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En 1980, Midnight Oil sort un EP du nom de Bird Noises. Un disque, forcément, très court, vu que c'est un EP, ou Extended Play. On y trouvait 4 titres (dont un instrumental façon surf music) pour 15 minutes de musique. Le résultat, coincé dans la discographie des Oils entre un Head Injuries excellent et un Place Without A Postcard un peu frustrant, mais tout de même correct, était vraiment du bon boulot. Un disque court mais parfait (No Time For Games, I'm The Cure), on ne s'ennuie pas du tout, du rock engagé et virulent tel que le groupe de Peter Garrett en usinait alors. Sous une production brute de décoffrage (bon son, mais pas de recherche) et une pochette marquante représentant un petit zoziau totalement déplumé et en train de piailler. Cet EP ne sera pas le seul dans la discographie du groupe : 5 ans plus tard, en 1985 donc, les Oils remettent le couvert. Encore une fois, quatre chansons (cette fois-ci, aucun instrumental), pour 16 minutes bien tassées, deux faces de 33-tours à larges sillons, et encore un fois, c'est totalement sans compromis. Le titre de cet EP est d'ailleurs sans équivoque : Species Deceases ('espèces qui meurent'), et sa pochette représente une salle de vestiaires, avec un kangourou que j'imagine empaillé (le regard de feu de l'animal, presque humain), un squelette d'humanoïde, un crâne humain en haut d'une armoire, un fossile de tortue suspendu au plafond, divers autres vestiges d'espèces... Le message est clair : si on ne fait rien pour notre planète, voilà ce qu'il nous arrivera.

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Inutile donc de dire que Species Deceases n'est pas un recueil de chansonnettes pop insouciantes, Midnight Oil n'en a jamais fait, de toute façon. Cet EP, qui fut le premier single (car considéré comme tel) du groupe à se classer N°1 dans son pays, et le premier single/Ep à se classer N°1 en Australie quel que soit l'artiste ou groupe concerné, cet EP donc, est une totale réussite aux paroles faisant parfois froid dans le dos, et à l'interprétation au cordeau. On pourrait presque dire que cet EP ne contient que des classiques : Hercules est une tuerie, Progress (Some say that's progress/I say that's cruel) est génial, Blossom And Blood verra une de ses lignes de texte (You talks of time and peace for all, and then prepare for war) citée par un pirate informatique russe-australien via le virus WANK en 1989, Pictures est une excellente chanson... Rien à jeter ici, la production est parfaite, le groupe assure, les chansons (les textes sont proposés sur la sous-pochette) sont parmi les meilleures du groupe. Situé, dans la discographie du groupe, entre le très très bon Red Sails In The Sunset et le mémorable et tubesque Diesel And Dust (après avoir sorti cet EP et fait des concerts, le groupe partira vivre pendant un an ou presque auprès des Aborigènes du Bush, faisant des concerts pour et avec eux, et Diesel And Dust sera l'album-témoin, conceptuel et activiste pro-Aborigènes, de cette période), Species Deceases est tout simplement indispensable. 

FACE A

Progress

Hercules

FACE B

Blossom And Blood

Pictures