PS4

Après un Screamadelica monumental en 1991 et un Give Out But Don't Give Up super rock (et super tout court) et totalement à contre-courant des attentes en 1994, Primal Scream a réussi l'exploit de mettre ses fans et les rock-critics dans le schwartz le plus total. Ou comment sortir, après un disque de dub-rock expérimental sous influence ecstasy, un album tellement rock qu'on le qualifiera de meilleur album des Stones de 1994 (sans qu'aucun Caillou ne joue dessus, mais en revanche, entre George Clinton et Benmont Tench, il y avait du beau linge sur le disque) ! Give Out But Don't Give Up, malgré sa réussite (enfin, je trouve), ne sera pas super bien accueilli, et je crois qu'il ne se vendra pas bien. Sincèrement, j'avais 12 ans à sa sortie, je n'écoutais pas Primal Scream, aussi je ne me souviens pas trop des réactions du public, vous me pardonnez, j'avais autre chose à foutre à 12 ans. Je sais juste que dès la première fois que je l'ai écouté, ça a été une vraie explosion dans ma tête, j'ai adoré, et c'est toujours le cas. Leur album suivant, Vanishing Point, sorti en 1997, ce disque-ci donc, c'est vraiment pas pareil. La bande à Bobby Gillespie et Andrew Innes n'a décidément jamais rien fait comme tout le monde, et après un disque de pur rock des familles bien comme il faut, ils livrent, ici, un album de techno-rock qui ferait passer Screamadelica pour du Vangelis.

PS5

En 53 minutes (pour 11 titres, et aucun n'est caché sur le disque contrairement au précédent opus), Primal Scream va encore une fois étonner son monde. La pochette donnait pourtant le ton et un premier indice : cet album sera bordélique ou ne sera pas. L'album tire son nom d'un film culte du cinéma américain contestataire des années 70 (Point Limite Zéro de Richard Sarafian, dont le titre original est donc aussi celui de l'album ; ce film, célèbre notamment pour une séquence montrant une charmante bikeuse totalement à poil sur son engin, parle d'un homme parcourant les routes américaines à toute berzingue, semant les infractions et les suiveurs sur sa route, et de plus en plus pourchassé par la police, ainsi qu'accompagné, par CB interposée, par un animateur radio fasciné qui l'encourage de ses bons mots ; les Guns'n'Roses, en 1991, sur Breakdown, réciteront un passage du film), et un des morceaux, Kowalski, est tout simplement le nom du personnage principal du film. Mais Vanishing Point n'est pas un album conceptuel autour du film, ni une version audio, et ne cherchez pas des photos du film dans le livret, il me semble qu'il n'y en à pas. Pour ce qu'on s'en fout, en même temps. OK, le Cri Primal a appelé son album comme le film, et une chanson en allusion aussi (avec probablement des samples d'extraits du film dedans, ce qui ne serait pas étonnant)... La belle affaire.

PS6

Musicalement totalement trippant, allant dans tous les sens et parfois le bon (la cinglante et géniale reprise de Motörhead, à la base un morceau de...oui, Motörhead ! En réalité, à la base un morceau de Hawkwind, écrit par Lemmy Kilmister, et qui lui inspirera le nom de son groupe Motörhead quand il sera viré de Hawkwind en 1976), Vanishing Point offre d'excellents moments, outre cette reprise barrée du classique du hard-rock velu. On peut aussi citer les 7 minutes inaugurales de Burning Wheel, le démentiel Trainspotting qui dure encore plus longtemps (et sera placé dans la bande originale du film portant le même nom, de Danny Boyle), Kowalski qui sample aussi bien Funkadelic (le solo de guitare de Get Off Your Ass And Jam) que Can (la batterie de Halleluwah), Stuka  (monstrueux) qui sample du Lee 'Scratch' Perry (un des seigneurs du reggae et du dub)... Cependant, tout n'est pas parfait, Medication, Out Of The Void et le final Long Life sont un peu en-dessous du reste. Vanishing Point n'en est pas moins un disque assez impressionnant, même si l'album suivant du groupe, XTRMNTR, l'écrasera en tous points (je ne m'en suis toujours pas complètement remis, 18 ans après ma première écoute), mais ça, j'en reparle bientôt. Je dis 'reparle', car autant je n'avais toujours pas abordé Vanishing Point et Give Out But Don't Give Up sur le blog, autant XTRMNTR l'a été, il y à longtemps. 

Burning Wheel

Get Duffy

Kowalski

Star

If They Move, Kill 'Em

Out Of The Void

Stuka

Medication

Motörhead

Trainspotting

Long Life