D1

Lou Reed sera tellement subjugué par le son de ce groupe qu'il engagera un des guitaristes qui s'y illustre, Steve Hunter, pour son album Berlin (1973) et sa tournée Rock'n'Roll Animal de 1973/1974. De même qu'il a aussi joué sur plusieurs albums d'Alice Cooper. Mais avant ça, ils faisaient partie de ce groupe, Detroit, un groupe originaire de, devinez où, attention c'est difficile, il y à un piège, oui, c'est bien ça, Detroit dans le Michigan, comment avez-vous trouvé ? Mais oui, je me fous de votre tronche, mais c'est bon enfant. Detroit, fondé en 1971, n'a sorti qu'un seul album, éponyme (Detroit donc), en 1971, album abordé dans le fameux bouquin de Manoeuvre et que j'ai découvert ainsi (il me semble avoir déjà entendu parler de ce groupe éphémère avant, mais comme ça, sans rien avoir entendu d'eux). Le groupe a été fondé par le chanteur Mitch Ryder et était constitué de Steve Hunter et Brett Tuggle (guitares ; Hunter à la principale) ; Harry Phillips (claviers) ; W.R. Cooke (basse, choeurs chant sur l'avant-dernier titre) ; Johnny Badanjek (batterie, chant en alternance avec Ryder sur le second titre) et "Dirty Ed" Okalski (percussions). Ce groupe a vu le jour comme un dérivé d'un ancien groupe du nom de The Detroit Wheels, qui fut le groupe accompagnateur, entre 1964 et 1967, de Mitch Ryder. Seul Badanjek, dans le nouveau groupe, faisait partie de l'ancien. 

D2

Peu connu, n'ayant donc sorti qu'un seul album, Detroit n'a pas eu beaucoup de succès à sa sortie, malgré la présence sur cet album bien charpenté mais court -35 minutes, 8 titres - d'une reprise mémorable du Rock'n'Roll du Velvet Underground. C'est justement l'écoute de cette reprise qui poussera Lou Reed a prendre Steve Hunter avec lui (le faisant partager la guitare avec un autre guitariste mémorable du Michigan, Dick Wagner), et à organiser une tournée mondiale assez heavy, interprétant des versions bien cloûtées des classiques du Velvet et de sa carrière solo (voir les lives Rock'n'Roll Animal et Lou Reed Live), sans oublier l'album studio Berlin que j'ai cité plus haut. Autres reprises présentes sur cet unique album produit par Bob Ezrin (Alice Cooper, Berlin de Lou Reed, The Wall de Pink Floyd, Dure Limite de Téléphone, le premier Peter Gabriel solo, dois-je continuer ou êtes-vous déjà convaincus du talent de ce Canadien ?) : Let It Rock de Chuck Berry (que Bob Seger, à la même époque, tuait aussi en live, il en offrait des versions mémorables), I Found A Love de Wilson Pickett, et It Ain't Easy de Ron Davies, que David Bowie, un an plus tard, sur son The Rise And Fall Of Ziggy Stardust And The Spiders From Mars, reprendra également, dans une version plus glam, moins brute de décoffrage, mais pas si éloignée tout de même (Bowie a-t-il écouté cet album de Detroit ?).

D3

Ryder (qui chante à merveille) quittera le groupe peu après pour des raisons en rapport avec sa voix, justement, il aura quelques petits problèmes, et sera remplacé, mais ça n'empêchera pas le groupe d'être mort-né, un seul album au compteur. Mais quel album ! Detroit (ou Detroit With Mitch Ryder) est un excellentissime album de rock qui bute, assez heavy (je ne le classe cependant pas dans le hard-rock, mais c'est limite), super bien produit, court mais parfait, avec des chansons géniales (Drink, It Ain't Easy, Rock'n'Roll, Box Of Old Roses). Un sommet du rock, je ne sais pas, mais un disque remarquable dans son genre, sorti de plus sous une pochette assez réussie et bien américaine (drapeau, belle bagnole - rappelons que Detroit, c'est Motor City, la ville de l'industrie automobile -, ailes d'aigle). Encore une belle découverte que je dois au bouquin de Manoeuvre, et que je suis vraiment content d'avoir faite (la découverte, pas la manoeuvre ; comment ça, c'était pas drôle ?). 

FACE A

Long Neck Goose

Is It You (Or Is It Me)

It Ain't Easy

Rock'n'Roll

FACE B

Let It Rock

Drink

Box Of Old Roses

I Found A Love