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Je ne sais pas si vous vous en souvenez mais il a existé (leur dernier album, sauf erreur de ma part, remonte à 2016, c'est pas si vieux, et c'était le très bon Hidden City) un groupe de rock du nom de The Cult. Un groupe de rock à tendance gothique à la base, une sorte de mélange entre new-wave, gothique et glam-rock en fait. Le chanteur du groupe s'appelle Ian Atsbury, et au début des années 2000, quand deux des Doors survivants (l'un des deux ne l'est plus, survivant, depuis son décès il y à deux-trois ans), le guitariste Robbie Krieger et le claviériste Ray Manzarek (qui est mort depuis) ont décidé, sans l'accord et la participation du batteur John Densmore, de reformer les Doors, ils l'ont engagé, lui, chanteur du Cult, en tant que chanteur. Ce qui entraînera des soucis juridiques sur l'utilisation du nom, etc, un vrai bordel, et en plus, le rendu musical n'était pas immense. Mais passons, et revenons au Cult. Leur premier album, Dreamtime, date de 1984 (un an plus tôt, sous le nom de The Death Cult, ils sortiront un EP). Du rock gothique nerveux, mais rien d'immense, juste du plutôt bon. La guitare de Brian Duffy fait des merveilles, le timbre de voix (assez morrisonien parfois, il est vrai) d'Atsbury aussi. Un an plus tard, le groupe va sortir son deuxième album, sous une pochette noire aux intonations egyptienne : Love. Ce disque, qui va se classer N°4 en Angleterre et offrir quelques uns des classiques du Cult. C'est un album très généreux, il dure en effet 51 minutes (pour 10 titres), et au moins deux, si ce n'est plus, des morceaux vont se tailler un assez beau succès.

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Verso d'une des éditions CD, qui propose un onzième titre, Judith, absent de la plupart des éditions et rééditions simples

Love n'a qu'un seul défaut, en fait : sa production est excellente (pas besoin de mettre le son à fond pour entendre), mais assez remplie d'échos, de reverb'. Un défaut de l'époque (1985, année qui fait frémir, et pourtant, année de chefs d'oeuvres tels que Hounds Of Love, Brothers In Arms, The Dream Of The Blue Turtles et Songs From The Big Chair). Aucun des albums que je viens de citer n'est concerné, cependant, par ce problème d'écho. Le groupe et son producteur, Steve Brown, sont donc à blâmer, mais en même temps, ça en ajoute au charme de Love. Un disque assez gothique parfois, mais surtout très rock, pas aussi hard que le suivant (Electric en 1987, album monumental que le groupe avait commencé d'enregistrer avant de le refaire, complètement, sous la houlette du producteur Rick Rubin, et d'en faire un disque de pur hard-rock couillu à la AC/DC des grands jours, c'est à dire, pas des jours où Electric est sorti, ah ah, car en 1987, AC/DC n'était plus que l'ombre de lui-même). Love n'est pas aussi furax qu'Electric mais il en prend le chemin tout de même, et avec de bonnes chaussures de randonnée. Rien que le premier titre, Nirvana, est une tuerie que l'on écoute avec joie. Et la suite (Love, les hits Rain et She Sells Sanctuary, Revolution, Phoenix) envoie totalement le bois.

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Avec tout de même quelques petits moments de calme relatif, le Black Angel final est sublime, le long Brother Wolf, Sister Moon est plus atmosphérique que rock (disons qu'il est atmosphérock, ah ah), ce deuxième album du Cult, un de leurs meilleurs et un des meilleurs de 1985, est un excellent opus très nerveux, interprété à la perfection par un groupe en grande forme constitué de seulement trois membres officiels (le chanteur Ian Astbury, le guitariste Brian Duffy, qui restent encore aujourd'hui les seuls membres permanents car le personnel a souvent changé, et le bassiste et claviériste Jamie Stewart), la batterie étant ici tenue par Mark Brzezicki sauf sur She Sells Sanctuary où elle est tenue par Nigel Preston, qui fit partie du groupe sur le précédent opus Dreamtime. Quant à Brzezicki, il ne fera plus partie du groupe au moment où celui-ci fera Electric deux ans plus tard (ça sera un certain Les Warner, qui sera remplacé par un autre batteur encore en 1989 au moment de Sonic Temple, le prochain album du Cult que j'aborderai ici). Rempli de classiques (c'est un fait, sur les 10 titres, au moins 8 sont de la trempe de ceux que l'on écoute et réécoute sans lassitude, et les deux autres, Hollow Man et Phoenix, sont loin d'être foirés tout de même), Love est un disque majeur, ne vous fiez pas à son titre lambda (le nombre d'albums qui s'appellent ainsi est conséquent, même une compilation des Beatles porte ce nom) et surtout à sa pochette bizarre faisant plus penser à un album des Sisters Of Mercy (Vision Thing, First And Last And Always) qu'à une pochette d'album de rock heavy, ce qu'il est pourtant, même si les albums suivants iront encore plus dans ce style. Monumental, et le meilleur reste à venir !

FACE A

Nirvana

Big Neon Glitter

Love

Brother Wolf, Sister Moon

Rain

FACE B

Phoenix

Hollow Man

Revolution

She Sells Sanctuary

Black Angel