Mais ses albums suivants sont globalement excellents (bon, j'au toujours eu du mal avec We Shall Overcome, Devils And Dust et Magic, et je n'aime que depuis récemment les albums de sa période 1987/1992), et Western Stars, avec son lot de sublimes chansons (The Wayfarer, Hitch-Hikin', Sleepy Joe's Cafe, le morceau-titre, Chasin' Wild Horses) qui, toutes, sentent bon les grands espaces arides de l'Arizona, les ranches, les enclos à rodéo, les mustangs et palominos qui galopent et les buissons d'amarante qui franchissent les rues poussièreuses, qui respirent à donf' la misère de l'Amérique profonde et la grande et profonde dignité des cowboys qui n'ont que leur passion pour survivre, cet album, donc, est excellent dans son genre. Certes, ces chansons, j'ai un peu de mal à les imaginer interprétées live avec le E Street Band, coincées entre Born To Run et Hungry Heart, mais une chanson comme The River, réarrangée à la sauce Western Stars, ne ferait, elle, pas incongrue sur ce nouvel album, tant elle respire le même cri de désespoir et de résignation que les 13 titres présents ici. 

FACE A

Hitch-Hikin'

The Wayfarer

Tucson Train

FACE B

Western Stars

Sleepy Joe's Cafe

Drive Fast (The Stuntman)

FACE C

Chasin' Wild Horses

Sundown

Somewhere North Of Nashville

Stones

FACE D

There Goes My Miracle

Hello Sunshine

Moonlight Motel