F1

Deuxième et déjà dernière chronique concernant Frankie Goes To Hollywood. Bah oui, c'est quand même pas de ma faute si ces mecs n'ont enregistré que deux albums avant de méchamment splitter. Le groupe de Holly Johnson (chant), Peter Rutherford (choeurs, danse, mais aucun instrument), Brian Nash (guitare), Mark O'Toole (basse) et Peter Gill (batterie), je n'avais par ailleurs cité aucun des musikos dans ma précédente chronique, avait sorti son premier album en 1984 : le double (en vinyle, mais pas en CD : il dure 64 minutes) Welcome To The Pleasuredome. Un disque excellent mais pas totalement maîtrisé, un peu beaucoup très bordélique, cerné par une production (signée Trevor Horn) très chargée, et sur lequel les membres musiciens du groupe ne jouent quasiment pas, bien que crédités. L'album, que j'aime beaucoup, est un des plus mythiques de l'époque, et il offre une ribambelle de hits, dont le sublime The Power Of Love dont je ne me lasserai jamais. Le succès est total. Totalement frappadingue avec ses deux chanteurs gays qui usent et abusent de l'imagerie gay/SM dans leurs clips et concerts, FGTH va cependant connaître une fulgurante et radicale descente d'acide avec leur deuxième album, qui sortira en 1986 sur le label de Trevor Horn, ZTT Records (ce fut aussi le cas du premier album), et qui va, de par ses ventes admirablement pourries et diverses tensions avec le label, occasionner la séparation du groupe après la tournée.

F2

Ce deuxième album s'appelle Liverpool (sans doute parce que le chanteur du groupe est liverpuldien, le groupe entier l'est, en fait, comme bien avant eux les Beatles), il est aujourd'hui franchement oublié, fut totalement rejeté, et je dois dire qu'il s'agit du meilleur album du groupe, de très loin. Plus sobre, en durée, que le précédent opus, il n'offre que 8 titres (deux fois moins que l'autre !) pour 44 minutes bien tassées. Trois morceaux sortiront en singles, aucun ne sera un succès à la Relax, mais Rage Hard, le premier single, marchera plutôt bien (les deux autres, Warriors Of The Wasteland et Watching The Wildlife, nettement moins). Toujours produits par Horn (mais essentiellement par Stephen Lipson, Horn n'est que producteur exécutif), qui est cependant bien plus sobre que sur Welcome To The Pleasuredome (on oublie les nombreux effets sonores qui parsemaient et parfois embouteillaient l'album de 1984), les FGTH livrent ici un disque curieux, tentative étonnante de croisement entre new-wave et rock assez dur. Sous une pochette designée par Anton Corbijn (c'est en tout cas lui qui a pris les photos) qui, elle aussi, est d'un curieux total. A bien y réfléchir, on peut se demander comment le groupe pouvait espérer cartonner avec une pochette pareille, mais c'est leur problème. Surtout que, musicalement, Liverpool est une réussite quasi totale. Comment ne pas penser à Is Anybody Out There ? qui achève magnifiquement l'album (une ballade/complainte très efficace sur laquelle Holly Johnson chante à merveille) ? A Warriors Of The Wasteland et Rage Hard, qui offrent un doublé d'introduction assez percutant ? 

F3

L'album sera réédité en CD, en 2011 (il y à eu d'autres éditions CD avant ça, ceci dit) dans une version collector double CD avec moult bonus-tracks, aussi bien sur le disque de l'album que sur un CD séparé. Parmi eux, des reprises, parfois efficaces et parfois embarrassantes, mais toujours courageuses, de morceaux tels que Suffragette City (Bowie), Roadhouse Blues (Doors) et (I Can't Get No) Satisfaction (Rolling Stones). Et des versions alternatives des titres de l'album, des inédits. Rien en live, cependant, dommage. Cette réédition collector est sous un visuel différent, celui situé juste au-dessus de ce paragraphe. Rien, dans les morceaux inédits, n'est aussi génial que les 8 titres de l'album original, mais le fait que ZTT Records ait sorti cet objet prouve bien que Liverpool a été considérablement réhabilité depuis 1986. Enfin, réhabilité est peut-être un grand mot, mais disons que l'album n'a pas eu de chance du tout à sa sortie, et que s'il devait sortir maintenant, il serait un peu mieux accueilli qu'en 1986. Rien, absolument rien, n'est à jeter sur ce disque méconnu et à (re)découvrir !

FACE A

Warriors Of The Wasteland

Rage Hard

Kill The Pain

Maximum Joy

FACE B

Watching The Wildlife

Lunar Bay

For Heaven's Sake

Is Anybody Out There ?