DH1

Après avoir considérablement réhabilité The Long Run des Eagles il y à quelques jours (car 10 ans plus tôt, j'avais démantibulé l'album), place à un album solo d'un des membres de ce fameux groupe : Don Henley, leur chanteur principal (enfin, celui de la majeure partie de leurs hits) et batteur. C'est pas courant, d'ailleurs, les batteurs qui, en plus, chantent. On a lui, on a Phil Collins, Ringo Starr, quelques autres que j'oublie ou que je connais pas, mais c'est quand même moins fréquent que les chanteurs/guitaristes, vous en conviendrez. Henley a lancé sa carrière solo au début des années 80 (1982 précisément). C'est de son, attendez que je compte, troisième album solo que je veux parler ici : The End Of The Innocence, sorti en 1989, une très bonne année qui a vu bon nombre de valeurs sûres revenir en force (ou en tout cas, en bon état) après une décennie de disette (exemples ? Rolling Stones, McCartney, Bowie via Tin Machine, Clapton, Bob Dylan, Neil Young). Pour Henley, on ne peut pas dire la même chose. Son premier opus solo, I Can't Stand Still, est pas mal du tout, et son second, Building The Perfect Beast (1984) est encore meilleur. C'est avec ce troisième opus qu'il va atteindre une sorte de plateau. Il ne refera un disque solo qu'en 2000, puis en 2015. Il ne bosse pas très rapidement, même si, entre le troisième et le quatrième opus, et entre le quatrième et le cinquième, il y à eu deux retours rapides des Eagles pour l'occuper !

DH2

D'ailleurs, c'est grâce au premier de ces retours des Eagles, le live essentiellement acoustique (avec aussi 4 inédits studio) Hell Freezes Over de 1994 qui marquait le retour avec 14 ans de froid entre les membres du groupe, que j'ai découvert l'existence de The End Of The Innocence. Pourquoi ? Parce qu'un des morceaux joués sur le live, New York Minute, est un morceau solo de Henley issu de cet album de 1989, voilà pourquoi. Ca fait des années que je connais ce live de 1994. Ne connaissant pas cette chanson, pensant à l'époque qu'il s'agissait soit d'un cinquième inédit (mais joué live, celui-là) ou bien d'une obscure face B d'un single des Eagles, j'ai fouillé, et découvert donc qu'il s'agissait d'un morceau de Henley solo. Et pas d'une merde, hein, en plus. New York Minute est un régal pop, une pure merveille, et en commandant The End Of The Innocence (dont j'ai pu, avant de le commander, pour pas cher en plus, lire de très bonnes choses sur le Ouèbe), je me suis pris à espérer que l'album complet serait au moins de la qualité de cette chanson. Après deux ans de possession de ce disque et plusieurs dizaines d'écoutes, je le certifie : ce n'est pas le cas (ah ah). Mais c'est malgré tout un excellent album, un de ceux que je réécoute avec le plus de plaisir parmi ceux qui, selon moi, entrent dans la catégorie des réussites méconnues ou tout simplement inconnues. Dans cette même catégorie, le Liverpool de FGTH abordé récemment, celui de The Call qui m'a permis de relancer le blog il y à quelques jours, et un de Lindsey Buckingham que j'aborde dans quelques jours. Mais aussi bien d'autres albums.

DH3

Long d'une bonne cinquantaine de minutes (durée idéale pour un album en CD, selon moi, ni trop long, ni trop court), cet album offre une paire de chansons un peu moyennes, il est vrai : Little Tin God est facilement énervante, et If Dirt Were Dollars ne vole pas très haut. Mais le reste, dans la catégorie pop-rock, est excellent. Produit par Henley et Danny 'Kooch' Kortchmar (Toto, Jackson Browne...), l'album offre une chanson bien rock (Gimme What You Got, au riff certes simpliste, mais efficace), un titre sur lequel Axl Rose des Guns'n'Roses pose des voix de choeur (I Will Not Go Quietly), Henley et le groupe partageant le même label (Geffen Records), des ballades/complaintes très zolies (The End Of The Innocence, The Heart Of The Matter, New York Minute)...Un spécialiste l'affirmera probablement un jour, dans 1, 10 ou 150 ans : rien, ici, n'est effectivement de nature à propulser The End Of The Innocence (très belle pochette, bien classe et dans l'air de son temps) dans le firmament des albums rock, il n'est pas du niveau de Exile On Main St. ou de Physical Graffiti bien évidemment. C'est cependant le meilleur album solo de Don Henley, lequel n'est pas un artiste négligeable (les Eagles, je le rappelle), et si vous aimez les sonorités pop-rock californiennes, cet album vous plaira, vous comblera peut-être, même. Beaucoup de chansons, ici, auraient eu leur place sur un disque des Eagles, elles en ont le niveau. Notons évidemment qu'aucun membre des Eagles ne joue ici, ça aurait été trop facile. Mais que, parmi les musiciens (qui diffèrent d'un titre à l'autre), on peut citer Jim Keltner, Sheryl Crow, David Paich et Jeff Porcaro (tous deux de Toto), Danny Kortchmar évidemment, et Axl Rose, donc, en guest. Pas mal, quoi. Je conseille. 

FACE A

The End Of The Innocence

How Bad Do You Want It ?

I Will Not Go Quietly

The Last Worthless Evening

New York Minute

FACE B

Shangri-La

Little Tin God

Gimme What You Got

If Dirt Were Dollars

The Heart Of The Matter