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Je me souviens encore de la sortie de cet album. En 2005. Ah, me demandez pas en quel mois précisément, mais c'était en 2005. Une chronique d'un nouvel album de Big Star dans les pages consacrées du magazine Rock'n'Folk ! Je croyais halluciner, puis, avant de la lire, je me suis dit bon, c'est sûrement un live qu'ils ressortent, pas de quoi se la prendre et s'en servir comme rouleau à pâtisserie. Mais non, c'est bien un album studio, constitué d'inédits, de nouvelles chansons enregistrées récemment, par, oui, Big Star, le groupe d'Alex Chilton, Chris Bell, Andy Hummel et Jody Stephens ! Enfin, ici, seulement de Chilton et Stephens, Hummel n'ayant pas daigné participer à l'aventure (ou on ne le lui a pas proposé), et Bell est mort depuis 1978, il aurait eu du mal. In Space, sorti en 2005, est donc le quatrième (et dernier : depuis la mort, en quelques mois d'intervalle, en 2010 tous deux, de Chilton et Hummel, le groupe est, comment dire...fini ; Stephens continue, avec des nouveaux musiciens, faisant quelques concerts de temps en temps, mais c'est plus un tribute-band qu'autre chose) album de la Grosse Etoile de Memphis. L'album, comme les précédents, a d'ailleurs été fait là-bas, à Memphis, dans les fameux studios Ardent. 

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Pour cette ultime livraison studio, qui offre 12 titres pour 39 minutes et une pochette aussi iconique que moche (une grosse étoile bleue dans un champ de blé), le groupe est constitué d'Alex Chilton (chant, guitare), Jody Stephens (batterie, un peu de chant), Jon Auer (chant, guitare, le Chris Bell de ce quatrième album en gros) et Ken Stringfellow (basse, claviers, chant), avec, en invités, Jim Spake (saxophone sur quatre titres) et Nokie Taylor (cornet sur un titre). Auer et Stringfellow sont deux membres du groupe de rock The Posies, un des nombreux groupes (avec REM, les Replacements, Weezer, Feeder, j'en passe) qui se revendiquent totalement de Big Star. Tous deux firent partie de Big Star au cours des quelques concerts que le groupe a donné, entre 1993 et la sortie de l'album (album qui, lui, ne donnera lieu à aucune tournée). Ils jouaient encore, voir la photo ci-dessous, avec le groupe en 2009, soit un an avant la mort de Chilton. Tous les titres de In Space, à l'exception de Mine Exclusively et de Aria, Largo (un instrumental), ont un crédit de composition au nom des quatre membres du groupe. Les deux titres que j'ai cités sont, eux, de Shirley Mae Mattews (un morceau des Olympics, de 1966) et Georg Muffat (un compositeur du XVIIème siècle), respectivement. 

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Regardez dans les tags en bas d'article : j'y ai foutu la mention 'ratages musicaux'. In Space n'est pas suffisamment mauvais pour que je le mette directement dans cette infâme catégorie où il aurait cotoyé Tonight de Bowie et Bad Boy de Ringo Starr, mais il n'est vraiment pas super quand même. Love Revolution possède une ligne de basse absolument géniale, et est d'ailleurs un morceau vraiment bluffant, et d'une manière générale, les premières chansons (Dony, Lady Sweet, Best Chance), chantées soit par Chilton soit par Auer, soit par Stringfellow (la voix de Chilton est reconnaissable pour les fans, mais comme je ne connais pas l'oeuvre des Posies...), sont les meilleures de l'album. Heureusement court, In Space s'effrite progressivement, encore mieux qu'une biscotte grattée à la lîme. Ce n'est pas vraiment mauvais, c'est juste inconstant et banal, à se demander si c'est bien le même groupe qui a accouché de Radio City. Ce n'est pas vraiment le cas, même si, ici, deux des musiciens ont fait partie de l'ensemble des albums de Big Star. On retrouve un peu le son bigstarien, cette power-pop aux guitares carillonnantes et au chant clair, cette pop musclée qui ravit tant les oreilles. Mais, ici, en version quelque peu édulcorée, comme si, en fait, on avait affaire à de médiocres imitateurs. In Space n'est pas mauvais, juste médiocre, donc, on l'écoute sans grand plaisir, on ne le ressortira pas souvent, et à chaque écoute, la même chose : on pense qu'enfin on sera agréablement surpris, et en fait, non, c'est plat, sans génie, sans originalité, malgré un début d'album vraiment prometteur. Bref, cet album ne s'imposait pas vraiment. Si encore Hummel avait participé...

Dony

Lady Sweet

Best Chance

Turn My Back On The Sun

Love Revolution

February's Quiet

Mine Exclusively

A Whole New Thing

Aria, Largo

Hung Up With Summer

Do You Wanna Make It

Makeover