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Pour ce 358ème track-by-track, c'est un disque d'Iggy Pop que je vous propose. Et pas n'importe lequel : son tout premier album solo sorti en 1977. Rappelant que l'Iguane sort d'une courte (5 ans), mais intense aventure avec les Stooges qui ira de 1969 à 1974. Le groupe n'a eu que très peu de succès mais a pondu notamment Fun House en 1970, un vrai monstre sacré et aujourd'hui considéré comme étant l'un des précurseurs du punk-rock. Raw Power, sorti en 1973 enfoncera le clou en étant encore plus fou et plus violent. Enfin bref, les Stooges, pour le coup, on s'en branle. Ce qui nous intéresse maintenant c'est The Idiot. L'offre est chiche en terme de nombre de chansons. Il y en a seulement huit, mais quelles chansons ! Un chef d'oeuvre de quasi 39 minutes et produit par Bowie vous attend. Un chef d'oeuvre précurseur de la cold-wave et qui, dans un registre bien plus dramatique, sera en quelque sorte l'album du suicide de Ian Curtis.

Sister Midnight : Une tuerie en ouverture, ça vous dit ? Et ben c'est ce que vous avez ! Une tuerie absolue bien glauque et bien dépressive emmenée par une batterie lourde et une guitare encore plus saignante qu'un hémophile. Le chant de l'Iguane est parfait. Tout cela confère à faire de cette chanson un truc parfait qui s'étend sur 4'20. Mais, vous allez voir ce que vous allez voir avec la prochaine chanson.

Nightclubbing : Méga tuerie pour cette chanson froide comme une lame de couteau qu'on aurait plongée pendant deux heures dans un seau à champagne. Après une intro limite robotique jouée au synthé, arrive un piano obsédant comme c'est pas permis. Et la chanson nous offre deux solos de guitares mémorables saignants à souhait. L'Iguane chante à merveille. Pour info, Ardisson s'est servi de l'intro de la chanson pour le générique de début de son émission Lunettes noires pour nuits blanches. C'est froid, glauque, limite terrifiant. 4'15 de bonheur total !

Funtime : Chanson courte, à peine 3 minutes, mais nom de dieu, quelle chanson ! Encore une tuerie. Ici, le synthé, tenu par Bowie (il le tient pendant tout l'album) est aussi robotique et glaçant que sur la chanson précédente. L'Iguane, quant à lui, chante en deux temps. D'abord calmement, un peu à la Lou Reed, avant de retrouver un chant semblable à celui qu'il avait quand il faisait partie des Stoogies. Chanson parfaite de bout en bout !

Baby : Grandiose ! Tout simplement grandiose ! Je ne vois pas quoi dire d'autre au sujet de cette chanson. La collision synthé froid comme une bite de cheval mort et la basse qui résonne au maximum fait des ravages ! Ajoutez à cela un chant au poil de la part de l'Iguane et vous obtenez 3 petites minutes et 20 secondes. Mais 3'20 absolument imparables !

China Girl : Très très gros classique du répertoire d'Iggy. On ne va pas raconter l'histoire entièrement à nouveau. Mais la chanson trouve son origine dans le coup de foudre qu'avait eu Bowie pour la nana d'Higelin à l'époque. Bowie reprendra cette chanson façon pop sur Let's Dance en 1983. Pour un résultat certes couronné de succès, mais peu convaincant musicalement. Alors que la version original qui forcément, à quelque chose d'un peu asiatique dans sa mélodie est une merveille qui pointe à 5'10. Une très très grande chanson.

Dum Dum Boys : Une monstruosité monstrueusement monstrueuse ! Pardonnez-moi d'être aussi peu original, mais sérieusement, que dire et que faire face à une chanson aussi gigantesque ? La perfection a cela d'emmerdant : très souvent elle laisse sans voix. Tout ce que je peux dire, c'est que tout le long de ces 7'10, vous allez entendre un riff de guitare si fort qu'il va vous rester en tête à jamais !

Tiny Girls : 3 petites minutes pour cette avant-dernière chanson qui est aussi sans contestation le titre le moins fort de l'album. Elle n'est pas mauvaise, loin de là. Mais disons qu'avec son saxo elle dénote complètement de ce que l'on a entendu auparavant et fait un peu figure d'intruse. Je le dis tout net et je pense que c'est le cas pour toutes les personnes ayant un jour écouter ce disque : c'est la chanson que j'aime le moins.

Mass Production : Le meilleur pour la fin tout simplement. Pour clôturer l'album, c'est un sommet absolu qui nous est offert ! Comme tout à l'heure, que dire face à un monstre pareil ? Un déluge qui envoie la sauce pendant 8'20 tout bonnement ahurissantes. On ne pouvait pas rêver mieux pour conclure. On tient là non seulement la meilleure chanson de l'album, mais aussi la meilleure chanson d'Iggy Pop ! Encore une fois, excusez-moi de ne pas trouver les mots. Mais n'importe qui aurait du mal à s'exprimer face à cette chanson.

Vous voyez, je ne vous ai pas menti en début de chronique lorsque je vous ai dit que cet album est un chef d'oeuvre. Un vrai coup de maître pour une première galette studio en solo. Et ce, malgré ce Tiny Girls un peu intrus. S'il ne fallait posséder qu'un seul disque de l'Iguane, ce serait celui-là.

Face A

Sister Midnight

Nightclubbing

Funtime

Baby

China Girl

 

Face B

Dum Dum Boys

Tiny Girls

Mass Production