SM1

J'ai toujours été fan des Simple Minds, que j'ai découverts, comme pas mal de monde, avec leur tube Don't You (Forget About Me) de 1984, issu de la bande originale du film Breakfast Club. Une chanson qui fait partie des hits de la période new-wave, chanson que j'ai découvert alors que j'avais environ 10 ans, soit vers 1992, mais que j'avais sans doute du entendre très jeune sans m'en rendre compte, elle n'a jamais cessé (c'est toujours le cas) de passer à la radio. C'est d'ailleurs une des trois chansons des Minds, avec Mandela Day et Alive And Kicking, à toujours passer en radio. Comme si le groupe de Jim Kerr (chant) et Charlie Burchill (guitare) n'avait jamais rien fait d'autre. Grosse, colossale, éléphantesque erreur. Le groupe, actif depuis 1977 (premier album en 1978), et dont le dernier album est sorti en février dernier et a été abordé ici il y à quelques mois, n'a jamais cessé son activité. Il y à eu plusieurs périodes bien distinctes. La première, de 1978 à 1980, trois albums très arty, parfois complexes, pas commerciaux (mais remarquables). A partir de 1981, les tubes commencent à arriver (Love Song, The American, Glittering Prize), cette période new-wave et big music, au cours de laquelle le fameux tube de 1984 est inclus, va jusqu'au double live sorti en 1987 (Live In The City Of Light), qui est d'enfer dans son genre. Puis le groupe semé par ses rivaux U2 qui ont bien explosé à la face du monde en 1983/1987, entame une période plus pop heartland, humaniste, entre 1989 et 1995, trois albums remarquables (Street Fighting Years avec Mandela Day, Real Life, le méconnu et moins cartonneur, très sous-estimé Good News From The Next World). La suite sera moins glorieuse : Néapolis et Cry ne se vendent pas, l'album de reprises Neon Lights est vraiment moyen (pour ne pas dire pire)... Le groupe, qui a vécu pas mal de changements de personnel, est encore là, mais il vivote, c'est compliqué.

SM2

En 2005, les Minds reviennent. Le 5 mai 2005, précisément, comme l'indique fièrement le sous-titre de l'album, le groupe achève d'enregistrer Black & White 050505, disque sorti quelques mois plus tard, en septembre, sous une belle pochette montrant deux mains, une blanche et une noire (mais avec des teintes grises qui atténuent le contraste), ligotées mais rapprochées pour former deux moitiés d'un coeur. Symbole de paix et d'amour évident. Autre symbole, de violence et de guerre : une balle de pistolet au verso du boîtier. Long de 41 minutes (oui, c'est un disque court pour son époque) pour 9 titres, Black & White 050505 est un des meilleurs albums du groupe. Et quand je dis ça, c'est vraiment sincère, un des 5 meilleurs albums, et pas en cinquième position. Un disque tout simplement parfait, aucune des 9 chansons n'est moyenne, encore moins mauvaise, ni en trop. L'album est court, mais se suffit à lui-même, même si, devant la réussite totale de l'ensemble, on aurait aimé quelques morceaux en plus, ou un rallongement de la durée de certains morceaux (le plus long, Dolphins, dure 6 minutes). Parlons tout de suite de ce morceau, Dolphins, qui achève le disque. C'est une splendeur mélancolique ahurissante, un morceau envoûtant qui vous emmène au fond de l'eau, entouré de dauphins, un mélange très adroit entre tristesse et plénitude, Jim Kerr, de plus, interprète ce morceau avec une énorme retenue, voix basse, profonde, étouffée, au contraire de son style habituel très enlevé. On ressort difficilement de ce morceau, on a envie de le réécouter, les yeux piquent, les poils se dressent, de l'émotion brute et pure. Rien que pour ce morceau, chapeau bas aux Simple Minds : Dolphins, une de leurs plus belles chansons, mériterait de passer fréquemment à la radio ! Elle fut cependant un temps diffusée sur les ondes à l'époque, il me semble.

SM3

Le reste de l'album est plus enlevé et rythmé (Stay Visible, The Jeweller, Part 2 - ce morceau est une nouvelle version d'un titre de l'album Our Secrets Are The Same, enregistré en 1999 mais sorti en 2004 en bonus d'un coffret, et qui n'a, depuis, pas été réédité, une rareté, Stranger), Underneath The Ice est une bien belle chanson, Different World (Taormina. Me.) est sublime (Jim Kerr vit, il me semble, en Sicile, à Taormina, depuis quelques années, d'où le sous-titre de la chanson), et Home, qui sortira en single, est une splendeur inoubliable. Aucune mauvaise chanson ici, que des merveilles que l'on écoutera encore et encore sans lassitude, faisant de ce Black & White 050505 (ou simplement Black & White) un des jalons de la carrière du groupe écossais. La suite sera très belle aussi : Graffiti Soul, Big Music et le récent Walk Between Worlds, sans oublier l'album Acoustic, son pendant live, et les quelques lives sortis depuis quelques années (mention spéciale au double live 5X5 Live de la tournée mondiale au cours de laquelle le groupe n'interpréta que des titres de leurs cinq premiers opus). Pour un fan du groupe, pour un amateur de bonne pop/rock, cet album de 2005 est tout simplement indispensable. 

Stay Visible

Home

Stranger

Different World (Taormina. Me.)

Underneath The Ice

The Jeweller, Part 2

A Life Shot In Black And White

Kiss The Ground

Dolphins