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Dès que j'ai su (comme tout le monde, via Internet et la TV) que Paul McCartney allait sortir un nouvel album (de chansons inédites, de plus) en septembre, j'ai immédiatement scruté le Web pour voir quand le disque serait disponible à la précommande. Le lendemain du jour de l'annonce (ou même le jour de l'annonce directement, je ne sais plus, ça remonte à trois mois), j'ai précommandé ce disque en vinyle (double disque) et CD, carrément. Et j'ai scrupuleusement évité d'écouter le moindre extrait (deux chansons furent rapidement proposées en teasers) de cet album, baptisé Egypt Station, comprenant au final 16 titres (dont deux instrumentaux) pour 57 minutes, et que j'aborde donc, deux jours après sa sortie officielle et le jour où je l'ai réceptionné chez moi en rentrant du boulot (soit le 7 septembre). L'album s'appelle donc Egypt Station, titre qui vient de deux tableaux peints par Paulo lui-même, et l'artwork, très chamarré, s'en inspire aussi, selon les crédits de la pochette. Enregistré avec la plupart de ses musiciens habituels (Abraham Laboriel Jr à la batterie, Brian Ray à la guitare, Paul 'Wix' Wickens aux claviers...) mais avec un Macca crédité à tous les instruments par ailleurs (on comprend évidemment qu'il tient la basse sur tous les titres, et que sur d'autres, il doit aussi tenir soit la guitare, soit la batterie, etc, mais il n'y à pas de précision morceau par morceau), l'album est coproduit par Macca et Greg Kurstin, à l'exception d'un titre, Fuh You, produit par Ryan Tedder (par ailleurs co-auteur du morceau, le seul de l'album à ne pas être signé Paul seul) et Zach Skelton. Au passage, le titre de ce morceau ne signifie pas 'fuck you' en version censurée, mais 'for you', bande de mauvaises langues.

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Pochette du single promotionnel

Au passage (le retour), Kurstin, Tedder et Skelton sont crédités, sans précision de qui joue quoi, en musiciens sur l'album. Album qui a été enregistré en partie à Abbey Road, mais aussi dans divers autres studios situés en Angleterre (Londres, Sussex) mais aussi à Los Angeles. L'album est sorti sur le label Capitol Records, une première pour Macca depuis 2005 (à partir de 2007, ses albums sortiront sur le label Ear Music, appartenant à la firme de coffee-shops Starbucks). Je n'ai pas encore parlé du contenu musical de l'album, je vais donc m'y mettre maintenant, et je ne surprendrai personne en clamant que cet album est une splendeur. Egypt Station est un album généreux (presque une heure, 16 titres, enfin 14 en réalité, car les deux instrumentaux, un en ouverture et un en avant-dernière position, sont extrêmement courts) et varié, on passe d'une ballade acoustique à de la pure pop-rock (Come On To Me, Happy With You), voire même à du rock bien calibré (Caesar Rock). Le talent (le génie ?) musical de Paul McCartney est toujours là, inchangé, intangible, et sa voix accuse certes un peu son âge (rappelons que le bonhomme a 76 ans) mais c'est le cas depuis une treizaine d'années, depuis Chaos And Creation In The Backyard en 2005 premier album sur lequel Macca sonnait comme l'homme qu'il était alors (la production nickelée et sobre de Nigel Godrich y était pour beaucoup), et pas comme un éternel jeune homme essayant de tromper sur son âge.

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Egypt Station, magnifiquement interprété et produit, est rempli de chansons sublimes qui, au fil des écoutes, s'apprécieront de plus en plus ; en fait, cet album est exactement comme New (2013), le précédent album de Paulo. On l'écoute avec énormément de plaisir, on trouvera peut-être deux-trois chansons un peu secondaires au premier abord, mais elles finiront bien par être autant appréciées que le reste par la suite. Un petit régal pop-rock bien calibré, pas un disque aussi immense que Band On The Run, Ram ou Chaos And Creation In The Backyard quand même mais vraiment une remarquable livraison qui prouve encore, si c'était utile de le faire, que Paulo est toujours là, bien présent, en forme, capable de merveilles. On notera, pour finir, la pochette, dépliante en CD comme en vinyle, en accordéon. Amusant, mais le seul reproche à faire, notamment pour le vinyle : à force de manipulations, des risques d'usure sont à prévoir. Mais l'objet est joli comme l'est son contenu, contrairement à New, qui était un excellentissime album, mais dont l'artwork était des plus minimalistes et moches. Ici, on a probablement la plus belle pochette d'album de Macca depuis 2005, enfin, à mes yeux !

FACE A

Opening Station

I Don't Know

Come On To Me

Happy With You

FACE B

Who Cares

Fuh You

Confidante

People Want Peace

Hand In Hand

FACE C

Dominoes

Back In Brazil

Do It Now

Caesar Rock

FACE D

Despite Repeated Warnings

Station II

Hunt You Down/Naked/C-Link