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Regardez la pochette de l'album (le verso, visuel plus bas dans l'article, pas le recto sur lequel, j'espère que je ne vous apprend rien, ce n'est pas lui) : Ian Atsbury ne ressemble-t-il pas de plus en plus à Jim Morrison ? Vu qu'il jouera en live avec les Doors au début des années 2000 (au cours d'une tournée qui sera source de polémiques avec l'ancien batteur des Doors, qui leur contestera le droit d'utiliser, sans lui, le nom du groupe), ça tombe plutôt bien. Sinon, voici encore un album du Cult, et pour le moment, je pense que ça sera le dernier que j'aborderai sur le blog. Ca faisait longtemps que je voulais faire Love, Sonic Temple et Ceremony, c'est désormais chose faite (depuis le temps que je connais ces trois disques), mais je n'avais pas l'intention de faire, aussi, ce disque, pour la simple et bonne raison que je ne l'ai écouté pour la première fois que le mois dernier (oui, des fois, quand je suis en retard, je le suis vraiment : ce disque date en effet de 1994...). Voici donc un album que The Cult a sorti en 1994, il fait d'ailleurs suite à Ceremony et est leur sixième album studio. Il est sorti sous une charmante pochette montrant, sur fond blanc, un bélier noir à quatre cornes (photo non retouchée, c'est un mouton noir de la race Manx Loagthan) et il s'appelle The Cult, tout simplement, pourquoi faire compliqué quand on peut faire simple ? C'est un album généreux comme l'étaient les deux précédents : il dure 63 minutes, pour 12 titres, on a donc à peu près le même formatage que pour les deux précédents opus.

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The Cult a orienté sa musique vers un hard-rock couillu à partir d'Electric en 1987. Les deux disques qui suivront ont entériné cet état de fait. The Cult, lui, c'est sans doute la période qui le voulait (mais dans ce cas, c'est avec un certain retard), est par moments plus grunge que hard-rock. Je dis avec un certain retard, car le grunge, c'est de 1991 à 1994 grosso modo ; ce genre musical a continué encore pendant quelques années, mais pour résumer et faire un bon gros cliché qui schlingue, on peut dire que le grunge est mort avec Kurt Cobain, et Cobain est mort en 1994 (pour moi, en fait, le grunge est mort avec Layne Staley, chanteur d'Alice In Chains, mort en 2002, mais le groupe ayant réussi à lui survivre et devant sortir dans quelques semaines un nouvel album, je pense qu'on peut dire qu'en fait, le grunge survit toujours). Je sais que tout le monde s'en fout, mais quand le groupe de Ian Atsbury et Brian Duffy (guitare) a sorti ce disque sans vrai nom en 1994, c'était pour surfer sans doute sur une vague musicale qui commençait déjà à s'atténuer. Je ne sais pas trop ce que la presse en globalité, a pensé de cet album produit par Bob Rock (qui avait produit Sonic Temple, et à l'époque, était producteur de Metallica), mais le fait est que c'est un excellent opus, sans doute un de leurs meilleurs. Un des plus personnels, aussi, certaines chansons parlent de la drogue, de la mort d'un ancien membre du groupe (Nigel Preston, un de leurs batteurs), de l'abus sexuel dont fut victime, enfant, Ian Atsbury, et des années d'errance que le chanteur a passé dans les années 70.

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Si les précédents opus contenaient tous au moins deux hits (She Sells Sanctuary, Rain, Wild Flower, Lil' Devil, Fire Woman, Edie (Ciao Baby), Wild Hearted Son, Heart Of Soul), The Cult, lui, est plus discret sur la question. Enregistré à Vancouver, l'album, surnommé le Black Sheep album pour des raisons évidentes, offre de grands morceaux tout du long de son heure de durée : Gone, Real Grrrl, Joy, Sacred Life, Saints Are Down, Coming Down (Drug Tongue) ou bien encore Universal You (cosigné par Atsbury, Duffy et le bassiste Craig Adams, unique chanson de l'album signée à trois, le reste est de Atsbury et Duffy) sont des morceaux efficaces, super bien produits (le son, rempli parfois de distorsion et de feedback comme on en trouve dans les productions grunge, est à la fois sale et génial), très bien interprétés. Cet album ne fait pas partie des plus connus du groupe (je préfère ne même pas dire à quel point les quatre albums suivants, sortis entre 2000 et 2015, sont méconnus), The Cult commence à connaître une sérieuse baisse de popularité et ce sont les fans qui vont les faire (sur)vivre. Il faudra attendre 6 ans, après ce disque remarquable mais n'ayant pas été un grand best-seller, pour que le groupe refasse un album. Un assez bon album d'ailleurs (Beyond Good And Evil), mais pas aussi bon que ce The Cult éponyme de 1994 sur lequel on entend un groupe en forme, se sortant les doigts pour tout donner à une époque où ce genre de musique commençait un peu à s'étioler. Recommandé, pas forcément pour découvrir le groupe, mais si vous avez aimé ce qu'ils ont fait auparavant, cet album de 1994 est indispensable.  

 Gone

Coming Down (Drug Tongue)

Real Grrrl

Black Sun

Naturally High

Joy

Star

Sacred Life

Be Free

Universal You

Emperor's New Horse

Saints Are Down