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Quoi de mieux, pour finir le cycle Doors, que d'aborder ce disque, qui manquait cruellement au blog ? C'est, il faut le dire, un album à part. Si vous ne le connaissez pas encore, sachez qu'il vaut mieux être un vrai fan des Doors, et ne pas cracher sur le spoken-word, pour l'apprécier. Sorti en 1978, An American Prayer n'est pas un disque de rock, malgré que je le classe, par défauts (je n'allais pas le mettre dans la musique contemporaine, et je n'allais pas créer une catégorie rien que pour lui), dans cette catégorie. C'est un disque à la fois crédité aux Doors et à Jim Morrison seul, sorti en hommage à Jim sept ans (pas jour pour jour : il est mort en juillet 1971, le disque est sorti en novembre 1978) après sa mort parisienne (et mort tout court, d'ailleurs). Ce disque offre 19 titres (répartis en 5 suites, mais c'est découpé en 19 plages audio sur le CD) pour un total de 38 minutes. Les parties vocales de Morrison, enregistrées en 1969 et 1970, sont des déclamations poétiques (ses propres poèmes). Par dessus, le groupe a enregistré, en 1978, l'accompagnement musical. Le tout est produit par les trois Doors assistés de John Haeny et Frank Lisciandro et est sorti sur le label qui avait signé le groupe, Elektra Records. 

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On le sait depuis les débuts du groupe : Jim Morrison est un intellectuel, amateur de poésie et de littérature, fan probable de Rimbaud, Baudelaire et T.S. Eliot, ainsi que des écrivains de la Beat Generation (Ginsberg, Kerouac, Burroughs). Comme le sera Patti Smith quelques années plus tard. Jimbo aimait mettre un peu de sa poésie sur les albums du groupe : Horse Latitudes sur Strange Days, Peace Frog sur Morrison Hotel, qui est basé sur un des segments présents sur An American Prayer, ou bien The W.A.S.P. (Texas Radio & The Big Beat) sur L.A. Woman, qui était joué live bien avant la version studio... Commercialisé avec un livret proposant les textes et diverses photos et illustrations, An American Prayer, qui s'ouvre sur un extrait de concert (Morrison disant The Ceremony is about to begin avant de hurler un Wake up ! faisant sursauter), propose donc cinq poèmes, ou cinq parties d'une longue suite portant le nom de l'album (la dernière partie porte aussi ce nom). Ghost Song, qui ouvre quasiment le bal, est un régal qui résume très bien l'ensemble de An American Prayer, disque soit adoré, soit honni, il faut reconnaître que c'est très particulier. L'accompagnement musical est sublime, génial, du pur Doors (Krieger nous offre de belles parties de guitare, Manzarek fait de même avec ses claviers, dont son piano basse), et le mix entre l'accompagnement, enregistré en 1978, et les voix, plus anciennes, est total. On a l'impression que tout a été enregistré tel quel en 1969/1970, pas avec 7 ou 9 ans d'écart et la Mort pour séparer le chanteur de ses potes !

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Dawn's Highway offre ce passage sur l'Indien ensanglanté avachi sur l'autoroute à l'aube, que l'on entendait dans Peace Frog, et qui s'inspirerait d'un fait réel vu par un Jim enfant. Roadhouse Blues est...le fameux morceau, enregistré live. Car An American Prayer, qui est difficile à chroniquer et je m'en rends bien compte maintenant que je rattrape ce retard (ça fait des années que je voulais le faire sur le blog, mais je repoussais toujours l'échéance, il a fallu ce cycle pour me décider), offre en majeure partie des déclamations, mais aussi un extrait live, issu de deux prestations (Cobo Hall de Detroit, Felt Forum de New York, tous deux en 1970), ce Roadhouse Blues efficace, presque autant que la version studio. Et on a aussi des extraits sonores de HWY : An Americal Pastoral, film tourné par Morrison en 1969, jamais vraiment sorti (vous voulez en voir des extraits : regardez notamment le film documentaire When You're Strange de Tom DiCillo, qui est remarquable bien qu'un peu court, ou allez sur le Net), et qui est assez expérimental (avec Morrison dans le rôle d'un autostoppeur). Au final, je ne sais vraiment, vous vous en rendez compte, pas trop quoi dire sur ce disque, mis à part que je l'adore. Oui, vraiment. Mais c'est un album assez polémique, il y à les adorateurs et les détracteurs, qui trouvent, eux, que c'est un pensum interminable (mais cependant pas très long, je trouve : moins de 40 minutes qui passent très vite) et chiant, de la poésie après tout, et la poésie, on aime ou on déteste. An American Prayer, qui montre la face 'cachée' de Morrison, ne laisse absolument pas indifférent, on le voit. Ce disque de poésie morrisonienne reste, dans son genre, unique : jamais plus les Doors ne retenteront l'expérience d'un album de ce genre. On peut le regretter ou s'en féliciter.

FACE A

Awake : 

a) Awake

b) Ghost Song

c) Dawn's Highway

d) Newborn Awakening

To Come Of Age : 

a) To Come Of Age

b) Black Polished Chrome

c) Latino Chrome

d) Angels And Sailors

e) Stoned Immaculate

The Poets Dreams : 

a) The Movie

b) Curses, Invocations

FACE B

World On Fire : 

a) American Night

b) Roadhouse Blues

c) Lament

d) The Hitchhiker

An American Prayer : 

a) An American Prayer

b) Hour For Magic

c) Freedom Exists

d) A Feast Of Friends