E1

Juste avant de réaborder, récemment, The Long Run (après avoir considérablement changé d'avis à son sujet), je me suis rendu compte que je n'avais pas abordé leurs derniers opus : le live de 1980, Hell Freezes Over de 1994 et Long Road Out Of Eden de 2007. Dont acte, je répare cet oubli dès aujourd'hui en abordant (enfin) le live de 1980, et les deux autres albums suivront prochainement. Cet album est donc un live, et il date de 1980. C'est la troisième fois que je le dis en presque autant de lignes, j'espère donc que cette information a été retenue. C'est un double album (toujours en CD, et pourtant, avec quelques chose comme 77 minutes, il pourrait tenir sur un seul CD) et c'est le premier live des Eagles. Il porte un titre des plus originaux, même audacieux si on peut dire : Eagles Live. Ah, ça ne rigole plus, hein. La pochette, qui imite une flight-case, est plus originale (ceci dit, ne vous emballez pas non plus, elle ne s'ouvre pas vers le haut, c'est une simple illustration, même si les rivets, nombreux, sont gaufrés sur la pochette pour faire plus authentique). La pochette, sinon, est ouvrante, avec une photo de guitares posées sur une scène obscure, en noir & blanc, et les crédits de chaque côté, et deux sous-pochettes illustrées de photos, plus un poster d'un concert en plein air qui, d'après Wikipedia, ne serait, en fait, pas une photo d'un concert des Eagles... Avec, dans ses crédits de remerciements, la présence de la sous-catégorie 'avocats' (le groupe remercie leurs avocats respectifs pour avoir aidé à faire sortir ce disque), en raison des tensions internes assez fortes au sein du groupe (en gros, ils se sont séparés au moment de la sortie du live, et ne se reformeront pas avant 14 ans, à la surprise générale et probablement à la leur aussi), cet Eagles Live n'est probablement pas un des meilleurs souvenirs des membres du groupe.

E2

Enregistré en divers concerts et même périodes (en majeure partie, c'est durant la tournée de The Long Run, mais certains morceaux sont issus de concerts de 1976, tournée de Hotel California, et notamment Take It To The Limit, morceau écrit et interprété par le bassiste  Randy Meisner, qui a quitté le groupe après la tournée, en 1977), ce live est à la fois enthousiasmant (je l'aime, je dois le dire, beaucoup-beaucoup-beaucoup) et frustrant. Autant le dire, qu'il propose des morceaux datant de deux périodes différentes (la seule différence réside dans le changement de bassiste, Meisner remplacé par Timothy B. Schmitt, qui chante ici son I Can't Tell You Why issu de The Long Run ; le reste du groupe est inchangé) n'est pas gênant : quand on écoute le disque, on ne s'en rend pas compte, tout sonne pareil (c'est à dire, une production qui a un peu vieilli mais le son de l'album est, quand même, très très bon ; il y à des lives de la même époque qui sonnent moins bien que lui), et il m'a fallu regarder dans les crédits de pochette (car tout est clairement indiqué, dates et lieux des shows) pour me rendre compte que New Kid In Town date d'un show de 1976. Ainsi que toute la face C, mis à part Seven Bridges Road, reprise d'un morceau du countryman Steve Young, ici en a capella par l'ensemble du groupe. Ce live est enthousiasmant car on l'écoute sans aucun déplaisir et il offre d'excellentes versions de Hotel California, Life's Been Good (un morceau solo de Joe Walsh datant de 1978 ; All Night Long, moins percutant, est aussi un morceau solo de Walsh, écrit pour un film oublié, Urban Cowboy), Take It To The Limit, Wasted Time, Desperado...entre autres. Mais il est frustrant pour plusieurs raisons.

E3

D'abord, il est court (enfin, 77 minutes, ça va, surtout quand on l'écoute en vinyle, mais en CD, le fait qu'il puisse tenir sur un seul disque tout en continuant d'être proposé sur deux galettes le rend, c'est psychologique, court ; on pense avoir affaire à un disque généreux, genre deux disque de 50 minutes ou presque, et puis, en fait, non). Ensuite, il manque des morceaux géniaux, que le groupe devait sans doute interpréter sur scène à l'époque (Peaceful Easy Feeling, One Of These Nights, Best Of My Love, The Last Resort, des morceaux solo de Walsh tels que Funk #49, Rocky Mountain Way ou Turn To Stone). Enfin, il va sans dire que les Eagles, c'est Hotel California, et le morceau est bien évidemment présent ici (je pense que si le groupe s'était amusé à ne pas le placer sur le live, il y aurait eu des morts par assassinats), et dans une très belle version de presque 7 minutes, mais placée en ouverture d'album, un peu l'air de dire on va expédier les affaires courantes, vous voulez ce morceau, le voici, on l'écoute et on passe à autre chose. Ce genre de morceau nécessite une place de choix, vers la fin, en bouquet final, il doit se faire désirer. Là, en  gros, on écoute le meilleur en intro, le reste, forcément, bien que très bon, n'est pas aussi quintessentiel. Après, sans doute que le groupe démarrait ses concerts par ce titre, mais compte tenu que Eagles Live est un assemblage de plusieurs concerts (et époques), rien ne les obligeait à respecter l'ordre approximatif des concerts, ils pouvaient tricher un peu (ils trichent déjà en mélangeant deux années). Enfin bon, la suite du live est vraiment bonne (Life's Been Good, long de presque 10 minutes - morceau le plus long ici - est génial, morceau cultissime qui mélange hard-rock et reggae avec talent) sans temps morts, sans grosses surprises non plus il faut le dire, mais on écoute ce live avec plaisir. Même si ce n'est pas le meilleur live au monde, loin de là. Eagles Live aurait pu être meilleur encore qu'il n'est, mais il mérite quelques kudos, et surtout, il ne mérite pas autant de mépris, car c'est souvent ainsi qu'on parle de lui sur le Net.

FACE A

Hotel California

Heartache Tonight

I Can't Tell You Why

FACE B

The Long Run

New Kid In Town

Life's Been Good

FACE C

Seven Bridges Road

Wasted Time

Take It To The Limit

Doolin'-Dalton Reprise

Desperado

FACE D

Saturday Night

All Night Long

Life In The Fast Lane

Take It Easy