BS1

Après l'ère Ozzy Osbourne (1969/1978), l'ère Ronnie James Dio (1979/1982), l'ère Ian Gillan (1983), place à l'ère...l'ère con, tout simplement. Pour ce nouvel opus de Black Sabbath, que j'aborde ici pour la toute première fois contrairement à tous les précédents articles (et au suivant), je suis bien emmerdé. Ce disque sorti en 1986 n'était pas conçu pour être un disque de Black Sabbath, et pourtant, ç'en est bel et bien un au final. Seventh Star devait à la base être un projet solo de Tony Iommi, le guitariste du groupe. Quel groupe ? de toute façon : Ian Gillan, le chanteur, est parti à la fin de la tournée ; Geezer Butler, le bassiste des débuts, aussi, ce qui est pire ; ainsi que le batteur Bev Bevans (de l'Electric Light Orchestra, qui a remplacé un Bill Ward revenu pour jouer sur l'album Born Again, mais n'ayant pas fait la tournée). Ne reste plus que Iommi, autrement dit, plus de Black Sabbath digne de ce nom. Alors Iommi a eu l'idée de faire un disque solo, et a engagé des musiciens pour l'album, qui l'ont aidé pour les textes : Dave Spitz à la basse, Geoff Nicholls aux claviers (déjà présent sur les tournées précédentes de Black Sabbath), Eric Singer à la batterie, et Glenn Hughes, ancien bassiste (et chanteur sur certains de leurs titres) de Deep Purple de 1973 à 1976, au chant. C'est Jeff Glixman qui produit le disque, enregistré entre Los Angeles et Atlanta en 1985. 

BS2

Tout aurait très bien pu être vraiment un disque solo de Tony Iommi interprété par Hughes (dont la voix très chaude fait des merveilles ici, il faut dire qu'il a toujours très bien su chanter), si le management de Black Sabbath, alias Don Arden, ne s'en était mêlé, imposant à Iommi (et la maison de disques, Warner pour les USA, Vertigo pour l'Europe, a rajouté son grain de sel sur le sujet) de sortir le disque sous l'intitulé Black Sabbath. Vu qu'aucun autre membre du Sabb' ne joue sur le disque ni n'a même participé à l'écriture ou la composition des morceaux, inutile de dire que Iommi n'était pas très chaud-bouillant, mais il a fini par céder : l'album est sorti, en 1986, sous le nom Black Sabbath featuring Tony Iommi. Encore pire que Black Sabbath tout court, en fait, car ça implique, quelque part, que Tony Iommi aurait exceptionnellement participé à un album de Black Sabbath, groupe dont il est un des fondateurs ! Les fans ne s'y tromperont pas, Seventh Star, très contesté, ne figure vraiment pas parmi les préférés des fans, loin de là. Et ce n'est pas seulement parce qu'il y à tromperie sur la marchandise. 

BS3

Même si l'album était sorti sous le nom de Iommi seul, il n'en serait pas moins un mauvais album. Court (35 minutes), l'album est bien chanté par Hughes, mais les chansons, dans l'ensemble, ne suivent pas la route. Rien n'est vraiment à sauver de ce hard-rock sans originalité aucune. L'album suivant (j'y reviens demain) n'est vraiment pas glorieux non plus, mais un peu plus intéressant quand même. Ici, que celà soit le morceau-titre, In For The Kill, Heart Like A Wheel, Danger Zone ou Turn To Stone, c'est au mieux sympathique, au pire franchement médiocre, un disque que l'on écoutera de temps en temps mais dont on ne retiendra rien. Sauf le très efficace timbre de  Glenn Hughes. C'est peu !

FACE A

In For The Kill

No Stranger To Love

Turn To Stone

Sphinx (The Guardian)

Seventh Star

FACE B

Danger Zone

Heart Like A Wheel

Angry Heart

In Memory...