SM1

A l'époque de la sortie de ce disque, les Simple Minds ne sont, quasiment, plus rien. Commercialement, le groupe de Jim Kerr (chant) et Charlie Burchill (guitare, claviers de temps en temps, et autrefois, carrément violon et saxophone aussi !), les deux seuls membres permanents, a connu son apogée en 1985. Un double live anthologique en 1987, deux albums remarquables et ayant bien marché (Street Fighting Years en 1989, Real Life en 1991), puis plus rien. Le groupe a publié un excellent album méconnu, Good News From The Next World, en 1995, alors que tous les membres du groupe (sauf Kerr et Burchill, donc) étaient partis. Le succès sera très limité, même si l'album récoltera quelques bonnes critiques. Et passera à la TV, encore, notamment, chez nous, dans "Taratata". Mais la grande époque des Simple Minds est désormais derrière eux, tout le monde le sentait. La petite guerre entre le groupe et U2 (en fait, il n'y à pas eu de guerre, mais les deux groupes ont un temps boxé dans la même catégorie) a été remportée par les Irlandais, définitivement hors de portée dès 1987 et leur Arbre de Josué. En 1998, les Simples Minds reviennent, ayant par ailleurs fait réintégrer, dans le groupe, le batteur Mel Gaynor (toujours présent en 2018) et le bassiste Derek Forbes, deux de leurs anciens piliers. Bref, le groupe est quelque peu ressoudé, ce qui peut augurer de bien des bonnes surprises. 

SM2

Néapolis, l'album du retour (ils ne sont jamas partis, ceci dit, mais vont commencer à mettre de plus en plus de temps entre chaque album), date donc de 1998, et sa pochette argentée représente le groupe, Kerr en tête, assis sur de très inconfortables sièges d'interzone d'aéroport. Une petite cinquantaine de minutes (un tout petit peu moins, en fait) pour 9 titres, l'album, produit par Charlie Burchill et Peter Walsh, a été enregistré entre Londres, Paris et l'Italie. Je me souviens encore d'un passage TV du groupe, à l'époque de la sortie de l'album, dans une émission de Drucker ("Stars 90", je crois), à moins que ça ne soit "Les Années Tubes" de Foucault, une des deux. Le groupe y était venu interpréter deux titres. Le premier, c'était le hit de 1984 Don't You (Forget About Me), et le second, issu de Néapolis, était Glitterball. Une chanson que j'avais, à l'époque (j'avais 16 ans, je ne connaissais, des Minds, que trois chansons : le tube de 1984 que je viens de citer, Mandela Day et Alive And Kicking), trouvé correcte, mais qui ne m'avait pas donné envie d'acheter le disque (que j'ai remarqué dans le rayonnage CD/VHS de mon supermarché une semaine ou deux plus tard) pour autant. L'aurais-je acheté que ça aurait été mon premier Simple Minds, et rien ne dit que j'aurais eu envie de poursuivre la découverte par les précédents opus. Et comme le groupe est un de mes préférés au monde, j'aurais énormément perdu au change. J'en tremble rien que d'y penser.

SM3

L'album n'est pas mauvais, mais les programmations à outrance (comme pour les deux albums suivants : Neon Lights, un album de reprises de 2001, et Cry en 2002) le rendent, malgré une durée pas éreintante et des chansons souvent excellentes (Song For The Tribes, Glitterball, Lightning, Killing Andy Warhol, War Babies), assez lourd et épuisant. Néapolis n'est pas un grand opus des Minds, c'est même tout le contraire : premier opus négligeable de la bande à Kerr et Burchill (les deux suivants le seront aussi, Néapolis inaugure donc une période assez noire pour le groupe), il n'est pas honteux, mais rien ou presque, ici, n'arrive à la cheville des grands albums du groupe. Et plusieurs des albums futurs (Black & White 050505, Big Music) seront nettement supérieurs. Tous, en fait, à partir de 2005. Bref, pour finir, cet opus de 1998 n'est à réserver qu'à une catégorie de personnes : les fans du groupe, les vrais fans, qui se doivent de tout posséder. Pour les autres, si ce n'est pour les trois premiers titres, vous pouvez passez votre chemin sans regrets. 

Song For The Tribes

Glitterball

War Babies

Tears Of A Guy

Superman Vs. Supersoul

Lightning

If I Had Wings

Killing Andy Warhol

Androgyny