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Cet album est un des moins faciles à trouver de Black Sabbath, et ça tombe sacrément bien. C'est incontestablement le pire album du groupe, sans aucune comparaison possible avec les autres albums ratés (Seventh Star, Tyr même si pour ce dernier, c'est limite, Never Say Die ! même si j'arrive à l'aimer désormais, ce dernier cité, et dans une moinde mesure là aussi The Eternal Idol, pour sa production hard FM datée). Ce disque date de 1995, et jusqu'à 2013, ça sera le dernier album studio de Black Sabbath sorti sous le nom du groupe (en 2009, il y aura The Devil You Know, du Black Sabbath de l'ère Dio, mais crédité au nom de Heaven And Hell pour des raisons juridiques). Il s'appelle Forbidden et vous pouvez me croire, les fans comme le groupe essaient, depuis la sortie de l'album, d'oublier l'existence, bien embarrassante, de ce disque heureusement court (44 minutes), mais tout de même pas assez court quand même. Forbidden est le dernier album du groupe avec Tony Martin au chant ; le pitoyable résultat commercial (sans parler de la réception critique) de l'album n'incitera évidemment pas à une récidive. Deux ans plus tard, comme pour exorciser le mauvais oeil apporté par ce disque, le groupe originel (Ozzy, Iommi, Butler, Ward) se reforme pour des concerts et un double live (sorti en 1998) du nom de Reunion

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Mais en attendant, Black Sabbath, en 1995, c'est Tony Martin (chant), Tony Iommi (guitare), Neil Murray (basse ; car Geezer Butler partira après Cross Purposes en 1994, lui qui était revenu en 1992 après être parti en 1983 ; Black Sabbath, un groupe ayant connu des tonnes de changements de personnel), Geoff Nicholls (claviers) et Cozy Powell (batterie). Forbidden a été enregistréà Liverpool et Los Angeles, et a été produit, accrochez-vous bien parce que ça va secouer grave, par Ernie C, un des membres de Body Count, le groupe de Ice-T (oui, le rappeur). Body Count n'était pas un groupe de rap, mais de fusion rap/hardcore, bien violent et bourrin, des Rage Against The Machine en plus teigneux et violents. Ice-T, par ailleurs, apparaît sur The Illusion Of Power (l'album a failli s'appeler ainsi), faisant un couplet rap du plus mauvais effet sur une chanson de Black Sabbath. C'est juste pas possible. Et l'album entier sonne comme un disque de Body Count enregistré par Black Sabbath, la production est pourrave de chez pourrave (disons que le son est bon, juste que ça ne sonne pas comme un disque de Black Sabbath, c'est trop différent, et ça ne fonctionne absolument pas). 

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Les titres des chansons semblent parler d'eux-mêmes : "Je ne pleurerai pas pour toi", "Anges rouillés", "Coupable comme l'Enfer"... La pochette, amusante si on veut (une Faucheuse assise sur un rocher, apparemment au fond de l'eau, et qui semble s'emmerder ferme et attendre son hypothétique heure), n'en demeure pas moins horrible, surtout le verso (deuxième photo de l'article). Les ventes de l'album seront colossalement abyssales, on parle de véritable désastre commercial. Tony Martin, par la suite, dira qu'en fait, cet album, c'était quelque part une route pavée en or vers la fameuse reformation de 1997 du groupe original ainsi qu'une raison valable pour se débarrasser de lui et de faire tabula rasa. L'air de dire bon, OK, on a grave merdé, alors pour se refaire, on va faire un grand coup et se reformer comme à la grande époque. Pas faux, même si, évidemment, en 1995, au moment d'enregistrer ce disque, le groupe ne pensait pas à ça, ils y croyaient vraiment, à ce Forbidden. Il est aujourd'hui assez difficile de trouver ce disque, surtout à bas prix (comme, d'ailleurs, la majeure partie des Black Sabbath de l'ère 1989/1996), et pour le coup, c'est vraiment pas plus mal. A oublier charitablement. 

The Illusion Of Power

Get A Grip

Can't Get Close Enough

Shaking Off The Chains

I Won't Cry For You

Guilty As Hell

Slick And Tired

Rusty Angels

Forbidden

Kiss Of Death