TC7

Après un Electric très électrique (ah ah ah...) en 1987, qui voyait The Cult virer sa cuti et devenir un pur groupe de hard-rock, et après un Sonic Temple qui allait confirmer cette tendance en 1989 (sous production du grand spécialiste du son qui bourre Bob Rock), le groupe va connaître un coup du sort, et se retrouve, vraiment, réduit à sa portion congrue : le chanteur Ian Atsbury et le guitariste Brian Duffy sont les seuls membres du groupe à poser sur la photo du livret dépliant de l'album suivant, ce disque-ci, sorti en 1991 et baptisé Ceremony. S'ils sont les seuls à poser sur la photo, c'est parce qu'en 1991, The Cult, c'est eux, et seulement eux, les autres musiciens sur ce disque (Mickey Curry à la batterie, Charley Drayton à la basse, notamment ; mais aussi Benmont Tench de Tom Petty & The Heartbreakers, à l'orgue) sont des invités, même le producteur de l'album (Richie Zito) tient les claviers de temps à autre. The Cult a souvent eu droit à des soucis de personnel, le groupe n'avait pas de batteur vraiment définitif au moment de faire Love (1985), notamment (Sonic Temple aussi)...Mais là, ils ont fait fort. En même temps, Atsbury (qui fera son Jim Morrison d'opérette au début des années 2000 quand Krieger et Manzarek l'engageront comme chanteur pour leur reformation scénique des Doors) et Duffy sont les Mick et Keith du groupe, The Cult, ce sont eux, et vraiment eux, et personne d'autre. La voix du Cult, la guitare du Cult. 

TC8

Autrement dit, on a certes seulement un seul musicien ici qui a aussi joué sur les autres albums du Cult (pas exactement, en fait : le batteur, Mickey Curry, était batteur invité sur Sonic Temple), mais Ceremony sonne comme Sonic Temple, exactement pareil, et ça, rien que ça, ça augure de bien du plaisir auditif pour celui qui ne connaît pas encore cet album et hésiterait encore avant de le glisser dans sa chaîne hi-fi. Car sachez (je pourrais dire sachem, rapport à la pochette, mais ce jeu de mots bien pourri ne finira pas sur l'article, rassurez-vous donc) que cet album, cinquième opus studio du Cult (voire sixième en comptant l'EP de 1983 sorti alors que le groupe s'appelait encore Death Cult, et pas The Cult tout court), est une réussite de hard-rock qui bute, le temps de 63 minutes super bien produites. Sous une pochette minimaliste représentant un jeune garçon Native American maquillé et arborant une tenue rituelle (la famille de ce jeune garçon intentera un procès au groupe, car n'aurait apparemment pas demandé l'autorisation avant d'utiliser la photo). Déjà, la pochette de Sonic Temple montrait, en arrière-plan, Atsbury en tenue indienne, avec le grand couvre-chef de plumes et les colifichets, et sur celle d'Electric, il arborait un couvre-chef façon chapka, mais qui, il me semble (pas sûr qu'on les voit sur la pochette, mais en tout cas, il en portait un comme ça sur scène) arborait des cornes de bison. Bref, bien qu'Anglais pur beurre, Atsbury semble obsédé par les Indiens d'Amérique. Deux des chansons de Ceremony, et pas des moindres (Ceremony et Wild Hearted Son) démarrent par des sons de danses rituelles Native Americans. 

TC9

Des 11 titres de l'album, bien peu sont à négliger. Pas très fan de Full Tilt, mais c'est bien la seule. Remarquablement produit par Richie Zito, Ceremony est un monstre de hard-rock 90's, un disque qui vieillit super bien (Electric et Sonic Temple sont des excellentissimes albums de hard-rock, mais je trouve qu'ils prennent un petit coup de vieux, parfois, alors que ce successeur, franchement, non), une collection de chansons qui démangent, Ceremony, Earth Mofo, le long (presque 8 minutes) et magistral White, le grandiose Wild Hearted Son, l'efficace Sweet Salvation, un Wonderland final qui donne envie de remettre tout le bouzin à zéro afin de tout réécouter... J'ai cependant l'impression que ce disque génial dans son genre est, de nos jours (et même depuis sa sortie, qui fut source d'une grosse attente chez les fans et au sein de la presse rock, suite au carton d'Electric et de Sonic Temple), un peu négligé. A sa sortie, il se vendra plutôt bien, mais 1991 a beau être l'année du Black Album de Metallica et des Use Your Illusion des Guns'n'Roses (autres gros classiques du hard), ainsi que du Slave To The Grind de Skid Row, c'est aussi l'année où le grunge, via Nirvana et Pearl Jam notamment, déboule. Nevermind sera un gros traumatisme, et le monde de la musique va basculer. The Cult ne s'en remettra pas vraiment, surtout qu'en plus le procès intenté par la famille du gamin de la pochette arrivera à cette même époque. L'album suivant du groupe, qui s'appellera simplement The Cult, sortira en 1994 (entre temps, sortira un best-of en 1993), et le groupe durcira encore plus sa musique, assez proche du son grunge (alors un peu en perte de vitesse en 1994, année du suicide de Kurt Cobain). Mais ça, j'en reparle very soon... en attendant, Ceremony vous tend les bras, si vous aimez le hard-rock 90's !

Ceremony

Wild Hearted Son

Earth Mofo

White

If

Full Tilt

Heart Of Soul

Bangkok Rain

Indian

Sweet Salvation

Wonderland