Mobb-Deep-Hell-On-Earth

Je le sais très bien : voilà une chronique qui va foutre des boutons à 99% d'entre vous. Pas parce que je vais déglinguer un artiste de renom mais parce que cette chronique va porter sur un album de rap. Oui, vous avez bien lu. Bon, le rap et moi, ça fait 63, mais il n'empêche qu'il existe quelques albums du genre que j'aime beaucoup.Vraiment. A l'image de ce Hell On Earth, second album du duo Mobb Deep et sorti en 1996. Voyez-vous, cet album, je l'aime vraiment. Si je ne devais garder qu'un seul de mes disques de rap, ce serait celui-là. Je ne peux pas m'en séparer. Rassurez-vous sur deux points : je suis parfaitement dans mon état normal en écrivant ces lignes et rassurez-vous en vous disant que ce sera très probablement la seule chronique rap que je rédigerai. Pour ceux qui ne connaissent pas trop, Mobb Deep s'est vraiment fait connaître en 1995 avec The Infamous, aujourd'hui considéré comme l'un des plus grands disques de rap jamais faits. Celui-là aussi je l'adore, mais je lui préfère Hell On Earth.

Même si on déteste le rap, on sait qu'il a toujours existé un distinguo entre le rap de la côte est et le rap de la côte ouest. Le premier se basait sur des instrumentations très sombres, parfois flippantes tout en dénoncant des problèmes de société, très souvent les guerres de gang et la pauvreté dans les ghettos, alors que le second usait d'instrumentations plus dansantes, plus funk (lesquelles étaient bien souvent de samples de chansons de James Brown) et textuellement, tapait pas mal dans l'égo-trip. Mobb Deep, c'était le rap de la côte est. En gros, vous n'allez pas vous marrer. Pour moi qui n'a pourtant que peu d'atomes crochus avec le style, Hell On Earth est un classique. Bon, parmi les 14 chansons qu'offre l'album, il y en a une que je n'ai jamais aimée : G.O.D Pt. III. Et pourtant, ce n'est pas faute d'avoir essayé. Bloodsport ne m'a jamais emballé plus que ça non plus, mais je la supporte. Par contre, le reste, madre de dios ! Je me souviens avoir accroché d'emblée lorsque j'ai découvert ce disque à l'époque où j'étais ado. La doublette qui ouvre le disque et qui est composée de Animal Instinct et Drop A Gem On 'Em est monstrueuse. Putain, ce piano entêtant sur la deuxième... Juste énorme. Extortion et More Trife Life, elles aussi restent bien en tête, certes, ça tourne en boucle, c'est du rap après tout, mais bordel, c'est net et chirurgical. Dans le genre sombre et tendu, la triplette Man Down, Can't Get Enough Of It et Nightime Vultures se pose là également. Get Dealt With avec son piano grave est une vraie petite tuerie du genre. L'album a sa chanson titre : Hell On Earth (Front Lines), elle aussi est une réussite rap bien ficelée. Parmi toutes les chansons du disque que j'aime, Give It Up Fast est celle que j'aime le moins. Car beaucoup moins forte qu'une Drop A Gem On 'Em, qu'une More Trife Life ou qu'une Nightime Vultures. Still Shinin' avec ses courts choeurs est obsédante. Et Apostle's Warning achève l'album en fanfare. Une tuerie de plus pour un disque qui n'en manque pas.

Je sais bien que cette chronique ne sera que très peu lue. Le simple mot rap aura suffit à faire fuir tout le monde ou presque. Tout comme je sais qu'elle ne convertira pas un anti-rap qui aura eu l'ouverture d'esprit de la consulter en intégralité. Mais, pour moi qui ne suis pourtant pas du tout adepte du genre, cet album m'est indispensable. Et j'avais à coeur de le partager et de vous le faire connaître. 

hell-on-earth

Animal Instinct

Drop A Gem On 'Em

Bloodsport

Extortion

More Trife Life

Man Down

Can't Get Enough Of It

Nightime Vultures

G.O.D Pt. III

Get Dealt With

Hell On Earth (Front Lines)

Give It Up Fast

Still Shinin'

Apostle's Warning