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Voici ma deuxième chronique du jour ! On dit merci qui ? Le premier qui me répond Jacquie et Michel sera châtié par une barre de fer portée à incandescence. Allez, plus sérieusement, pour ce 356ème track-by-track, il va être question de chanson française et de l'un de ses dieux, oui, carrément. Le dieu en question, c'est Georges Brassens. Et moi, Brassens, j'en suis un fan. Il n'y a cependant que son dernier album que je ne connais pas, à l'exception de deux ou trois chansons. Je ne sais pas pourquoi, il ne m'a jamais attiré. Bref. Il me faut préciser que si aujourd'hui je suis fan de Tonton Georges (dont on va bientôt "célébrer" le 38ème et triste anniversaire de son décès), ça n'a pas toujours été le cas. Je peux même vous dire que quand j'étais ado, il m'emmerdait encore plus que le sermont du dimanche matin prononcé par le curé de Trou du cul sur Loire. Le bled n'existe pas, mais c'est pour bien faire comprendre qu'avant mes 18 piges, Brassens et moi, ça collait pas. L'album que je vais aborder est la première galette studio de son auteur. Et, j'aime mieux vous dire que malgré un nombre de chansons très restreint et une durée tout aussi restreinte (8 chansons pour à peine 20 minutes. A l'époque, ça carburait encore au 33T 25 cm), c'est un sacré chef d'oeuvre qui vous attend. Il est sorti sans titre à l'origine, mais depuis, on l'a titré en usant du nom de la première chanson. Pratique courante à l'époque. Et pas que pour Brassens. Vous êtes prêts les mecs ? On y va !

La Mauvaise Réputation : Première chanson du disque et donc celle qui lui donne son titre. A part ça, que dire de plus que ce l'on a déjà dit ? Un des nombreux chef d'oeuvres de Tonton Georges. On ne pouvait pas rêver meilleure chanson pour ouvrir l'album. A moins de revenir de près de 70 ans d'hibernation au coeur d'une tribue de l'Amazonie envahie de serpents et d'araignées, impossible que vous n'ayez pas entendu cette chanson monument et impossible que vous n'ayez pas retenu ses paroles. Enfin, tout du moins une partie. Immense.

Le Parapluie : Il pleuvait fort, sur la grand' route, elle cheminait, sans parapluie. Immense chanson durant laquelle notre Tonton préféré vient faire s'abriter une pépée sous son parapluie. Ils font un bout de chemin ensemble avant de se quitter définitivement. La chanson est si parfaitement écrite que l'on vit cette randonnée humide avec Georges. On a l'impression d'être sous le parapluie. Entre lui et la gonzesse. Tout comme on a l'impression de voir s'éloigner cette dernière. Sa silouhette s'amenuisant peu à peu jusqu'à disparaître. Les derniers vers de la chanson : Il a fallu qu'elle me quitte, après m'avoir dit grand merci, et je l'ai vue toute petite, partir gaiement vers mon oubli... ont quelque chose qui relève du véritable crève-coeur. Une pure merveille.

Le Petit Cheval : Ici, Brassens ne s'est occupé que de la composition. Le texte est de Paul Fort. Tout comme Ferré ou Ferrat, Brassens aimait beaucoup mettre des poèmes en musique. Et, pour dire ce que cette chanson fait ressentir, je n'irai pas par quatre chemins : un putain de sentiment de déchirement. Je peux vous garantir que si vous êtes sensible, ne serait-ce qu'un peu, vous lâchez une larme sur cette chanson. Encore une fois, c'est immense.

Le Fossoyeur : Voici la chanson qu'à titre personnel, j'ai mis le plus de temps à aimer. J'étais un peu réfractaire à son rythme lent et au chant de Brassens. Aujourd'hui et ce n'est plus le cas. Et, aimer cette chanson revient précisément à aimer une pure merveille. Les premiers vers donnent le ton : dieu sait que je n'ai pas le fond méchant, je ne souhaite jamais la mort des gens, mais si l'on ne mourrait plus, je crèverais de faim sur mon talus... Pas plus de commentaires pour ma part. C'est plombant à souhait, mais quand même magnifique.

