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Aah, la new-wave... Je ne vais pas mentir, j'ai toujours adoré ce courant musical. Il y à certes des trucs vraiment pas glop dedans (Duran Duran, mis à part quelques tubes qui me plaisent à petites doses, comme Is There Something I Should Know ?, The Reflex, A View To A Kill écrite pour un James Bond ; Soft Cell, que je n'ai jamais pu encadrer ; Alphaville, mis à part Big In Japan et Forever Young), mais aussi de vraies merveilles : Talk Talk, Tears For Fears, Simple Minds (deux groupes dont j'ai pas mal parlé récemment, et dont je vais encore parler dans peu de temps sur le blog), Ultravox, New Order (et avant ça, Joy Division), Magazine... OMD aussi. Orchestral Manoeuvres In The Dark pour le nom complet. En fait, OMD, je n'aime qu'un truc chez eux : cet album, sorti en 1981, Architecture & Morality. Il fait probablement partie des classiques de la new-wave (qui, dans les pays anglophones, était surtout appelée post-punk), et est très certainement le meilleur album du groupe. Il renferme trois hits, excusez du peu, pour 9 titres en tout (et environ 37 minutes). Sa pochette en die-cut (découpage) est un poème dans le genre. Je ne sais pas au juste qui, à l'époque, avait eu cette idée du retour à la sobriété dans les pochettes, mais entre Joy Division, New Order, Simple Minds et OMD, c'est du lourd. A la fois sobre (unichrome d'une couleur jaune pisse, lettrage classique, pas de fantaisie, lignes rouges, photo en noir & blanc, cadre en découpage laissant voir la sous-pochette illustrée de ladite photo) et foutrement recherché, dans le genre modernisme d'autrefois. A la même époque, on avait du bleu nuit sans illustration aucune (Real To Real Cacophony des Simple Minds), des lignes sismologiques sur fond noir (Unknown Pleasures de Joy Division), des lignes bleues sur fond blanc (Movement de New Order)...Dans tous les cas, c'est moche.

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Une telle pochette ne donne pas vraiment envie d'écouter l'album, et pourtant, de même que les trois albums d'autres groupes que je viens de citer, il le faut, car cet opus d'Orchestral Manoeuvres In The Dark est vraiment remarquable. Pas parfait, mais remarquable. On ne trouve pas le méga tube de la mort Enola Gay ici, mais trois hits quand même : Souvenir, qui servira de musique pour une publicité pour la BNP, il y à longtemps, et dont la mélodie de claviers (ah oui, si vous n'aimez pas les synthés, vous n'allez pas être à la fête, ici) est inoubliable et entêtante. Et deux chansons, qui se suivent sur le disque, toutes deux sur le même thème, celui de Jeanne d'Arc : Joan Of Arc et Joan Of Arc (Maid Of Orléans). Marrant, ça, le groupe (un duo) a composé deux chansons sur le même sujet, et toutes deux baptisées pareil (la parenthèse du deuxième morceau sert de distinction entre les deux titres). La première chanson est de la new-wave entraînante et efficace, une belle montée en puissance de la mélodie, c'est excellent. Le second morceau est une sorte de valse électronique, un morceau qui prend son temps, plus lent, plus calme, aérien, tout aussi réussi mais vraiment dans un autre registre. C'est étonnant d'avoir placé les deux morceaux à la suite sur le disque, ça fait une sorte de mini-cycle Jeanne d'Arc au milieu de l'album. 

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L'album s'ouvre sur des sons assez désagréables laissant penser que le vinyle est flingué (crachotements), mais rassurez-vous, c'est tout à fait normal, The New Stone Age, aux sonorités crachotantes, est comme ça. Ce n'est pas forcément la meilleure idée que de faire sonner un morceau ainsi, surtout en ouverture d'album, mais ce n'est pas un mauvais morceau pour autant. She's Leaving, qui suit, est une complainte électronique assez correcte, puis on a Souvenir, qui reste longuement en mémoire, et la face A se termine sur le morceau le plus long (et de loin) de l'album, Sealand, avec 7,40 minutes qui, sincèrement, sont un poil trop longues. Mais on ressent bien, tout du long, l'ambiance maritime. Pas de bruits de vagues ou de cris de sternes, mais une atmosphère de contemplation et de spleen, le morceau est reposant et achève bien la face A. La B propose en ouverture les deux chansons sur Jeanne d'Arc dont j'ai parlé plus haut, puis on a le morceau-titre, instrumental assez technique. Georgia est le morceau le moins époustouflant du lot, et The Beginning And The End achève très bien l'album, un album tellement important pour le groupe qu'ils en livreront, au cours de concerts de reformation récents, des versions intégrales, pas forcément dans l'ordre des morceaux de l'album, mais tout y passera (des lives en CD ou DVD existent à ce titre). Au final, pour un amateur de new-wave d'époque, Architecture & Morality (même le titre est typique de l'époque, aussi bien le titre que la pochette font, au final, très prétentieux ; le titre fait penser à ceux d'un New Order, Power, Corruption & Lies ou Movement) est un passage obligé. Ce qui tombe bien, car l'album est vraiment excellent !

FACE A

The New Stone Age

She's Leaving

Souvenir

Sealand

FACE B

Joan Of Arc

Joan Of Arc (Maid Or Orléans)

Architecture And Morality

Georgia

The Beginning And The End