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En 1991, au moment de sortir cet album, les Simple Minds ne sont pas loin de ne plus exister : ils ne sont, en effet, plus que trois. Le chanteur Jim Kerr, le guitariste et claviériste Charlie Burchill (tous deux membres fondateurs, et les seuls à être sur tous les albums du groupe ; en fait, le groupe, quelque part, c'est ce duo) et le batteur Mel Gaynor. Après cet album, Gaynor partira, ce qui fait que l'album suivant, Good News From The Next World (1995) sera fait par un groupe officiellement en duo, avec des invités pour les autres instruments. Mais en 1991, même si ce n'est qu'un trio, les Simple Minds (sur)vivent encore. Ce disque, Real Life, qui possède le même nom qu'un album de Magazine (mais difficile de les confondre !), date donc de 1991. Il a été porté par quatre ou cinq singles qui marcheront très bien et l'album en lui-même fera d'assez belles performances dans les charts. Et ce, en dépit du fait que les Minds, en 1991, semblaient déjà être une cause perdue. Cause perdue qui vient, le mois dernier, de sortir un nouvel album, tout de même, et qui ne s'est d'ailleurs jamais arrêté de sortir des albums à intervalles plus ou moins réguliers. L'album est sorti à l'époque, en vinyle (je l'ai) et CD, sous une pochette bleue sobre et belle, celle du haut d'article, mais sera par la suite réédité avec une pochette blanche montrant le groupe, photo plus bas. Ce nouveau visuel recto était le verso de l'ancienne édition. Sans doute était-ce pour faire plus vendeur que la maison de disques (Virgin) a procédé ainsi, et le nouveau visuel est pas mal, mais je préfère l'ancien.

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Nouveau visuel (depuis les années 2000)

Real Life dure 52 minutes, pour 13 titres. Enfin, 12 plus une intro pour l'un d'entre eux. Ce n'est pas le sommet de la carrière des Simple Minds, et il est nettement moins renversant que le précédent opus Street Fighting Years (1989), mais, construit selon le même modèle musical, possédant le même genre de chansons et d'ambiances, il est tout de même un très très bon opus. Les singles sont remarquables, beaucoup de ces chansons sont encore aujourd'hui chantées en live par le groupe (les trois premières citées sont sorties en singles) : Stand By Love, See The Lights, Real Life, Rivers Of Ice qui, au cours de la tournée 2015 de Big Music était interprétée au piano par l'invitée (et désormais membre officiel, apparemment) The Anchoress, alias Catherine A.D., alias Catherine Davies. Let There Be Love fut une autre chanson sortie en single, et je crois que Woman l'a été aussi, mais je n'en suis pas sûr. En tout cas, les singles sont tuants : Real Life, montée en puissance sublime, dotée d'une ambiance grandiose façon big music, est une de mes chansons préférées non seulement du groupe, mais en général. Jim Kerr y est en forme. Stand By Love est une tuerie dans son genre, See The Lights est touchante. On notera que Let The Children Speak se base sur Theme From Great Cities, instrumental grandiose de 1981 (album Sister Feelings Call, qui depuis a été indexé sur le même CD que celui de l'album précédent Sons And Fascination, de la même année, mais avec deux titres manquants ; deux titres de Sister Feelings Call, je précise), Traveling Man ressemble pas mal à Waterfront (issu de Sparkle In The Rain, 1983) et le dernier titre, When Two Worlds Collide, sera la base de And The Band Played On, sur l'album suivant, Good News From The Next World.

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Très formaté, très pop, Real Life plaira aux fans et aux amateurs de musique accessible, commerciale certes, mais bien produite. Ce n'est pas un chef d'oeuvre, certains titres sont un peu moyens (Traveling Man, African Skies que je n'ai jamais vraiment aimé, Banging On The Door), mais dans l'ensemble, ce disque rempli de hits d'époque reste, aujourd'hui, super agréable. Quelque part, c'est le dernier disque cartonneur des Simple Minds. Pas le dernier grand disque, car s'ils ont sorti quelques albums un peu moyens par la suite (Néapolis, l'album de reprises Neon Lights, Cry), ils ont quand même aligné de très très bons opus, le dernier en date est vraiment super bon, et rien que l'album qui suivra Real Life (4 ans plus tard) est aussi méconnu que remarquable, Good News From The Next World. Mais aucun album du groupe, après 1991, ne marchera dans les charts. Le groupe deviendra une cause perdue, à chaque album ça sera du genre ah tiens, ils existent encore ? Tant mieux pour eux, et heureusement que les fans sont là pour entretenir la flamme, parce que s'il fallait compter sur MTV et la presse musicale, bonjour. Mais en 1991, avec ce disque, le groupe a connu le succès, un beau succès (N°2 en Angleterre, plusieurs singles bien classés dans le même pays et See The Lights même classé N°1 dans un des charts américains), d'autant plus beau qu'il sera le dernier. A noter que le tracklisting plus bas est celui du vinyle. En CD, Let The Children Speak est placé avant African Skies (et l'intro de Banging On The Door, souvent, couplée sur la même plage audio que le morceau-même).

FACE A

Real Life

See The Lights

Let There Be Love

Woman

Stand By Love

FACE B

African Skies

Let The Children Speak

Ghostrider

Banging On The Door (Intro)

Banging On The Door

Traveling Man

Rivers Of Ice

When Two Worlds Collide