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Encore un peu de Depeche Mode ? Après avoir ressorti Violator des limbes du blog (presque 10 ans depuis la précédente chronique qui commençait à puer de la gueule), quoi de mieux que d'aborder, enfin, avec un léger retard de 15 mois depuis sa sortie (en mars de l'année dernière), leur dernier opus en date, leur 14ème album studio, Spirit ? J'aurais pu l'aborder depuis longtemps celui-là, mais j'ai une excuse : je ne l'ai pas acheté, et donc écouté, au moment de sa sortie. Je pense que le seul album du groupe que j'ai acheté au moment de sa sortie, c'est leur précédent, Delta Machine en 2013 (qui m'avait bien emballé, mais que je n'aime plus autant désormais, sans être parvenu à le détester non plus ; faut dire que je ne le ressort plus trop de sa pochette). Spirit est, en revanche, le premier Depeche Mode que j'ai acheté en vinyle directement (un double vinyle avec trois faces gravées de musique, la dernière face est vide), je ne l'ai pas en CD (cas unique pour ma part dans la discographie du groupe, alors que pour le format vinyle, j'ai aussi l'intégralité de ce qu'ils ont fait entre 1987 et 1997, live 101 inclus, mais pas le live de 1993 centré sur Songs And Faith And Devotion). J'ai dû l'acheter en octobre dernier, avec un certain retard, et je ne connaissais de l'album que Where's The Revolution, le premier single de l'album, qui a commencé par me déplaire avant que, progressivement, je ne commence à rentrer dans le morceau. Ca m'a fait la même chose avec le dernier Indochine, comme je l'ai dit ici récemment en l'abordant. 

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Mais autant je n'ai jamais aimé Indochine (une chanson ou deux et l'album 13 mis à part), autant j'ai toujours aimé la bande à Dave Gahan, Martin Gore et Andrew Fletcher (et Alan Wilder jusqu'en 1993). Enfin, mis à part quelques exceptions : Exciter en 2001, que je trouve aussi plat qu'une limande passée sous une enclume sur laquelle un mammouth se serait assis pendant des semaines, et les, disons, trois premiers albums, de la new-wave dansante au style très daté, malgré des chansons mémorables (Leave In Silence, Everything Counts, Just Can't Get Enough). A partir du quatrième opus (Some Great Reward), ça commence à devenir très intéressant, et dès le cinquième (Black Celebration), on touche au légendaire. La période allant de ce dernier opus cité (en 1986) à Ultra (1997) est pour moi parfaite. L'après Exciter est très bien (Playing The Angel) même si on sent que le groupe tourne un peu en rond, sur leurs albums studios. Spirit ne déroge pas à la règle : une suite de chansons (12 pour un total de presque 50 minutes) aux climats très sombres, aux titres parfois très sombres (Scum, Fail, The Worst Crime, Poison Heart) qui auraient très bien pu coller aux chansons des précédents opus. A voir le tracklisting, on a l'impression (même chose pour Indochine avec leur style gothico/teen habituel) de voir le tracklisting d'un autre album de Depeche Mode. La production (de James Ford, sa première pour le groupe) est au cordeau, excellente, mais ne diffère que peu de celle des précédents opus, pourtants signés d'autres producteurs. 

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Spirit aligne de très bonnes chansons (l'enchaînement des deux premières, Going Backwards et Where's The Revolution, est parfait), et est assez marqué par la campagne de Trump au cours de l'élection présidentielle américaine (non, on aurait bien aimé, mais je ne pense pas que Scum parle de lui). Selon Gahan et Gore (qui vivent aux USA depuis des années), l'album parle aussi bien de la perte d'humanité globale de la population terrestre que des évênements internationaux. La pochette (moche comme un cul, ce qui n'est pas un cas isolé chez Depeche Mode, surtout depuis quelques années) représente des jambes en train de défiler, des drapeaux, bref, une manifestation comme il y en à eu si souvent depuis quelques temps, et le single Where's The Revolution (et son clip signé du fidèle Anton Corbijn) est assez dans ce style revendicatif aussi. C'est une des meilleures chansons d'un album assez engagé, pas vraiment politisé mais pas neutre en tout cas, sans doute pas le meilleur album du groupe, mais que les amateurs apprécieront sans aucun problème. Il ne convertira pas les anti-Depeche Mode, mais ne décevra pas les fans. C'est déjà ça, mais on aimerait un peu de renouveau dans leur musique, comme ils avaient su le faire entre 1990 et 1997 avec des albums très rock/industriels !

FACE A

Going Backwards

Where's The Revolution

The Worst Crime

Scum

FACE B

You Move

Cover Me

Eternal

Poison Heart

FACE C

So Much Love

Poorman

No More (This Is The Last Time)

Fail

FACE D

Bah, rien