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Dans cette nouvelle chronique, je vais vous parler d'un groupe important de la scène rock française des années 80 et 90 : Les Rita Mitsouko. Au départ, ce duo complètement barré s'appelait Rita Mitsouko, mais ils en ont changé le nom car ils en avaient plein le cul que les journalistes leur demande à chaque coup si Rita Mitsouko n'était pas le nom de scène de Catherine Ringer. Le duo est composé de Fred Chichin. Un putain de guitariste de malade de la mort qui tue. Et pour moi, le plus grand guitariste français, devant Boissezon. Louis Bertignac pourtant unanimement reconnu comme tel vient bien après. Bref. On a aussi Catherine Ringer donc. Elle qui, avant de faire de la chanson avait fait du porno. Ce qui lui avait valu de se faire traîter de pute par un Gainsbourg complètement pété sur un plateau télé. Mais la Catherine ne s'était pas laissée démonter. Bon, je vais le dire d'emblée : les Rita c'est pas, mais alors, pas du tout ma came. Je n'irais pas jusqu'à dire que leur musique me laisse aussi froid qu'un Xtrême vanille conservé dans un congélo en Sibérie en plein hiver, mais pas loin. La plupart de leurs grands succès ne me font pas triquer. Même si j'avoue avoir un faible pour Marcia Baïla (présente sur le disque que je vais aborder) et Les Histoires D'A. Ainsi qu'un faible, mais plus léger pour Andy, malgré ses claviers à la con. Le riff de guitare de Chichin y est juste énorme. Bon, assez causé. On va se pencher un peu sur cette première galette studio Rita Mitsoukoienne. Avant de commencer, je précise que l'album est sorti en 1984 en vinyle en offrant 9 chansons. En 1991, une version CD sortira avec inclus dedans des chansons sorti en 45 ou maxi 45T en 1982. Moi, je vais m'occuper uniquement de la version vinyle. 

 

L'album s'ouvre sur une chanson au rythme effréné. Elle s'appelle Restez Avec Moi. Catherine demande à un homme qui l'a honorée de rester près d'elle un peu plus longtemps. Parce qu'elle est si bien à ses côtés. C'est beau, c'est grand, c'est magnifique, comme le chantait notre Tonton Georges qui nous manque bien à tous. Mais sinon, elle vaut quoi la chanson ? Allez, on va dire qu'elle est sympa. Mais bon, il n'y a pas de quoi interrompre une bonne partie de baise pour l'écouter. Pas grandiose donc. La deuxième chanson, et heureuse est, quant à elle d'un bien meilleur niveau. Elle a pour titre Jalousie. Attention, si vous ne jurez que par le beau vocabulaire et que vous vous exprimez uniquement en usant des mots du 19ème siècle et que vous faites le ménage avec un plumeau en travers du rond alors, fuyez vite. Parce que là, c'est du cru de chez cru. A ta merci, tu voudrais voir, cette pute, cette femme, cette salope. Celle-là, un des ces jours, je l'enculerai. Et autres joyeusetés. Je n'éxagère rien. Ça fait partie des paroles. La chanson en elle-même, si elle n'est pas majeure est quand même efficace comme un bon coup de savate dans les valseuses. Texte cru. Ringer chante avec ses tripes. La guitare de Chichin est saignante. Et sa basse est lourde. Une bonne chanson, il faut le dire. Malgré un solo de clavier qui balance un son un peu nanar. Cette pemière galette des Rita, franchement, elle n'a rien d'exceptionnel. Et pourtant, elle contient une vraie tuerie. Un vrai sommet : Le Futur n°4 qui, malgré son titre en français est intégralement interprété en anglais. Musicalement, c'est un panard total. Entre la caisse claire qui se fait marteler la gueule tout du long, la basse de Chichin qui résonne bien, le riff de sa guitare qui donne un rythme funky et les quelques coups de flûte provenant très certainement de claviers, on est servi. Et Ringer y chante très bien. Bref. 3'35 de bonheur pur pour cette chanson. Après cette bombe, arrive le morceau fleuve de l'album : La Fille Venue Du Froid... 7 putains de minutes et 9 putains de secondes. Mais, en dehors de ces putains, elle vaut quoi la chanson ? Son ambiance synth-pop bien typique des 80's a quelque chose d'hypnotique, c'est vrai, mais elle est trop longue. Et donc chiante. De plus, la voix de Ringer est ici assez irritante. Il y a pire sur l'album, faut pas déconner. Mais bon, il n'y a pas de quoi se relever la nuit non plus. Enfin (ou pas) ! C'est une belle petite merde qui nous est proposée ensuite : Yaktagan. Je ne vais pas me casser le bol à parler de la chanson, elle n'en vaut pas la peine. Je dirais seulement qu'elle est insupportable et qu'il faut avoir sacrément du coeur pour l'écouter en intégralité. Pour moi, le verdict est sans appel : une belle merde de chien déshydraté en train de crever sous 45 degrès en plein dans le désert australien ! Après pareille horreur, toute chanson qui suit paraît de bien meilleure. Et franchement, après le traumatisme Yaktagan, In My Tea paraît bonne. Mais bon, ce n'est qu'une impression. La chanson commence bien, mais finit par trouver rapidement ses limites. On pourra toujours me dire que c'est du Rita donc que c'est fantasque, d'accord, mais ça ne fait pas tout. Pas une chiure, mais pas loin. Vraiment pas loin. Ouf, enfin on retrouve quand même de la qualité avec la huitième chanson et premier gros succès du duo : Marcia Baïla. Je ne dirai pas de quoi la chanson parle, depuis 35 ans que l'on entend cette chanson, on le sait. A moins d'avoir hiberné pendant 35 ans dans un monastère dans le trou du cul du monde en Afrique Noire. Cette chanson là, comme je l'ai dit au début, j'ai un faible pour elle. Notamment à cause de sa ligne de basse. Mais bon, c'est pas la chanson que j'écoute tous les jours. C'est sympa de temps à autres. Arrive maintenant un nouveau ratage : Oum Khalsoum. Les paroles de la chanson n'ont strictement aucun rapport avec la grande chanteuse égyptienne. Pourtant, elle commence bien cette chanson avec cette intro distillant des notes un peu exotiques. Mais, elle s'enlise très rapidement. Les couplets, tout comme la voix de Ringer sont franchement durs à supporter. Il n'y a que les petits breaks (J'ai sans trop d'histoires, un grand espoir) et l'intro qui sont réussis. A la poubelle, selon moi. Allez, place à la dernière chanson. Et, le moins que l'on puisse dire, c'est que c'est une belle grosse merdasse qui conclue cet album. Tout comme Yaktagan, Amnésie est insupportable et pareil, il faut beaucoup de coeur ou être un inconditionnel des Rita pour en encaisser l'écoute intégrale. Pardonnez-moi, mais je n'ai pas la force de m'étendre davantage à son sujet.

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Voilà pour ce premier album des Rita Mitsouko. Et, comme vous avez pu le lire, on est loin du top niveau. Et je ne crois pas que le fait d'être pas fan des Rita (même si j'ai eu grave les boules en apprenant la mort de Chichin) ait influencé mon jugement. Donc, si je peux vous donner un conseil, c'est de ne pas dépenser votre pognon pour l'acheter. Un simple emprunt dans une médiathèque est amplement suffisant. Par la suite, j'aborderai un autre album des Rita : Système D et datant de 1993. 

 

Face A

Restez Avec Moi

Jalousie

Le Futur n°4

La Fille Venue Du Froid

 

Face B

Yaktagan

In My Tea

Marcia Baïla

Oum Khalsoum

Amnésie