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Ce disque est mythique. Enregistré en 1969, il ne sortira, sur le label des Rolling Stones, qu'en 1972, l'année de sortie de leur double Exile On Main St. qui possède une bien meilleure réputation que lui. Car cet album, qui n'est pas un disque des Rolling Stones malgré que trois des membres du groupe jouent dessus et qu'il soit sorti sous leur label, possède une réputation très merdeuse. On en parle comme d'un disque foiré, inutile, vain, sans intérêt. Il s'en vendra des caisses à sa sortie, résultante du fait que l'album fut vendu à des prix très intéressants (aux USA, moins de 4 dollars). Il paraîtrait même que fut un temps, une chaîne de disquaires américains, Korvette, offrait ce disque à toute personne ayant acheté au moins trois albums chez eux ! Bref, pas mal de monde a sûrement du se retrouver chez soi en possession d'un exemplaire des 36 minutes de ce Jamming With Edward ! de 1972, et pourtant, chose amusante et aussi un peu dégueulasse, il n'est pas rare de tomber, sur le Net, sur des prix farfelus concernant un exemplaire vinyle de cet album : 40, 50, 60 € ou plus, j'ai personnellement déboursé 45 € pour un pressage francaouis d'époque en état encore plus pur qu'un kilo de non-coupée. Je ne le regrette pas, car : a) je connaissais déjà ce disque (pourquoi ais-je attendu si longtemps pour l'aborder ici alors que je le connais depuis des années, je ne sais pas) et son niveau, et b) non, rien de rien, non, je ne regrette rien. Elle était facile, celle-là, mais pourquoi se priver ?

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Jamming With Edward ! est un album de jams studio enregistrées durant les sessions de Let It Bleed (album des Stones sorti en fin d'année 1969 sous une belle pochette pâtissière) par Mick Jagger (aussi à l'harmonica), Bill Wyman (basse), Charlie Watts (batterie), tous trois membres des Rolling Cailloux, et deux invités ayant collaboré à Let It Bleed (et pour le premier cité, à d'autres albums des Stones par la suite) : le pianiste Nicky Hopkins et le guitariste Ry Cooder. C'est Hopkins l'instigateur du projet, et le Edward du titre, allusion au faux-nom sous lequel Hopkins se fit créditer sur l'album Shady Grove de Quicksilver Messenger Service (1969) : Edward The Mad Shirt Grinder. La pochette de l'album est signée Hopkins aussi, elle n'est pas particulièrement belle mais amusante, avec ces dessins d'un personnage qui, à force de sourire, voit le haut de sa tête se séparer, littéralement, du bas, crash.  Enregistré par Glyn Johns, long de, donc, 36 minutes (pour 6 titres allant de 2 à 11 minutes), cet album est constitué de jams assez légères, bluesy et rock, enregistrées alors que le groupe attendait que Keith Richards ne revienne en studio, celui-ci avait temporairement quitté les lieux après s'être engueulé avec les autres sur le sujet d'avoir ou non Ry Cooder en tant que guitariste sur l'album. Ce qui n'empêchera pas Richards de couvrir Cooder d'éloges par la suite, insistant sur le fait que le fameux accord en open tuning que Richards a popularisé en 1969 avec Honky Tonk Women était basé sur une découverte de Cooder le borgne. Pas certain que ça soit vrai, mais en tout cas, ce n'est pas une découverte de Richards non plus, celui-ci clamant avoir vu Cooder jouer en open tuning avant que lui n'utilise ce fameux système d'accord !

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Nicky Hopkins

Aucune chanson des Stones ici, mais des jams passionnantes, bien qu'assez volatiles (Edward's Thrump Up, Blow With Ry). L'album plaira aux amateurs de jams mais si vous recherchez de la musique solide et bien produite (le son est très bon, ceci dit), digne de ce que l'on trouve sur Let It Bleed ou Sticky Fingers, passez votre chemin, ce n'est pas un album des Stones. C'et sans doute pour ça que l'album possède une si détestable réputation (faut voir les notes qu'il se coltine !), car il y à eu une sorte de malentendu sur le contenu. Jagger + Wyman + Watts + Hopkins + Cooder = super musique, mais ils ont enregistré ces morceaux en se détendant, à la hussarde, pour passer le temps, et quand on sait qu'entre l'enregistrement et la sortie il s'est écoulé plus de deux ans (l'album est sorti en 1972), on se dit qu'ils ne voulaient pas forcément publier ça à la base. Comme Manoeuvre l'a dit dans son bouquin Collector (car, oui, il a inclus ce disque dedans), si cet album était sorti en bootleg à l'époque, il n'aurait pas cette réputation merdeuse, et serait même probablement le préféré de pas mal de fans des Cailloux. Après tout, le bootleg des jams de 1974 entre Lennon, McCartney et Stevie Wonder (les zigotos ont en effet joué ensemble, une nuit, une seule nuit, en studio, pour se rappeler du bon vieux temps, et quelqu'un à donné les bandes à des bootleggers qui ont fait circuler), qui sent bon la coke (on entend même Lennon en proposer à Stevie !), n'est pas d'un niveau musical extrême mais bénéficie d'une belle petite réputation dans le milieu des enregistrement pirate. S'il était sorti officiellement, on en parlerait probablement comme d'un gâchis de vinyle ultime... C'est un peu ce qui s'est passé avec Jamming With Edward ! : prises telles quelles, ces jams sont très très bonnes, efficaces, mais c'est quand même assez peu fréquent de sortir, officiellement, un disque de la sorte, tandis qu'il n'est pas rare de tomber sur des albums pirate constitués de musique similaire. Moi, personnellement, j'aime énormément ce 'petit' disque mal-aimé, qui ne révolutionne rien, mais n'a franchement pas à rougir de honte quant à son contenu (sa pochette, en revanche...mais bon, elle est rigolote, après tout).

FACE A

The Boudoir Stomp

It Hurts Me Too

Edward's Thrump Up

FACE B

Blow With Ry

Interlude A La El Hopo - Includes : The Loveliest Night Of The Year

Highland Fling