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Depuis le temps que je voulais le faire, celui-là... Hier, j'ai (enfin) réabordé, depuis le temps que je comptais le faire mais ça traînait sur le blog, le premier album  des New York Dolls. En le réhabilitant pas mal (enfin, je ne l'avais pas défoncé autrefois, mais j'étais quand même bien moins gentil à son égard). Ce groupe mythique, culte, un des principaux instigateurs du futur mouvement punk (attitude provoc', etc), et aussi une des références musicales et vestimentaires des Guns'n'Roses (et du hair-metal en général, probablement : Ratt, Def Leppard...), a été fondé en 1971 comme je l'ai dit hier, je vous renvoie à la chronique de New York Dolls pour plus d'infos sur leur début de carrière, qui fut directement émaillé d'une petite tragédie comme le rock en a coutume (décès d'un des membres fondateurs par overdose, avant le premier album). Produit par Tod Rundgren, qui a probablement dû se demander, tout du long des sessions, pourquoi il avait accepté le poste (il n'appréciait en effet pas vraiment le groupe et leur attitude, et ne se gênera pas pour le leur dire), le premier album, dédié à Billy 'Doll' Murcia (leur premier batteur, le décédé), bien qu'un peu inégal, offre de grandes chansons qui restent encore aujourd'hui imparables (Vietnamese Baby, Jet Boy, Looking For A Kiss). A sa sortie, la pochette tapageuse montrant le groupe en travelos, avachis comme des putes entre deux passes sur un divan, fera vraiment jaser. Déjà qu'on traitait les fans de Bowie et de Lou Reed (et les artistes eux-mêmes !) de pédales, alors je ne parle même pas de ceux qui se retrouvaient pris en flagrant délit d'achat de l'album à LidoMusic, Tower ou ailleurs ! L'album sera, aussi, il faut le dire, un bel échec commercial. 

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Le groupe, signé sur Mercury Records (et qui en avait un peu chié pour trouver un label, il faut dire que leur look et leur réputation de camés n'arrangeait rien), décide tout de même de faire un deuxième album. Ce deuxième album, ce n'est pas Todd Rundgren (qui n'allait pas tarder à créer son groupe de rock progressif Utopia) qui va le produire, heureusement pour lui car il n'a pas apprécié l'expérience (mais le groupe, lui, ne lui reproche rien), mais un certain Shadow Morton. Personnage de l'ombre, ce mec était le manager/producteur des Shangri-Las, groupe de rock féminin des années 60, une des références absolues des New York Dolls (l'intro parlé de Looking For A Kiss est reprise aux Shangri-Las). Ces filles (dont deux jumelles), avec des hits tels que Leader Of The Pack, Give Him A Great Big Kiss, Remember (Walking In The Sand) et Shout, avaient, en 1964/65, un peu révolutionné le genre : des gonzesses en cuir qui se désapaient à moitié sur scène et se comportaient comme Courtney Love...avec presque 30 ans d'avance sur elle. Shadow Morton va donc produire le deuxième album des Dolls, qui s'appelle Too Much Too Soon (ou In Too Much Too Soon comme indiqué sur la pochette), est sorti en 1974, offre 10 titres pour 36 minutes (compte tenu qu'il y à un titre de moins que sur le premier album, et que le premier album faisait 42 minutes, on peut dire que les deux albums sont formatés de la même manière, avec des morceaux d'à peu près la même durée) et est sorti sous une pochette montrant le groupe en pleine action scénique. On croirait un live, ce n'est pas le cas.

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Mais la production est très live, on sent que le groupe a enregistré ces morceaux (dont quatre reprises, le groupe manquait apparemment de nouveaux morceaux) dans les conditions du direct, à l'ancienne. Autant le dire, Shadow Morton n'aurait pas foutu grand chose, le mec ne se montrait apparemment pas beaucoup dans le studio (et était apparemment un loser fini à l'époque). Peu importe que l'album soit officiellement produit par ce mec et, peut-être, officieusement produit par le groupe lui-même, (In) Too Much Too Soon est un album que je n'hésite pas à qualifier de supérieur au précédent opus. Lui aussi n'est pas parfait (Don't Start Me Talkin', reprise de Sonny Boy Williamson, est sympa mais sans plus, et Bad Detective, une reprise de Kenny Lewis, avec son ambiance Charlie Chan de pacotille, fait plus sourire qu'autre chose), mais il renferme encore une fois de gros classiques du groupe, notamment un Human Being monumental en guise de final. Cette chanson sera reprise, dans une version explosive, par les Guns'n'Roses en 1993 sur leur "The Spaghetti Incident ?" et c'est d'ailleurs, il y à longtemps, par le biais de cette reprise, que j'ai appris l'existence des Dolls et découvert leurs albums. On trouve aussi Chatterbox (première chanson du groupe à être entièrement chantée par Johnny Thunders), Babylon (monstrueux), (There's Gonna Be A) Showdown reprise à Archie Bell, Puss'n'Boots, It's Too Late, autant de chansons bien furax, bien trippantes. Et, placée en seconde position sur l'album, une reprise de Stranded In The Jungle, morceau très amusant des Cadets avec son alternance de ton (refrain totalement loufoque avec choeurs déjantés, couplets plus sobres avec percussions et choeurs façon tribu de sauvages, interventions spoken-word amusantes à la manière d'une voix-off, meanwhile, back in the jungle...). Une reprise savoureuse qui achève de faire de ce deuxième album des Dolls, et leur dernier album studio pendant quasiment 30 ans (ils reviendront, amputés de deux membres morts en 1991/92, Thunders et Nolan, en 2006, et Arthur Kane mourra peu de temps après), une belle petite réussite de rock. Et, je le maintiens, malgré tout ce qu'on peut lire à son sujet (et malgré que là aussi, l'échec commercial sera au rendez-vous), un disque supérieur au premier opus ! Un disque nettement moins inégal, en tout cas. Je n'ai pas honte de le dire, j'adore ce deuxième opus !

FACE A

Babylon

Stranded In The Jungle

Who Are The Mystery Girls ?

(There's Gonna Be A) Showdown

It's Too Late

FACE B

Puss'n'Boots

Chatterbox

Bad Detective

Don't Start Me Talkin'

Human Being