Le Gorille : Attention les mecs. Là, et c'est sans exagérer, on monte au firmament. La face B s'ouvre sur l'un des plus grands classiques de Brassens. Alors, effectivement, le texte parle bien d'un gorille qui se barre de sa cage pour aller se dépuceler. C'est d'ailleurs tout ce que l'on retient lorsque l'on écoute la chanson pour la première fois. Elle est encore tellement diffusée que l'on tombe dessus alors qu'on est juste gosse. Mais, sous des paroles parfois coquines, se cache en réalité un message anti-peine de mort. Qui selon moi ce symbolise par les derniers vers du dernier couplet : Car le juge au moment suprême, criait Maman pleurait beaucoup, comme l'homme auquel le jour même, il avait fait trancher le cou. Chanson mythique. Et pas que de Tonton Georges.

Corne D'Aurochs : La genèse de cette chanson remonte à la jeunesse de Brassens qui, alors sorti du camp de Basdorf avait entrepris de monter un parti dit "parti préhistorique" avec deux potes à lui. Parmi ces deux potes, un a été surnommé successivement "corne de roc" puis "Corne d'auroch", mais le parti ne vit jamais le jour, le pote en question s'étant dégonflé. Brassens l'a eu mauvaise et a donc écrit et composé cette chanson en représailles, pourrait-on dire. Et, tout ce que l'on peut dire, c'est que c'est génial et que c'est un nouveau classique de Monsieur Moustache.

La Chasse Aux Papillons : Une chanson à deux niveaux de lecture différents. Je m'explique : quand on l'apprend à l'école primaire, ce qui fut mon cas, on prend cette histoire pour argent comptant. On croit à l'histoire de ce petit gars et de cette petite nana qui vont chasser les papillons. On les imagine même bien s'emmerder à essayer de les choper avec le filet à papillons. Mais, plus tard, lorsque l'on est en âge d'être mature sexuellement, on comprend bien que la chasse aux papillons n'est que le prétexte à une partie de jambes en l'air et d'après les vers : Et ce fut le plus charmant des remue-ménage qu'on ait vu de mémoire de papillon, ça a baisé sacrément sec. Et ce ne sera pas une première et dernière fois. Un classique de plus. L'album en contient beaucoup n'est-ce pas ?

Hécatombe : On termine avec une chanson ENORMISSIME ! Et je pèse mes mots ! Nom de dieu, cette Hécatombe est à la fois délirante, irrévérencieuse et dévastatrice. On notera également que c'est la seule chanson de l'oeuvre de Tonton Georges à contenir le mot anarchie. Brassens, de sa mansarde comme il le dit, observe une baston générale qui a lieu au marché de Brive. Et se régale de regarder la flicaille en prendre plein la gueule. Moi, je dis que ce n'est pas le fruit d'une imagination débordante. Je maintiens que Brassens a bel et bien vu ça. Exceptée la plus grasses de ces femelles, comme il le dit, qui envoie des gros coups de nichons à ceux qui passent près d'elle. La chanson est tellement géniale, a tellement traversé le temps que le marché de Brive porte le nom de Georges Brassens. Je le sais. Etant auvergnat, je me suis rendu plus d'une fois à Brive. Bref. L'album se termine donc sur cette chanson légendaire et qui fait partie de mes préférées de Tonton.

Vous l'avez compris, cette première galette studio de Brassens, aujourd'hui appelée La Mauvaise Réputation est un pur régal de chanson française qui saura ravir même ceux qui n'aiment pas le moustachu de Sète. Il est indispensable de posséder ce disque. Indispensable. Bien que Clash ait posté un article sur la discographie de Brassens et abordé un de ses albums (Fernande, lequel aura droit à un track-by-track, fait par mes soins), j'aborderai tous les albums de Tonton Georges (en track-by-track ou en chronique simple), excepté le dernier. 

 

Face A

La Mauvaise Réputation

Le Parapluie

Le Petit Cheval

Le Fossoyeur

 

Face B

Le Gorille

Corne D'Aurochs

La Chasse Aux Papillons

Hécatombe