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Mahogany Rush, alias Frank Marino en fait, a démarré sa carrière en 1972, tranquillement, avec un Maxoom au titre curieux (et la pochette, j'en parle même pas, même si elle est belle) et qu'il a dédié à Jimi Hendrix, son mentor qu'il n'a jamais rencontré (cette fameuse légende urbaine, niée avec mépris par Marino lui-même, comme quoi, après une hospitalisation dûe à un très bad trip de LSD, il aurait eu une vision de Hendrix dans sa chambre d'hosto, en sortant du coma, et que, déjà touchant sa bille à la guitare, il aurait décidé de jouer comme lui afin de poursuivre son oeuvre, est belle, mais c'est une légende) mais qu'il vénère comme un Inca le faisait du grand Pachacamac. Maxoom est une belle réussite de blues-rock hard/psyché, qui ne se vendra pas bien mais fera le bonheur de quiconque l'écoutera. Même chose pour Child Of The Novelty, sorti en 1974 sous, là aussi, une pochette aussi dingue que belle. Marino poursuit son oeuvre, l'album est tout aussi réussi que le précédent, et il se vend, encore une fois, aussi bien, autrement dit, pas terrible, mais définitivement, Mahogany Rush restera un groupe de seconde division, même si, comme Leslie l'a dit en mars dernier quand j'ai proposé un clip d'une de leurs chansons (issue de l'album que je réaborde ici, car contrairement aux autres de ce petit cycle, c'est une réécriture), il est certes de seconde division, mais de première bourre, pas loin de la première. 

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En 1975, Marino et ses complices (Jimmy Ayoub à la batterie, Paul Harwood à la basse, tous deux présents depuis le début) sortent le troisième album de Mahogany Rush, Strange Universe, dont la pochette est encore une fois une petite dinguerie fantasy que je trouve très belle. En tout cas, elle donne clairement envie de se pencher sur ce qu'il y a à l'intérieur, non ? Et elle est une belle illustration du titre ("univers étrange") de l'album. Lequel est dans la continuité des deux précédents : du rock bluesy, hard, psychédélique, un peu progressif (que je classe dans les hard-rock par défaut), totalement hendrixien, aussi bien pour la guitare (sous influence Dolly Dagger) que vocalement. Le Canadien au look de Lemmy possède vraiment un timbre de voix proche de celui d'Hendrix, qui aurait sans doute apprécié en connaisseur. L'album, encore une fois, ne sera pas un triomphe commercial, mais le groupe a déjà chopé ses premiers fans et, chose ahurissante, pour le disque suivant (banalement baptisé Mahogany Rush IV, j'en parle prochainement ici), sera signé sur Columbia Records ! La légendaire major ne défendra certes pas autant Mahogany Rush que Dylan, Springsteen ou Santana, mais c'est quand même cool de leur part d'avoir signé Mahogany Rush. 

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Qui, ici, livre encore une fois un disque génial, sans doute même leur meilleur au final. De Tales Of The Spanish Warrior au morceau-titre (sur lequel la batterie est signée aussi bien Ayoub que Corky Laing, comme Marino l'explique sur les notes de pochette), en passant par le délicat Moonlight Lady, le furieux Tryin' Anyway, le virevoltant Dancin' Lady, l'époustouflant The King Who Stole (...The Universe) et le très simpliste Satisfy Your Soul, offre du lourd. Disque intense, très heavy, ce troisième cru de Mahogany Rush est un des plus beaux hommages envers Jimi Hendrix (qui, franchement, parfois, semble vraiment présent ici, tellement son style est bien imité par Marino ; en live, il reprendra du Hendrix, pour parachever l'hommage), et un des meilleurs albums de 1975, sans doute. Evidemment, il n'est pas, en revanche, un des plus connus, mais quiconque l'écoutera aura du mal à s'en remettre...

FACE A

Tales Of The Spanish Warrior

The King Who Stole (...The Universe)

Satisfy Your Soul

Land Of 1000 Nights

Moonlight Lady

FACE B

Dancin' Lady

Once Again

Tryin' Anyway

Dear Music

Strange Universe