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Pour ce 357ème track-by-track, je vous propose de parler d'un disque qui a déjà été abordé ici, mais qui mérite que l'on se penche sur son cas chanson par chanson : le tout premier album du Velvet Underground nommé The Velvet Underground & Nico. Bon, Nico, chanteuse et mannequin allemande n'a jamais vraiment fait partie du groupe. Vulgairement parlant, elle n'a été qu'une pièce rapportée par Warhol, qui chapeautait l'album à distance et qui voulait qu'elle chante sur tous les morceaux. Lou Reed s'y opposa, du coup, Nico doit se contenter de 3 chansons et des chœurs. Même s'il s'est mangé un méchant bide lorsqu'il est sorti en 1967 (année de Sgt Pepper, Their Satanic Majesties Request, Magical Mystery Tour, Are You Experienced et j'en passe) cet album est mythique. Déjà, pour cette pochette bananière, créée par Warhol qui affiche très fièrement son nom dessus. D'ailleurs, il existait une édition où il était possible de peler la banane pour en faire apparaître une autre ayant une couleur se rapprochant de celle d'une teub. Il y a une rumeur au sujet de cet album, colportée par Brian Eno qui consiste à dire que toutes les personnes ayant entendu ce disque ont ensuite monté un groupe. Bon, c'est certainement du flanc, mais ce qui est sûr, c'est qu'il a fait naître des vocations. Son influence à l'époque a été énorme et elle se poursuit aujourd'hui. Et puis, musicalement, cet album, qui aligne 11 chansons pour 48 minutes, (très rare à l'époque pour un album simple) a tout bon du début à la fin. Allez, c'est parti !

Sunday Morning : La bien nommée, puisqu'elle a été écrite un dimanche matin. Et, vue l'atmosphère de la chanson, on peut légitimement penser que ce fameux dimanche matin était très pluvieux. Cette chanson là les mecs, en tant qu'ouverture d'album, c'est franchement génial. C'est un vrai chef d'oeuvre qui s'offre à vous. Un chef d'oeuvre dont la couleur est donnée par le célesta de Cale. En un mot comme en trois : une pure merveille.

I'm Waiting For The Man : Un des classiques du souterrain en velours. La chanson parle d'un mec qui attend son dealer avec 26 dollars dans les pognes afin qu'il puisse recevoir sa dose d'héroïne. Que dire de plus si ce n'est que tout amateur de rock, fan ou pas du Velvet, a déjà entendu cette chanson au moins une fois dans sa vie. Imparable.

Femme Fatale : Première des trois chansons chantées par Nico. Sa voix rauque colle parfaitement au morceau. Elle est parfois si rauque que l'on entend des grésillements qui s'échappent de son micro. Après une précédente chanson très sombre, place à un peu de douceur. Même si le texte est encore une fois bien noir, la musique est très douce. Un peu comme celle de Sunday Morning, mais pas de célesta ici. Ce qui donne la couleur, c'est la guitare de Reed, lequel se fait entendre dans les choeurs.

Venus In Furs : Attention, attention ! Là, c'est une tuerie absolue qui déboule. Cette chanson, abordant des thèmes sexuels tels le sadomasochisme, la soumission et le bondage est tout simplement imparable. La guitare Ostrich de Reed (c'est-à-dire toutes les cordes accordées en ré) est saignante et obsédante. Elle vous cogne à la tête tout le long. Cale, quant à lui, maltraite son alto. Le son aigu qui est en sort fout limite des frissons. Une seule écoute suffit pour que cette chanson vous marque au fer rouge et vous soit indispensable. Pour la faire courte, cette Vénus en fourrure, c'est 5'10 tout simplement monstrueuses !

Run, Run, Run : Après le traumatisme de la Vénus en fourrure, n'importe quelle chanson, aussi excellente soit-elle, passerait pour légèrement faiblarde. C'est tout à fait le cas avec ce Run, Run, Run. Mais bon, il faut relativiser, elle succède à un monstre de plus de cinq minutes. Mais, il n'empêche que c'est encore une fois excellent. Ça parle de came, comme bon nombre de chansons de l'album, Lou Reed adopte un style de chant qui a un petit je-ne-sais-quoi de Dylanien et, à l'aide de sa guitare laissant échapper un son bien acéré, il nous balance deux solos d'enfer. Malgré une place peu enviable et qui lui déleste une petite partie de sa saveur, c'est une excellente chanson.

