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Vous savez ce dont je me suis rendu compte, récemment ? Un truc de malade, qui m'a empêché de dormir deux nuits durant (j'exagère un petit peu, OK) et qui a sans doute dû vous titiller aussi, si, si, je vous connais (...bon, OK, je pensais mieux vous connaître que ça, d'accord) : l'absence du moindre article concernant les albums de Cat Stevens sur le blog. Oh, il y avait bien un ou deux articles, anciens comme la Préhistoire, sur des chansons de Stevens, mais rien sur ses albums. C'est pas dingue, ça ?!? Aussi, ais-je décidé d'un cycle sur les albums du Cat. Pas de tous ses albums, mais pas loin. Tous ses albums de 1970 à 1978, soit, en comptant, un live peu connu, un total de 10 albums et, donc, 10 articles. Par ordre chronologique, évidemment, sinon, c'est moins marrant, et ne serait-ce que pour la progression musicale d'album en album (et concernant Cat Stevens, il y en a un peu), c'est comme de mettre un pull quand il pleut, c'est mieux. Cat Stevens, de son vrai nom Steven Demetre Georgiou, est britannique, d'origine chypriote (son père) et suédoise (sa mère). Lui qui, en 1977, se convertit à l'Islam, renonce à ses anciennes débauches d'artiste folk et se renomme Yusuf  Islam (il fera à nouveau des albums dès les années 90, sous ce nom) sort son premier album en 1967, il n'a alors que 19 ans, Matthew And Son. Suivi de New Masters en 1967 également. Il ne sortira son album suivant, son troisième, le premier que j'aborde, qu'en 1970 (album enregistré début 1970, et sorti en milieu d'année), ayant été malade (tuberculose) au cours d'une partie de la période de trois ans entre le deuxième album et celui-ci. Sorti sur le label Island (les deux précédents étaient chez Deram) sous une pochette amusante mais curieuse montrant une poubelle en train de...cracher, cet album porte un titre curieux, aussi : Mona Bona Jakon

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Dans une interview de 1972, Cat affirmera au journaliste que le titre de cet album est un petit nom secret qu'il donne à son...pénis. Donc, le troisième album de Cat Stevens porte le nom de sa bite, et tout le monde trouve ça normal. Plus sérieusement, ce troisième album, court (35 minutes), est une vraie merveille de folk, avec un immense hit, le premier de Cat, au programme, en ouverture : Lady D'Arbanville (parfois appelé My Lady D'Arbanville). Ode à Patti D'Arbanville, actrice américaine avec qui il a eu une relation, la chanson, un madrigal, est cependant assez sombre. Patti était absente, pour son boulot, et Cat se lamentait. Dans la chanson, il l'imagine comme morte (Why do you sleep so still ?), l'ambiance est triste (et ce, malgré l'accélération de la chanson et les choeurs quelque peu narquois et dans le genre western spaghetti, signés Cat et Alun Davies, guitariste qui collaborera avec Cat durant toute la période que j'aborde dans mon cycle, au passage), Patti verra ça comme un signe que leur relation est achevée, et en effet, elle ne durera plus longtemps. La chanson est magnifique et, comme tous les chefs d'oeuvre, elle est immortelle et intouchable.

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C'est le meilleur morceau d'un album qui, pourtant, offre de grandes merveilles, comme Katmandu, sur lequel un certain Peter Gabriel joue de la flûte, ou bien comme Maybe You're Right, Pop Star et I Wish, I Wish. On peut considérer Mona Bona Jakon, morceau court (moins de 2 minutes) ouvrant la seconde face sur une ode à son pénis, comme le morceau le moins réussi de l'album qui lui doit son nom, mais autant le dire tout de suite, et je suis vraiment très objectif en disant ça, tout ce que Cat Stevens a fait entre 1970 et 1974 est d'un niveau exceptionnel dans le registre de la folk pure et dure (et pas folk-rock). Après, OK, ça commence à se gâter un peu, tout en restant très intéressant et écoutable. Sur cet album de 1970, enregistré avec Alun Davies (guitare), John Ryan (basse) et Harvey Burns (batterie), Cat étant à la guitare et aux claviers), et produit par Paul Samwell-Smith, on a donc 11 chansons qui, mis à part éventuellement le morceau-titre, sont remarquables, touchantes, vibrantes, tristes la plupart du temps, le climat de l'album étant assez introspectif, pas aussi triste et sombre que chez Nick Drake, mais ce n'est clairement pas un disque à écouter par temps de pluie. A noter que si le timbre de voix de Cat est radicalement différent de celui de Drake, les deux chanteurs ont cette particularité d'apaiser totalement l'auditeur, de le relaxer. On écoute un disque de Cat Stevens, on ferme les yeux, c'est parti pour une grosse demi-heure de douceur, de calme. Et comme, en plus, c'est musicalement réussi, c'est tout bénèf', quoi.

FACE A

Lady D'Arbanville

Maybe You're Right

Pop Star

I Think I See The Light

Trouble

FACE B

Mona Bone Jakon

I Wish, I Wish

Katmandu

Time

Fill My Eyes

Lilywhite