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Bon... Pour cette avant-dernière chronique du cycle McCartney (en attendant la sortie de son nouvel album le 7 septembre prochain, que ça va être long, cette attente !), place à un album de lui que je n'avais pas encore abordé...et franchement, je ne voyais pas trop pourquoi je l'aurais fait, mis à part le fait que c'est un album de Paul McCartney et qu'il aurait complété la discographie sur le blog. Autant le dire, je ne pense pas que cet article sera aussi long que les autres du cycle, car je ne vois pas vraiment comment je pourrais broder pendant quatre ou cinq paragraphes à son sujet. Ce disque est sorti en février 2012, et s'appelle Kisses On The Bottom. Sa pochette, on le voit, est sobre et blanche, une photo de Macca, en noir & blanc, bien fringué mais sans cravate, un énorme bouquet de fleurs en main, photo dans un cadre blanc. Un autre cadre blanc, plus petit et totalement vide, est plus bas sur la pochette et le titre de l'album et le nom de l'artiste (en rouge pour le titre) y sont à moitié en surimpression. En fait, le cadre bouffe un tout petit peu des inscriptions. Ce design est utilisé pour le verso de pochette et le livret interne. Cet album offre titres dont deux sont des morceaux inédits signés Macca. Le reste ? Des reprises. Pas de vieux standards de rock'n'roll comme Macca l'avait fait à deux reprises en 1988 et 1999. Non, Kisses On The Bottom est un album de reprises de chansons de jazz et du "Great American Songbook". C'est à dire, des standards de l'antique pop américaine, les vieilleries dans lesquelles Bob Dylan a récemment pioché, à trois reprises (Shadows In The Night, Fallen Angels et le triple Triplicate), pour ne citer que lui. 

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Fan de ce genre de chansons, Macca en a donc écrit deux, en hommage à sa nouvelle épouse Nancy Shevell : My Valentine et Only Our Hearts. Deux chansons qui, évidemment, sont exactement du genre de celles qu'il reprend sur l'album, et sonnent donc comme de vieux standards. Pour enregistrer cet album (qui fut fait aux Capitol Studios de Los Angeles, mais aussi un peu à Londres et New York, entre mars 2010 pour les studio Capitol et courant 2011 pour les deux autres localisations), Macca s'est entouré de quelques musiciens talentueux au possible : Stevie Wonder st à l'harmonica sur Only Our Hearts, Eric Clapton à la guitare sur deux titres (dont My Valentine), Diana Krall (une fameuse musicienne et chanteuse de jazz, et épouse d'Elvis Costello) est aux arrangements et au piano sur l'ensemble de l'album, sauf Only Our Hearts)... Les autres sont moins connus, voire pas vraiment connus (les contrebassistes John Clayton et Robert Hurst, le batteur Karriem Riggins). On notera que Macca joe un peu de guitare sèche, mais sinon, ne fait que chanter (et siffler sur un titre !). Produit par Tommy LiPuma, Kisses On The Bottom n'est pas un disque de rock, ni de pop. Il n'est pas comparable avec l'oeuvre habituelle de Macca, mais on pourrait sans problème le rapprocher (et les deux albums partagent une chanson en commun, Bye Bye Blackbird) du premier album solo de Ringo Starr, Sentimental Journey de 1970. 

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Il s'agit à chaque fois de vieilleries remises au goût du jour (et encore : les arrangements sont, sur le Ringo, volontairement antiques, et sur le Macca, jazzy et rétro). Kisses On The Bottom plaira aux amateurs de ce genre de musique. Pendant quasiment 50 minutes qui personnellement m'ont semblées aussi interminables que deux minutes de chanson de Vianney (c'est pour vous dire à quel point je hais la musique de Vianney), on a des chansons  telles que My Very Good Friend The Milkman, I'm Gonna Sit Right Down And Write Myself A Letter, Ac-Cent-Tchu-Ate The Positive, The Inch Worm ou Bye Bye Blackbird, donc. Des chansons dont la durée ne dépasse généralement pas les 3,30 minutes. Des chansons vieillottes, un peu poussiéreuses même si elles font partie de la mémoire collective américaine. Et anglophone en général. L'équivalent de nos chansons de Piaf. Mais bon Dieu que c'est chiant ! Enfin, c'est mon avis, car vous l'aurez peut-être remarqué, j'ai classé ce disque dans les ratages. Plutôt les coups de gueule, en fait. Que Macca ait fait un disque de la sorte, OK, il a le droit, il peut sortir un album de chansons enfantines sur fond de black metal s'il le veut, mais j'espère sincèrement que cet exercice de style sera son dernier dans ce genre. Qu'il ne fasse pas comme Dylan qui s'est aliéné une partie de ses fans (c'est bien simple : le dernier album que j'ai acheté de lui est Shadows In The Night, et s'il continue à faire des disques de ce genre, je n'achèterai plus jamais d'album studio de ce mec) avec sa trilogie récente (de 2015 à 2017), même si la presse a globalement adoré (et pareil pour Macca : Kisses On The Bottom, qui n'est pas forcément son disque le plus vendu et celui que ses fans écoutent le plus souvent, a été très très bien accueilli par la presse, qui aime généralement ce genre de disques ; j'imagine, s'il y en a eu une, la critique dans ce journal de bobos, Télérama, ils ont du bicher grave). Personnellement, j'ai du l'écouter en entier deux fois, et depuis, il prend la poussière, coincé entre le double live Good Evening New York City (2009) et son album studio suivant, qui est sorti en 2013 et que je réaborde, en clôture du cycle, demain, même heure. 

I'm Gonna Sit Right Down And Write Myself A Letter

Home (When Shadows Fall)

It's Only A Paper Moon

More I Cannot Wish You

The Glory Of Love

We Three (My Echo, Shadow And Me)

Ac-Cent-Tchu-Ate The Positive

My Valentine

Always

My Very Good Friend The Milkman

Bye Bye Blackbird

Get Yourself Another Fool

The Inch Worm

Only Our Hearts