U1

Décidément, il me vient des envies de new-wave en ce moment. Après Simple Minds (et c'est pas fini), après Orchestral Manoeuvres In The Dark (et là, je pense que c'est fini), voici Ultravox. Mondialement connus pour leur hit Dancing With Tears In My Eyes (sorti en 1984), les Ultravox se sont fondés en...1973, sous le nom de Tiger Lily. C'est en 1976 qu'ils prennent le nom d'Ultravox (au début, avec un point d'exclamation, qu'ils vireront rapidement), et leur premier album éponyme date de 1977 (le second aussi). En 1978, le groupe sort son troisième album, et en profite pour changer de chanteur. Il en changera encore avant d'enregistrer, en février 1980, leur quatrième album, Vienna, ce disque-ci donc. Le groupe est alos constitué de Chris Cross (basse), Warren Cann (batterie), tous deux membres d'origine, de Billy Currie (claviers, violon) qui est presque un membre d'origine aussi, et le chanteur nouveau-venu, aussi guitariste, est un certain James Ure, plus connu sous le pseudonyme de Midge Ure. Il fera partie du groupe jusqu'en 1986, les retrouvera en 2010/2012, et a aussi fait partie, sur scène, assez rapidement, de Thin Lizzy. Midge Ure va apporter une sorte de second souffle à un Ultravox qui, avant son arrivée, ne faisait vraiment pas de mauvaises choses (Ha ! Ha ! Ha ! et Systems Of Romance, respectivement deuxième et troisième albums du groupe, sont franchement très bons), mais peinait à les vendre. Vienna, sous sa pochette froide (Midge Ure est le troisième à partir de la gauche, les autres sont respectivement Cross, Cann et Currie ; marrant : c'est le chanteur le moins visible au premier coup d'oeil), sera un très gros succès commercial. 

U2

C'est aussi et surtout une incontestable et totale réussite de new-wave arty mais accessible. Des claviers très présents, évidemment, mais aussi de belles parties de guitare (l'intro très punk de New Europeans), ce qui ne gâche rien. Vienna se paie le luxe, de plus, de s'ouvrir sur un instrumental aussi long (7 minutes) que proprement hallucinant, Astradyne. La première fois que j'ai écouté l'album, acheté en vinyle sur la foi d'une chanson que je connaissais déjà et adorais (Vienna, belle chanson au rythme atmosphérique et aux percussions remarquables d'efficacité et de sobriété), je m'attendais quelque peu à être déçu : combien de fois avais-je entendu des albums moyens, inégaux, constitués d'une chanson mémorable et d'une poignée de titres au rabais ? Surtout dans la new-wave... Mais Vienna est d'un autre genre, comme le OMD que j'ai abordé tout à l'heure. Astradyne est un régal qui n'a pas besoin de paroles, comme le Theme From Great Cities des Simple Minds. Claviers discrets qui tissent une suave et délicate mélodie, qui s'additionnent en plusieurs thèmes entrecoisés... Un violon sublime, une basse efficace, et, vers le centre du morceau (un peu vers la fin, en fait), la guitare se réveille. Les 7 minutes passent comme 7 secondes. New Europeans (à l'intro très rock) suit, la voix de Midge Ure est parfaite, à la fois hargneuse et accessible, pas énervante, il n'en fait pas trop. Private Lives est un bon morceau, mais Passing Strangers est une merveille.

U3

Currie, Ure, Cross, Cann

Sleepwalk, auparavant sorti en single, achève efficacement la face A, tandis que le très atmosphérique Mr. X (chanté par Warren Cann, le batteur) ouvre la B sur une note un peu inquiétante. Un régal. Western Promise suit, morceau trépidant, au rythme chaloupé, pas le plus facile d'accès de l'album mais une vraie réussite. Qui laisse la place à la merveille qu'est Vienna, un tube de l'époque, un des plus gros tubes du groupe avec Dancing With Tears In My Eyes. All Stood Still, morceau très rock, trépidant, achève parfaitement le disque sur une note d'urgence (le morceau se finit sèchement, et l'album aussi, donc) et on n'a qu'une seule envie, remettre le disque (qui dure 43 minutes) au début, pour en profiter encore et encore. Dans la new-wave d'époque, ce disque compte assurément parmi les plus grandes réussites du genre. A la fois recherché et plus ou moins commercial, sans pour autant être putassier, à l'image du Empires And Dance des Simple Minds sorti la même année. Essentiel !

FACE A

Astradyne

New Europeans

Private Lives

Passing Strangers

Sleepwalk

FACE B

Mr. X

Western Promise

Vienna

All Stood Still