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Le fait d'avoir, récemment (enfin, fin 2017 quand même) enfin abordé Songs Of Innocence et d'avoir, aussi (surfant sur l'actualité comme je le fais parfois), abordé Songs Of Experience (leurs deux derniers albums en date) m'a donné envie de réécouter les albums de U2. Bah oui. Je me suis par ailleurs rendu compte que si j'avais, il y à déjà longtemps, fait un article résumant la discographie du groupe (qui s'arrêtait à No Line On The Horizon à ce moment-là), je n'avais toujours pas abordé leur premier album, de 1980. Dont acte ici. J'ai par ailleurs décidé ce faire un cycle U2, en réabordant leurs albums dans l'ordre, et en abordant les quelques qui ne l'avaient pas encore été (ils sont rares). Histoire de faire les choses comme il faut, je commence donc ce cycle par leur premier album, ce n'est pas des plus original, mais c'est logique. Je ne réaborderai pas les deux derniers, leurs chroniques étant totalement récentes. Bon. U2 est un groupe irlandais (République d'Irlande, l'Eire donc) fondé en 1976 à Dublin fair city. Le groupe était alors, et est toujours car il n'y à pas eu le moindre changement de personnel (mine de rien, ça force le respect), par le batteur Larry Mullen Jr, le bassiste Adam Clayton, le guitariste David Evans, alias The Edge, et le chanteur (et occasionnellement guitariste) Paul Hewson, alias Bono Vox, puis tout simplement Bono. Ce dernier a rejoint U2, déjà formé, en répondant à une annonce publiée par Larry Mullen Jr.

U22

Managés par Paul McGuiness, les quatre U2 ('you too') entrent en studio, en février 1980 (ils y resteront jusqu'en septembre), sous la houlette du producteur Steve Lilywhite, pour accoucher des 11 titres de leur premier album, un album qui, une fois sa photo de pochette prise (une photo noir & blanc d'un gamin, torse nu, mais derrière la nuque, sans expression, mais avec une certaine crainte enfantine dans le regard), sera nommé Boy. L'album, à sa sortie aux USA en 1981 (il y sortira avec 5 mois de retard par rapport à l'Europe !), verra sa pochette censurée, remplacée par une photo noir & blanc, peu contrastée, du groupe, car on craignait que la photo originelle ne passe pour de l'incitation à la pédophilie (non mais sérieux...). Long de presque 43 minutes, Boy offre déjà un gros classique que le groupe devait avoir déjà bien interprété live au cours de leurs premiers concerts : I Will Follow. Riff de guitare d'abord lointain, puis qui déboule en pleine face, un Bono juvénile en forme, une batterie qui tabasse dans le plus pur style de la (future) big music dont U2 se fera un des meilleurs représentants avec les Waterboys et Simple Minds. Cette chanson, une des meilleures de l'album, est un régal. La suite n'est pas forcément toujours aussi grandiose, mais les trois chansons suivantes, au moins, sont de ce niveau : Twilight et l'enchaînement An Cat Dubh/Into The Heart. Une basse gironde, immense, bien présente. Des giclées de guitare qui semblent à la fois inspirées par le blues-rock (The Edge citera Rory Gallagher, B.B. King, Muddy Waters, comme des références) et Gang Of Four. 

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Pochette de la version américaine

Considéré en grande partie comme étant autobiographique selon Bono, et comme l'album le plus fun que le groupe ait fait par The Edge, Boy offre aussi The Electric Co., une excellente chanson qui, en live, sera toujours un grand moment (Under A Blood Red Sky). Déjà bien soudé, le groupe n'offre cependant pas que des réussites ici, je ne suis pas un grand fan de Stories For Boys et de Another Time, Another Place. Quant à The Ocean, ce court morceau de même pas 2 minutes ne sert qu'à ajouter un titre à l'album. Oui, l'album offre une face B un peu inégale, bien en-dessous du niveau de la première, mais rien de grave. Si U2 livrera, dans les années 90 et surtout 2000, quelques albums fadasses ou tout simplement foirés (Pop, How To Dismantle An Atomic Bomb), on est obligé de dire, et ça ne me gêne absolument pas car depuis quelques années, je dois dire que j'ai considérablement, et en bien, révisé mon opinion sur la bande à Bono (ah ah ah, c'était facile), que le groupe, de son premier opus à Zooropa, soit de 1980 à 1993, soit pendant 13 ans, n'a pour ainsi dire rien raté. Ca peut être parfois un peu inégal (j'aurai l'occasion de reparler ici de Rattle And Hum et Zooropa), mais jamais nul ou médiocre. A défaut d'être un des plus grands opus du groupe, Boy est un excellent premier album, qui offre déjà pas mal de leur son (les striures de guitare de The Edge, ses back-vox inimitables ; une certaine ambiance irlandaise bien logique vu la nationalité du groupe) et quelques chansons vraiment remarquables (An Cat Dubh, qui signifie "le chat noir" ; A Day Without Me qui parle de suicide ; I Will Follow ; The Electric Co. ; Twilight). Je ne dirai pas que ce disque est detaille à convertir un anti-U2, mais laissez-vous tenter ! Dernière chose : selon Bono, la pochette de l'album reflète parfaitement son contenu : écouter Boy en regardant sa pochette serait, selon ses propres dires, la perfection. Il est vrai que le côté innocence mise à mal de la photo (le même gamin sera à nouveau photographié pour la pochette de War trois ans plus tard) cadre assez bien avec l'atmosphère de rebellion paisible de l'album. Difficile à décrire, en fait, mais facile à comprendre quand on écoute l'album !

FACE A

I Will Follow

Twilight

An Cat Dubh

Into The Heart

Out Of Control

FACE B

Stories For Boys

The Ocean

A Day Without Me

Another Time, Another Place

The Electric Co.

Shadows And Tall Trees/Untitled