All Tomorrow's Parties : Deuxième chanson chantée par Nico ! Et, je peux vous assurer que c'est pas de la pisse d'âne. Celle-ci, chantant tout en puissance, fait résonner sa voix grave, limite d'outre-tombe ici. Mais, ne résumer cette chanson qu'au chant de Nico serait sacrilège. Lou Reed à la guitare distille encore des notes bien aiguisées que l'on entend tout le long. Ses solos sont juste énormes. Et que dire de ce piano tenu par Cale ? Celui-là aussi on l'entend du début à la fin. Et, comme la guitare de Reed sur Venus In Furs, il est complètement obsédant. Longue chanson, qui pointe à 6 minutes pile poil. Mais 6 grandes minutes !

Heroin : Cette chanson là, je vous jure que c'est pas des conneries, je l'ai entendue une fois en fond sonore dans une grande surface ! Ça m'a fait deux sensations : ça m'a surpris. Envoyer un truc pareil dans un supermarché, c'est pas raccord pour un sou. Et, ça m'a bien foutu les nerfs parce qu'utiliser pareille chanson dans le simple cadre d'un accompagnement sonore, c'est limite insultant. Le mec qui a fait ça, on aurait dû lui couper les roupettes et les lui faire bouffer en salade. Sinon, la chanson... Que dire face à pareil monument ? En gros, pour vous donner un autre d'idée de l'effet qu'elle procure, c'est exactement comme si vous preniez une dose d'héroïne. C'est d'abord calme, puis ça accélère avant de revenir au calme. Les sensations décrites par ceux qui en ont déjà pris quoi. La guitare de Reed n'est bien évidemment pas étrangère à la réussite totale de ce morceau. Tout comme la batterie de Moe Tucker, ses coups de tambours rappelant le sang qui tape à la tête. Mais ici, encore une fois, c'est l'alto de Cale qui marque les esprits. Là, comme ça, c'est indescriptible. Ecoutez, simplement. 7'14 au compteur pour ce morceau. 7'14 gigantesques !

There She Goes Again : Tout comme Run, Run, Run, cette chanson succède à un titre monstrueux. Mais si la première nommée était d'un niveau très élevée, celle-ci est mineure. Elle s'écoute, pas de problèmes, mais elle est incontestablement le titre le moins fort de l'album. Et je crois que, même si elle avait été placée autre part, en début de skeud par exemple, elle n'aurait pas marqué les esprits. Ce n'est que mon avis. A vous de vous faire le vôtre.

I'll Be Your Mirror : Retour à un peu de douceur avec cette chanson. Nico est au micro. Elle chante donc ses dernières broques sur l'album ainsi que ses dernières avec le groupe. Elle foutra le camp à la fin de l'enregistrement de l'album. Pour cette chanson douce, un peu dans la lignée de Femme Fatale, la belle allemande chante tout en douceur. Et, elle s'en sort très bien. Une petite merveille de plus pour l'album.

The Black Angel Death's Song : Avant dernière chanson du disque et c'est tout simplement génial. La collision guitare/alto fait des ravages. Lou Reed est au micro. Enfin voilà, encore une grande chanson quoi. De toute façon, à part une, le disque ne contient que des grandes chansons. Place au dernier morceau qui est...

European Son : Le déluge final ! Je ne vois pas quel autre mot employer. Même si Reed y chante quelques lignes, ce n'est pas une chanson, mais un long jam. Plus tard, Moe Tucker dira de ce morceau qu'il est le plus grand triomphe du groupe. 7'48 au compteur. Mais pas 7'48 de portnawak. Ce morceau, il suffit de l'entendre une seule fois pour qu'il reste à jamais gravé dans votre tronche. Ici, la guitare, la basse et l'alto sont, de concert, amenés jusqu'à la saturation extrême. Cale met son instrument au supplice. A tel point que le son qui s'échappe du frottement des cordes sonne comme un morceau de verre que l'on écraserait dans une assiette. Mythique !

Voilà pour ce premier album du Velvet Underground. Echec commercial à sa sortie, je pense que le groupe s'en doutait au moment de le lâcher dans les bacs, mais aujourd'hui réhabilité et qui s'impose comme étant l'un des plus grands albums de rock de tous les temps. Vous ne le possédez ou vous ne le connaissez pas ? Vous savez ce qui vous reste à faire.  

Face A

Sunday Morning

I'm Waiting For The Man

Femme Fatale

Venus In Furs

Run, Run, Run

All Tomorrow's Parties

 

Face B

Heroin

There She Goes Again

I'll Be Your Mirror

The Black Angel Death's Song

European Son